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Bilan cinématographique 2013 par Antoine

9 Janvier 2014 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Tops

2013 est finie. Retour sur l’année des Ames vagabondes, l’un des plus mauvais films de l’histoire du cinéma, des excellents Django Unchained et A Touch of Sin et d’errements divers et variés.

Affiche de Django Unchained (Quentin Tarantino)

Affiche de Django Unchained (Quentin Tarantino)

Bilan 2013

Qu’il me soit permis de commencer par la fin soit par le plus mauvais film de 2013. Il ne faut pas y voir un quelconque symbole d’une année par ailleurs souvent décevante mais juste un choc. J’ignorais, en effet, que des productions aussi exécrables que Les Ames vagabondes pouvaient exister. On apprend donc à tout âge… En tout cas, au regard de cette catastrophe, les quarante-cinq autres films découverts en salle apparaissent tous de qualité au point que, sur une échelle logarithmique, il y a sans doute une distance bien moindre entre le meilleur et l’avant-dernier (le nullissime Hitchcock). Et, à côté de ce qu’a signé Andrew Niccol (qui n’a probablement pas fait grand-chose d’autre que parapher un contrat), les égarements de quelques valeurs plus ou moins sûres – Ridley Scott, par exemple – semblent bien faibles.

Mais on ne saurait juger un ensemble à l’aune d’une exception. Alors, 2013, à part Les Ames vagabondes ? Cela a beau avoir commencé (Django Unchained) et s’être achevé (A Touch of Sin) en fanfare, ce fut, comme le remarque ce cher nolan, assez rarement emballant. Me concernant, il est vrai que je porte une responsabilité écrasante. Combien de produits de consommation mal décongelés – thrillers, films de superhéros, comédies françaises – ai-je ingéré en toute connaissance de cause ? Je renonce à faire le compte et ne souhaite pas plus m’épancher sur certaines raisons, toutes personnelles, de cette dérive vers la facilité… Au-delà, deux des causes de ces replis conjoints – du cinéma et du spectateur que je suis – doivent être évoquées :

- d’une part, beaucoup de films, y compris réussis, se résument à leur concept. Une idée, souvent esthétique, les guide. Elle devrait se suffire à elle-même et provoquer un éblouissement continu. Or, les films-concepts oublient que le cinéma est un art total et sont dévorés par leur propre vide. Faute de révolutionner quoi que soit, ils ne sont pas pleinement satisfaisants et, au mieux, restent au stade de la proposition intéressante. Quels que soient leurs mérites respectifs, Gravity, Only God Forgives, Spring Breakers et bien d’autres émargent dans cette catégorie. Mais le plus représentatif en est un pur blockbuster. Ainsi, le Pacific Rim de Guillermo Del Toro se veut une exploitation maximaliste des possibilités offertes par la 3D. Le défi est relevé et conduit à un néant presque absolu…

- d’autre part, conséquence ou non de la crise économique – et peut-être, pour certains, mauvaise conscience de ne pas y être confronté –, le thème majeur de l’époque est l’argent. Il est, admettons-le, porteur et permet à Jia Zhang Ke d’ausculter les mutations contemporaines ou, plus prosaïquement, à Steven Soderbergh d’offrir son meilleur opus depuis des lustres. Seul problème, il n’invite pas spontanément, malgré la tentative de Martin Scorsese (plus centrée sur la drogue, à la vérité) à la gaieté. Saisis par la gravité, les frères Coen – bien éloignés de la dèche joyeuse de The Big Lebowski – et Woody Allen y laissent quelques plumes.

Bref, plus que de grandes envolées, 2013 aura manqué de solidité et de légèreté. Par simple contraste, Django Unchained l’emporte alors plus aisément encore que prévu.

 

Antoine Rensonnet

Top 10

 

1) Django Unchained (Quentin Tarantino)

2) A Touch of Sin (Jia Zhang Ke)

3) The Grandmaster (Wong Kar Wai)

4) Inside Llewyn Davis (Joel et Ethan Coen)

5) Ma vie avec Liberace (Steven Soderbergh)

6) Snowpiercer : le Transperceneige (Bong Joon-Ho)

7) Passion (Brian de Palma)

8) Mud (Jeff Nichols)

9) Gravity (Alfonso Cuaron)

10) Only God Forgives (Nicolas Winding Refn)

 

Plus mauvais film de l’année : Les Ames vagabondes (Andrew Niccol)

 

Pas vu, pas grave : La Vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche)

 

Le bilan de nolan

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Sylvain Métafiot 14/01/2014 23:43

Un bien beau top : 3 en commun, les mêmes que pour le top de Nolan !
http://www.mapausecafe.net/archive/2013/12/31/cimes-cinephiliques-2013-5259432.html

Pour ma part j'ai été beaucoup plus emballé par le dernier Scorsese car plus que l'argent c'est l'individu post-moderne (avec le dégoût qu'il inspire) qui fut au centre de nombre de productions cette année et Le Loup de Wall-Street est l’œuvre qui résume le mieux l'époque sans aucun jugement moral, d'où sa force.

Je suis parfaitement d'accord concernant l'idée de film-concept assez creux : des films qui tentent de feinter le spectateur en lui faisant croire à un renouvellement audacieux. Spring breakers et Pacific Rim étant les pires exemples. Only God Forgives étant simplement aussi prétentieux qu'ennuyeux.

Antoine 30/01/2014 20:47

Esthétiquement, j'apprécie certaines éléments dans Only God Forgives. Néanmoins, le film est parfaitement vide, j'en conviens, d'où les remarques que j'ai pu faire.

Je maintiens que l'argent, avec une dimension extrêmement matérialiste, est un thème central du cinéma actuel. Cela me frappe notamment dans Ma vie avec Liberace ou A Touch of Sin. Et, dans ce dernier cas, l'argent est, à l'évidence, le signe d'une entrée - non désirée - dans la modernité, pas dans la postmodernité.
Par contre, dans Le Loup de Wall Street, quelles que soient mes réserves sur ce film, l'argent, tout omniprésent qu'il soit, redevient un simple vecteur. L'enjeu, si tant est qu'il existe, réside dans la nature d'une dérive vers l'irréalité au moyen de la maximisation. Les millions de dollars ne sont que des moyens parmi d'autres et la massification des flux d'argent également.

Antoine 12/01/2014 21:01

J'admets que l'entrée en matière peut être un peu surprenante et ce n'est pas une clause de style, c'est vraiment que j'ai été choqué par l'absolue nullité des Ames vagabondes. En un sens, cela reste, pour moi, le moment le plus marquant de l'année.
Quant à Only God Forgives, je comprends tout à fait que ce film - cela rejoint en partie ce que j'explique un peu plus loin dans l'article - puisse fortement agacer. Pire film de l'année, certes non, au vu, à nouveau, de la nullité absolue de certains, mais qu'on le considère comme un très mauvais film, ça ne me choque pas. Mais ce n'est pas mon cas.

Flow 11/01/2014 13:46

"Retour sur l’année des Ames vagabondes, l’un des plus mauvais films de l’histoire du cinéma"
Quelle entrée en matière ! ^^
Bon, le Django ne m'a pas plu mais on a Mud, Gravity et le Coen en commun.
Par contre, le Only God Forgives est pour moi le pire film de l'année.
Sinon, d'accord avec ton pas vu pas grave.

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