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Prisoners

2 Janvier 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Prisoners est un excellent thriller. Carré, bien écrit, il se regarde comme on lit un bon roman policier. Un récit enchevêtré assez solide, de belles images, un casting luxueux. On se régale. Regrettons que le cinéaste n'ait pas su conclure plus simplement une fois le nœud de l'intrigue dévoilé.  

Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman

Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman

Prisoners (Denis Villeneuve, 2013)

 

Denis Villeneuve est un cinéaste adepte du choc. Et ce Prisoners, qui revêt toutes les caractéristiques de la commande, lui va comme un gant puisqu’il peut mobiliser, comme dans Incendies (2010), coups de théâtre et séquences brutales pour réveiller son spectateur.

Ainsi, le film raconte la traque du kidnappeur de deux petites filles Anna et Joy (Erin Gerasimovich et Kyla Drew Simmons) dans la banlieue de Boston. Le père d'Anna, Keller Dover (Hugh Jackman) est furieux de voir relâché le suspect n°1, le demeuré Alex Jones (Paul Dano), par la police de Boston suite à la conclusion de son innocence par le détective Loki (Jake Gyllenhaal). L'enquête se poursuit et, à sa façon, Dover compte bien y participer.

Doté d'un budget confortable et d'un casting luxueux, l'évident écueil de ce genre de production est qu'elle va être avant tout tirée par la qualité de son scénario et la performance des acteurs. Le film n'y coupe pas et reconnaissons que les têtes d'affiches font le boulot plus que correctement, en particulier Jackman en homme bourru et violent qu'il sait interpréter. On remarquera tout de même que la séquence d'habitude obligatoire qui consiste à montrer l'acteur australien plus ou moins à poil n'y figure cette fois pas. Le cinéaste québécois se révèle un fort bon exécutant et réussit à mettre en images les solides quoiqu'un peu grosses ficelles du scénario d'Aaron Guzigowski. Le suspense est haletant et le réalisateur sait faire de beaux plans – notons d'ailleurs la présence de Roger Deakins à la direction de la photographie. Mieux, il sait, malgré les effets de manche, garder une certaine âpreté dans son thriller. Il réussit aussi à construire le personnage du surdoué Loki qui passe presque complètement à côté de son enquête. Aussi, obtenons-nous un film dit « du dimanche soir » parfaitement calibré et satisfaisant.

 

Les mêmes, dans l'autre sens

Les mêmes, dans l'autre sens

Pourtant le long métrage trébuche dans sa dernière demi-heure. D'abord parce que la révélation finale n'en finit plus alors que rien pourtant n'exigeait autant d'explications pour cerner un méchant d'aussi faible envergure, le film finissant par atteindre l'inutile durée de deux heures et demie. Ensuite parce que Denis Villeneuve s'embourbe légèrement dans des considérations morales dont il avait déjà du mal à se dépêtrer depuis le début. Ainsi, Keller Dover va fauter. Par le biais des atermoiements de ses complices plus ou moins impliqués, le film offre suffisamment d'éléments sur le dilemme moral. Mais, Villeneuve en rajoute une couche via une séquence d’expiation. Bien sûr le cinéaste ne crie pas « œil pour œil, dent pour dent » mais il empèse inutilement son film puisque la démonstration... ne démontre rien.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

 

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