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L’Amour est un crime parfait

1 Février 2014 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Alors qu’il est, entre autres choses, un peu question de création, il nous semble que l’échec de ce polar alpin réside essentiellement dans un contrat de lecture que les auteurs ne croient pas nécessaire de respecter un tant soi peu.

Marc (Mathieu Amalric), Anna (Maïwenn) et Marianne (Karin Viard)

Marc (Mathieu Amalric), Anna (Maïwenn) et Marianne (Karin Viard)

L’Amour est un crime parfait se veut d’abord un film d’ambiance. Celle d’une trame, classique et vaguement floue, qui piège un homme (Marc – Mathieu Amalric) en déséquilibre dans une toile arachnéenne. Condamné d’avance, il est aux prises avec diverses figures géométriques, exclusivement féminines(1), et se débat à peine. Mais croise, au cours de sa dérive, de multiples signes : neige, paysage, fumée, corps et même quelques loups… Sont-ils là pour faire sens ou en révéler la perte définitive ? Peu importe pour les frères Larrieu qui, très sûrs d’eux, doivent se dire que révéler un enjeu ou dégager un charme se vaut à peu près. Sauf que… On a aussi le droit de laisser poindre son scepticisme, voire son agacement. Devant ces récitations d’acteurs, par exemple, qui s’écoutent – tous – prononcer leurs textes sans que ne se construise jamais la moindre musicalité de la parole. Il ne suffit pas de manier avec une dextérité certaine les niveaux de langage et de détacher les syllabes pour accéder à une dimension rohmérienne… Surtout avec des personnages volontairement vidés. Cependant, le fond du problème est encore ailleurs. Il tient à une intrigue si lâche qu’elle rend impardonnable les autres faiblesses et l’ensemble vraiment trop léger. D’où la seule interrogation qui vaille : est-ce parce que la fragrance distillée est si peu entêtante que ce film est un mauvais polar ou parce qu’il n’en est pas un bon qu’il ne peut échapper à cette nature ?

 

 

Marc et Annie (Sara Forestier)

Marc et Annie (Sara Forestier)

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

1 Si géométriques que l’évidente misogynie d’un tel dispositif s’en trouve à peu près effacée. Faut-il s’en réjouir ?

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