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Her

26 Avril 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Jonze prend très au sérieux son drame romantique qui voit un homme tomber amoureux de son logiciel d'intelligence artificielle sans pour autant sombrer dans une réflexion lourdingue de café philo.

Il a l'air content comme ça, Joaquin Phoenix, mais il va encore finir le coeur brisé.

Il a l'air content comme ça, Joaquin Phoenix, mais il va encore finir le coeur brisé.

Her (Spike Jonze, 2013)

 

Dans un futur proche, un homme esseulé (Theodore – Joaquin Phoenix) tombe amoureux d'un logiciel (Samantha – Scarlett Johansson) censé justement combler les manques affectifs. Et Samantha tombe à son tour amoureuse de Theodore. Sur la variation de ce sentiment, sans être parfaitement original, Spike Jonze réussit sur le fil à rendre attendrissant cette pleureuse de Theodore. Sans doute parce que le cinéaste arrive à prendre très au sérieux son histoire et par conséquent à troubler le spectateur avec cette romance synthétique. Riche de l’expérience des films précédents sur l'intelligence artificielle, il parie sur la culture du spectateur et évite explications scientifiques lourdingues ou rebondissement appuyés.

Le métier de Theodore, c'est d'écrire des lettres d'amour pour les autres. Il sait toucher le récipiendaire qu'il ne connaît qu'à travers les photos, Samantha, tout logiciel qu'elle est, fonctionne, dans un premier temps, de la même façon. La mise en abyme du spectateur qui projette également ses sentiments sur l'écran opère alors plutôt bien. Le logiciel devient aussi performant que faillible : alors que son autonomie s'accroît de manière exponentielle il développe aussi des sentiments. Cette trame, chère aux films d'actions (Les Terminator (1) ou les Matrix (2)) et ultra connue depuis 2001, Odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968), sert ici à montrer que, en général, les histoires d'amour finissent mal. Et pendant le final mélancolique, on se dit que Jonze a visé juste.

 

 

Le support du logiciel qui a la voix de Scarlett Johansson

Le support du logiciel qui a la voix de Scarlett Johansson

Sérieux mais pas solennel, le long métrage ne manque pas d'humour et de personnages piquants (en particulier le drôle de concierge interprété par Chris Pratt) et dans l'immense dépression qui touche aussi bien le héros que le reste de l'humanité, il existe quelques oasis de bien-être, qui certes se transforment en souvenirs et donc en regrets. De même Jonze évite également toute réflexion type « café philo » sur le rôle de l'ordinateur dans nos vies. Comme tout le monde, le cinéaste pense qu'il fonctionne plus comme un isolant que comme un pont entre deux personnes, mais il ne montre pas la technologie comme un danger. Au contraire, dans la dernière partie, c'est la technologie qui sait se rassembler, se recréer et évoluer là où l'humanité semble être arrivée aux limites de ses capacités.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

1 James Cameron en 1984 et 1991, Jonathan Mostow en 2003 et McG en 2009.

2 Andy et Lana Wachowski en 1999 et 2003.

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Sylvain Métafiot 03/05/2014 13:22

J'y ai vu, pour ma part, une certaine critique de la société technicienne mais c'est peut-être mon regard qui est biaisé.
Plus j'y repense et plus je me dis que le film dépasse la simple mélancolie de la solitude post-moderne et propose une belle illustration des possibilités incroyables de l'intelligence artificielle.

http://www.mapausecafe.net/archive/2014/02/18/l-oiseau-de-proie-5302072.html

nolan 03/05/2014 21:10

Salut Sylvain. Je m'avance peut-être un peu dans ma dernière phrase. Il est vrai que Jonze n'a pas fait un film technophile, mais je voulais surtout dire que le film avait évité d'alourdir son propos sur un thème cliché. Je vais aller lire ta note.

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