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All is Lost – C’est la mer qui prend l’homme

3 Mai 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Pur exercice de style, le deuxième film de J.-C. Chandor vient confirmer le talent du cinéaste américain et remplit largement son office d’angoissant mais sobre film de survie.

Robert Redford

Robert Redford

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Après un premier film très bavard (Margin Call, 2012), le deuxième film de J.-C. Chandor est fort économe en mots. All is Lost reprend peu ou prou une trame finalement familière du cinéma américain : l’homme seul face aux éléments, le film dit « de survie ». Perdu sur île déserte (Seul Au Monde de Robert Zemeckis, 2000), dans le grand large en combinaison de plongée (Open Water de Chris Kentis, 2003), dans une crevasse rocheuse (127 Heures de Danny Boyle, 2010) ou dans l’espace (Gravity d’Alfonso Cuaròn, 2013)… Le cinéma américain contemporain ne manque ainsi pas d’œuvres voyant son héros réduit à une complète solitude dans une nature peu disposée à son égard.

Mais ce qui fait l’originalité d’All Is Lost est que le film fait une entorse majeure aux règles hollywoodiennes : il n’y a pas ou peu de parole. A l’exception de la voix off en introduction, Chandor met un point d’honneur à ne presque pas faire parler son héros, qui ne déballe ici jamais ses sentiments. Pour cela les péripéties – parlons plutôt de malheurs – et la façon dont il les affronte suffisent largement. Durant une heure quarante, le film, s’il n’épargne pas grand chose à son héros, reste suffisamment sobre pour rendre l’histoire crédible et donc absolument angoissante. A l’instar de Gravity, le cinéaste offre un spectacle primitif mais à l’inverse de son homologue mexicain, point de sous-texte, seul compte l’exercice de style (1). Ainsi Redford est un marin suffisamment expérimenté pour ne pas mourir au bout de quinze minutes et sa capacité à survivre, son ingéniosité font ici le sel de l’histoire. Il faut donc saluer la rigueur du travail de son réalisateur et regretter, sinon s’interroger, sur son absence de succès. Gageons qu’il soit cependant suffisant pour lui permettre de continuer à travailler car il s’agit assurément d’un réalisateur fort doué.

All is Lost – C’est la mer qui prend l’homme

Le DVD qui nous a été transmis ne contenait aucun bonus. Ce qui, donc, s’inscrit dans la continuité d’un film qui souhaite éviter tout symbolisme appuyé et inutile exégèse.

nolan

 

Note de nolan : 3

 

(1) Remarquons tout de même que le réalisateur donne parfois dans la métaphore amusée : l’avarie initiale faite au navire du héros est due à un conteneur chinois rempli de chaussures de contrebande dérivant au grand large.

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