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Black Coal

10 Juillet 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Thriller haletant perdu dans le gris d'une ville de province, Black Coal convoque les codes du film noir pour raconter la rencontre entre une femme fatale et des hommes qui ne sont plus que l'ombre d’eux-mêmes. L'identité sociale des Chinois au milieu des années 2000 est en toile de fond. Une réussite.

Diaporama Black Coal
Diaporama Black Coal
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Diaporama Black Coal

Black Coal (Diao Yi'nan, 2014)

 

L'enquête narrée par Diao Yi'nan comporte quelques points flous(1). Peut-être ne sont-ils que la conséquence des coupes exigées par la censure chinoise mais ils viennent opportunément renforcer le sentiment d'étrangeté qui entoure un héros abîmé et obsédé (Zhang Zili – Fan Liao). Et le réalisateur est un maître ès ellipses. La plus brillante vient briser le rythme de l'introduction. Grâce à un raccord à la 2001, odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968), on entre dans un tunnel dont on sort cinq ans plus tard.

Zhang n'est plus un flic mais une épave à la recherche de son passé. Lorsque Wu Zhizhen (Lun Mei Gwei), la femme fatale de son enquête inachevée se retrouve de nouveau impliquée dans une affaire de meurtre, c'est presque un retour en arrière pour l'ancien inspecteur. Il voit en elle l'ancienne épouse qu'il n'a pas réussi à garder et aspire, dans la résolution de ces meurtres mystérieux, à la catharsis.

Eléphant dans un jeu de quilles, Zhang chamboule l’équilibre précaire du mensonge qui, depuis longtemps, recouvre le meurtre originel, et se retrouve dépassé par la tournure de l'investigation. Si Black Coal était un conte macabre, Wu serait assurément la princesse victime d'un sortilège, semant la mort bien malgré elle. Le tueur (Xue-bing Wang) est son âme damnée, un fantôme insaisissable. Comme si le temps s'était figé, Wu occupe toujours le même poste dans ce pressing qu'elle abhorre, et, privée d’échappatoire, elle semble condamnée à tourner en rond à l'infini sur la patinoire municipale.

En cinq ans pourtant, le monde a changé. Le coéquipier de Zhang, l'inspecteur Wang (Ailei Yu) a été promu, un vendeur import-export s'est fructueusement reconverti dans les paris en ligne, une vieille maquerelle a agrandi sa boîte désormais rayonnante (le Feu d'Artifice En Plein Jour, très poétique titre original du film)... Mais ces améliorations matérielles ne sont nullement signes de bonheur, l'argent restant, comme dans tout film noir, le moteur de la perte des personnages. Noir charbon, fine glace dit le titre américain, c'est exactement cela. Un monde noir figé dans le froid. 

 

nolan

 

Note de nolan : 4

 

 

1 Amis lecteurs, une théorie sur le pierre feuille ciseau du tueur quand il se promène avec Wu Zhizhen ? Ou sur le bus F175 ?

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