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The Raid 2

9 Août 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Y a un truc que je pige pas chez Gareth Evans : il sait parfaitement réaliser ses scènes de combats mais il ne sait pas écrire un scénario. C'est un peu comme Keith Richards qui se met à chanter. Sauf que Mick Jagger est toujours là pour empêcher le massacre. Et puis The Raid, c'est pas le Jumpin’ Jack Flash du cinéma... Mais je m'égare.

The Raid 2 (Gareth Evans, 2014)

 

On reprochait au premier opus une absence totale de scénario. Nous parlions alors de film d'action pornographique. Et ce, de manière non péjorative, mais cet aspect marquait nettement la limite du film. Aussi ne doutons-nous pas que son auteur, Gareth Evans, est un lecteur de De son cœur le vampire puisqu'il a décidé de corriger le tir pour la suite. Une belle occasion de se taire désormais – mais déjà certains lecteurs doutent de la probabilité que le réalisateur écossais nous lise, enfin bon...

En prison, les jeux au bac à sable tournent parfois au vinaigre

En prison, les jeux au bac à sable tournent parfois au vinaigre

Donc Gareth Evans écrit, monte et réalise The Raid 2 et cherche à déployer sur deux heures trente un récit archi-classique du flic infiltré (Rama – Iko Uwais, déjà héros de The Raid) pour faire tomber un gang. Ça ne sent pas bon, comme dirait Jérôme Lavrilleux à Jean-François Copé lorsqu'il découvrit l'article de Libération sur les factures Bygmalion. Mais surtout Gareth Evans ne sait pas écrire. C'est simple, un élève de troisième un peu fainéant ferait mieux (par exemple moi en troisième). Et si la première partie qui se déroule en prison tient à peu près la route malgré un canevas tiré par les poils de moustache qui rappelle quelques séries Z philippines, le film s'écroule dans une deuxième partie regorgeant de scènes dialoguées ridicules et lourdaudes. L'intrigue n'a aucun intérêt et comme tout y est mal construit, Evans doit créer un personnage d'assassin mélancolique qui ressemble fortement à Harlem Désir (Yayan Ruhian) pour ajouter, croit-il, un peu d'émotion et présenter quelques méchants. Ce personnage complètement inutile est un vrai cheveu sur la soupe qui vient signer l'échec du film. Ainsi, malgré de belles séquences hardcore de tatane, l'ennui et un peu de gêne s'installent.

Harlem Désir n'a pas été exflitré vers les affaires européennes mais dans un film indonésien

Harlem Désir n'a pas été exflitré vers les affaires européennes mais dans un film indonésien

ous fermons alors les yeux et implorons une quelconque divinité du cinéma : quand est-ce que Rama vient tous leur casser les genoux une bonne fois pour toute ? Arrive la troisième partie. Et Rama vient en effet pulvériser tous les personnages. Tous les personnages. Enfin 90 % de ceux qui étaient encore vivants. L'humour potache du premier opus refait surface, Evans n'a plus rien à raconter (et encore moins à dire mais c'est une donnée acquise depuis des années), et aligne quelques moments forts plaisants de défonçage de membres divers, cassage d'os variés, transperçage de peau plus ou moins fine, et mouvements hyper-compliqués pour fracasser l'adversaire. Rhââ Lovely ! Pour citer Gotlib qui n'a rien demandé.  

Ce combat est génial

Ce combat est génial

Mais le mal est fait et on imagine que le cinéaste aurait pu faire pire s'il avait développé le sous-texte homosexuel (involontaire ?) entre Uco (Arifin Putra, version indonésienne d'Anthony Delon, jeu compris), fils frustré du parrain Bangun (Tio Pakusodewo), et Rama. Mais à la fin, l'un plante (enfin) l'autre et difficile de ne pas penser à une (bonne) réplique entendue plus tôt au cours du film, prononcée par un petit producteur porno bien glauque sur un tournage : « Tu l'encules et on n’en parle plus ».

Uco (Arifin Putra), figure ratée du raté

Uco (Arifin Putra), figure ratée du raté

nolan

 

Note de nolan : 1

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Sylvain Métafiot 12/08/2014 10:37

Ce qui m'a semblé intéressant dans ce film c'est qu'il ne s'agit pas d'une "simple" suite. Certes, le scénario ne vole pas haut (c'est le moins qu'on puisse dire) mais il évite tout de même de reprendre la trame du 1er, à savoir le schéma vidéo-ludique du héros grimpant les niveaux pour défoncer le final boss.

Là, les situations explosent autant que les coups de pieds dans la gueule. Un éparpillement peut-être trop appuyé mais qui fait apparaître des combattants atypiques dont le style de combat est assez grisant (hammer girl, l'homme à la batte...).

Et surtout, à l'ultra-violence des combats répond une maîtrise chorégraphique qui confine à la danse.

Bon, à part ça, je ne pourrais plus jamais le revoir sans penser à Harlem Désir se battant à l'arme blanche ! Fourbe !

Sylvain Métafiot 12/08/2014 12:57

Oui, c'est vrai que le film est un peu trop long.
Supprimer Harlem Désir ou l'intégrer de façon cohérente dans le récit, telles auraient pu être les solutions rendant le film meilleur.

nolan 12/08/2014 11:54

:-)
Les personnages que tu cites n'arrivent que très tard dans le film, je pense qu'Evans aurait du raccourcir fortement sa seconde partie et retirer Harlem Desir. Les scènes de combat sont très bien faites, c'est vrai. La bataille dans la prison est assez stupéfiante. Evans se regarde un peu filmer mais pour ce genre de film ça ne me dérange pas.

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