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La planète des singes, l'affrontement

3 Septembre 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Les singes vont être amenés à sortir de la forêt dans laquelle ils vivaient tranquillement loin de la race humaine. Un blockbuster pas exempt de défaut mais assez bien fait pour occuper deux heures. Matt Reeves prend sans doute un ton trop sérieux mais remplit sa tâche avec efficacité.

 

Le peu plaisant Koba

Le peu plaisant Koba

La planète des singes, l'affrontement (Matt Reeves, 2014)

 

Reprenant peu ou prou la recette qui avait fait le succès du premier opus [1], à savoir une intrigue politique simpliste mais à peu près bien bâtie, La planète des singes, l'affrontement s'est toutefois délesté du sentimentalisme frelaté des Origines pour un traitement plus rugueux. Et le réalisateur de privilégier les scènes en clair-obscur avec comme point d'orgue l'assaut nocturne mené par les primates sur une petite cité humaine. Reconnaissons également que le sujet (après la révolution vient le totalitarisme) et la construction plus resserrée (la société primate est en place et le film raconte l’événement qui va aboutir à la guerre avec l'humanité) sont deux atouts supplémentaires pour cette suite. Surtout, le film se dote d'un vrai méchant, Koba (Toby Kebbell), assez rare en cette période de blockbusters très concentrés sur leur héros.

Bien sûr, l'absence totale d'humour et l’inanité du propos rendent sentencieuse une intrigue qui n'est pas non plus d'une complexité infernale mais le cinéaste essaie longtemps, pendant les deux tiers du film, de ne pas trop servir la soupe au spectateur. Ainsi, s'efforce-t-il de ne pas souligner que l'organisation mise en place par César (Andy Serkis), à la tête d'une dictature patriarcale impitoyable, sera le terreau du soulèvement de Koba. Matt Reeves néglige cependant le troupeau d'humains occupant ici le rôle de simples faire-valoir : Jason Clarke prend le relais du peu convaincant ni convaincu James Franco dans le rôle du lien avec le spectateur et Gary Oldman joue encore le rôle du mec survolté et inutile – à croire que personne n'a vu les immenses capacités de l'acteur de La Taupe (Thomas Alfredson, 2011). Mais le film reste bien construit, se suit sans déplaisir et fait donc la part belle au méchant de l'histoire. Koba, singe maltraité par les humains et bras droit de César qui va, devant la clémence de son chef, peu à peu fomenter un coup d'Etat d'abord motivé par la survie de son clan avant de sombrer dans la mégalomanie sanglante.

Cependant, dans le dernier segment du film, Reeves s'emmêle un peu les pinceaux. D'abord en se perdant dans des explications pour mal-comprenants, ensuite en semblant complètement légitimer l'attitude de César, y compris lorsqu'il tue Koba, à coups de punchlines moisies et en adoptant une attitude raciste très humaine. Pire, son statut d'élu sauvant la race paraît au final conforté. Ce n'est que dans les dernières secondes, lorsque le peuple de primates s'agenouille devant César qu'on croit deviner que Reeves ne pense pas la même chose que son héros-prophète.

 

nolan

 

Note de nolan : 2

 

[1]    Premier opus du deuxième reboot de la franchise pour dire les choses correctement mais c'est un peu lourd et de toute façon, vous avez compris, cher lecteur. 

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