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Interstellar : l'amour chez les humains et l'humour chez les robots

17 Novembre 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Réflexions pointues sur films obtus

Malgré les quelques E=M6 que j'ai vus étant plus jeune, je n'ai rien compris au bla-bla scientifique d'Interstellar. Je n'ai pas non plus compris pourquoi la partie mélo des familles ne marchait pas bien. Je n'ai pas compris non plus pourquoi l'humour du film était seulement réservé aux robots. Christopher, fais une comédie. Je serai le seul à aller la voir, mais j'irai la voir, promis.  

Matthew Mcconaughey et Mackenzie Foy au bureau des pleurs
Matthew Mcconaughey et Mackenzie Foy au bureau des pleurs

Matthew Mcconaughey et Mackenzie Foy au bureau des pleurs

Réflexions pointues sur films obtus

Il ne sera pas question ici de parler des immenses efforts de capillotractage métaphysique déployés par Christopher Nolan dans son mélodrame interstellaire. Reconnaissons en aparté que le film aurait été parfaitement agréable en retirant la moitié des dialogues et en limitant les scènes de chialeries face caméra qui finissent de faire disparaître quelques moments émouvants et font passer les films de Steven Spielberg pour les plus austères opus bergmaniens.  

Alors que le Dr Brand (Anne Hathaway) s'apprête à prendre un rouleau n'importe comment TARSE vient lui donner un coup de main

Alors que le Dr Brand (Anne Hathaway) s'apprête à prendre un rouleau n'importe comment TARSE vient lui donner un coup de main

Mais la grande question du film, c'est la capacité à l'humanité à survivre. Et si le mensonge, un des piliers fondamentaux de la race humaine et thème fétiche du cinéaste britannique, fait partie des aspects de sa dissertation, c'est surtout d'amour dont il va être question. Autant être honnête, on n'a pas plus compris où Christopher Nolan voulait en venir que lors des discussions scientifiques pour savoir si ça passe ou ça casse si on tourne à gauche plutôt qu'à droite (1). Mais entre quelques suspenses hyper spectaculaires dont le cinéaste a le secret et quelques images fascinantes, le spectateur que nous sommes a pris le temps de s'interroger sur une question fondamentale du film et jusqu'à présent traitée par personne (2) : l'humour.

En plus de 30 000 hectolitres de larmes versés, Interstellar a aussi recours à un nombre conséquent de tableaux pour expliquer des trucs (ici le traditionnel tableau noir accompagné de Jessica Chastain)

En plus de 30 000 hectolitres de larmes versés, Interstellar a aussi recours à un nombre conséquent de tableaux pour expliquer des trucs (ici le traditionnel tableau noir accompagné de Jessica Chastain)

L'amour est l'apanage de l'être humain et le film insiste là-dessus. Mais les quelques traces d'humour – dont nous sommes plutôt friands dans l'univers nolanien contrairement à la majorité écrasante de ses aficionados et ses détracteurs (3) – sont entièrement réservées aux robots. Pas un humain ne fait une bonne vanne. Cooper et sa famille alignent les bides quand ils font de l'esprit, là où les robots s'amusent du paramétrage humoristique de leur propre programmation. D'aucuns y verront une variante du sidekick (souvent Noir) des films d'actions des années 1980, forme ultime de condescendance à l’égard d'une minorité. Pourtant, le détachement dont font preuve les deux robots et le jeu de non-dits qui en ressort – en particulier chez le très bavard TARS (voix de Bill Irwin) – interroge sur les motivations réelles du cinéaste. Nolan aurait-il caché un propos derrière cette dichotomie entre robots détachés et humains surplombés ? Vient en tête une des répliques du premier OSS 117 (Michel Hazanavicius, 2006) ; Slimane (Abdallah Moundy) qui travaille pour Noël Flantier alias Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117 (Jean Dujardin) se demande à propos de ce dernier : « Je n'arriverais jamais à savoir s'il est hyper intelligent ou s'il est complètement con »

nolan

TARS en raconte une bonne avec un prêtre, un rabbin et un imam (scène coupée) puis un jeu de mots sur le "trou noir" (scène coupée également).

TARS en raconte une bonne avec un prêtre, un rabbin et un imam (scène coupée) puis un jeu de mots sur le "trou noir" (scène coupée également).

1 Vous remarquerez mes grands talents de vulgarisateur scientifique.

2 Vous remarquerez d'une part mon acuité et d'autre part ma parfaite originalité

3 Vous remarquerez ma liberté de penser au moins équivalente à celle (grandissime) du juré The Voice, Florent Pagny

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Brx 21/11/2014 11:04

Pas tout à fait d'accord pour le monopole robotique sur l'humour. Dans mes souvenirs (il ya bcp de trucs à se souvenir dans ce film de 3 h), les quelques blagues sont basées sur les intéractions humains/robots avec surtout Cooper. Tout le crédit humoristique ne doit donc pas revenir aux seuls comp(t)arses (ah ah métallique).

Sinon, beau placement de produit pour les montres machins - Julien Dray likes this

nolan 24/11/2014 08:06

Oui c'est bien ça et je suis d'accord le montage de cette séquence est réussie. La totalité de la séquence qui débute dans la chambre de Murphy nous rappelle que Christopher Nolan a quand même des moyens : il arrive à la fois à intégrer des célèbres scènes du cinéma (il y a aussi La Prisonnière du Désert quand Murphy se précipité hors de la maison), poser des enjeux dramatiques et proposer une forme agréable. Je pousse un peu le bouchon mais il aurait presque pu commencer le film comme cela. Bon la structure de la troisième partie aurait du être complètement refondue avec la première... Enfin ça aurait été un autre film, je m'égare.

Benjamin 22/11/2014 14:35

Tu as bien aimé les robots pour leur humour, oui j'ai vu. T'as vu ça rigole pas chez nous, Manu fait plutôt la gueule sur le film et je dois dire que le papier que je prépare en réponse (une sorte de pour / contre façon Télérama, manière de faire dans le consensuel et de ne vexer personne, surtout pas les robots) sera également très premier degré, le rêve, notre propre mortalité en miroir, un montage hallucinant etc. D'ailleurs pour être sûr de pas écrire que des conneries, tu fais allusion au cut jeep/fusée (un plan que j'adore) en hommage à Kubrick (?), j'avance à tâtons, tu penses à quelle référence ? Au grand saut de l'os à l'astronef ? Parce qu'il me semble qu'il y a en effet ici une belle matière pour Nolan qui par son montage transforme ses films en labyrinthe. Dans ce cas de la jeep/fusée, un montage qui soit déjà autant une accélération temporelle (il rappelle ainsi toute la subjectivité du temps, chacun a sa représentation) que spatiale, ce père qui en trois plans se retrouvent à des années-lumières de sa fille.

Je m'en vais voir de suite l'ami Thimothée !

nolan 22/11/2014 12:41

Chez les blogueurs, il y a le papier de Thimothée Girardin qui est laudateur. Je n'ai pas détesté parce que pour une fois je n'en attendais pas grand chose mais je n'ai pas été emporté par l'aventure. Toutefois le postulat de départ (un père qui abandonne sa fille pour sauver l'humanité en voyageant dans l'espace) me paraissait intéressant pour un mélo. Il y a des séquences pas mal sur les planètes et j'ai bien aimé les robots.

Benjamin 22/11/2014 10:09

"pouvoir contempler [avec vous]" un trou noir avait absorbé des mots et vient de les restituer ailleurs et plus tard !

Benjamin 22/11/2014 10:08

Voilà un papier amusant ! Sinon, entre le meilleur réal mexicain et la comédie de Nolan, moi qui pensais trouver du soutien ici et pouvoir contempler Interstellar comme un regarde les étoiles les nuits d'été. Décidément je suis bien seul sur ma planète...

FredMJG 17/11/2014 18:06

Comme j'ai ri, j'en conclus que tu es un robot

nolan 17/11/2014 20:27

;-). Je suis découvert.

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