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13 aveux

20 Janvier 2010 , Rédigé par nolan et ran Publié dans #Questionnaire

Un nouveau questionnaire cinéphile que j'ai trouvé chez Nightswimming : 13 aveux. Ran et moi-même nous sommes prêtés à ce jeu tout-à-fait narcissique. N'hésitez pas à faire de même dans les commentaires. nolan

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Chez Ran

labavure.jpgInspecteur Labavure (Coluche)

1- Plaisir inavouable

Je dois avouer que j’éprouve toujours un certain plaisir à regarder le lamentable Inspecteur Labavure (Claude Zidi, 1980) que j’avais vu durant ma prime jeunesse et qui me fait toujours un peu rire.

 

2- Classique ennuyeux  

Dans l’œuvre souvent géniale de Sergueï Mikhailovitch Eisenstein, La ligne générale (1929) est un ratage total et l’ennui est quasiment sans limites (je suis même sûr que quelques fossiles du marxisme-léninisme pourraient renoncer à leurs convictions s’ils devaient voir le film en boucle).

Plus généralement, le terme d’ennui concernant les grands films pose un problème. Il est certain que je ne trouve pas Barry Lyndon (1975) inférieur à Orange mécanique (1971) mais, de ces deux œuvres de Stanley Kubrick, ce dernier est incontestablement plus facile à regarder. De même, les œuvres de nombreux immenses réalisateurs – Antonioni, Bergman, Dreyer, Tarkovski,… – exigent une certaine concentration au moment de les aborder. Ceci étant précisé, une partie de mon immense admiration pour Fritz Lang et Alfred Hitchcock est liée au fait qu’on peut regarder chacun de leurs films (ou presque) dans n’importe quel état de fatigue et y trouver quelque chose, qu’il s’agisse du simple plaisir de passer un bon moment ou de quoi nourrir une vraie réflexion.

 

3- Adoré à l'adolescence puis abandonné

Rien ne me vient véritablement à l’esprit pour répondre à cette question. Je me suis découvert une passion pour le cinéma par étapes (voir infra) et je ne pense pas avoir véritablement renié des films que j’avais vraiment aimés durant mon adolescence.

Par contre, à cette époque, j’ai découvert Les 400 coups (François Truffaut, 1958) et Hiroshima, mon amour (Alain Resnais, 1959) et je les ai détestés. Depuis, d’autres films m’ont fait changer de point de vue sur Resnais et Truffaut mais je n’ai pas revu les deux œuvres en question. J’avoue avoir à la fois envie de le faire mais aussi un peu peur de devoir reconnaître que le jeune homme que j’étais s’était trompé (mais ce n’est peut-être pas le cas…).

 

4- Chef d'œuvre méconnu  

Il ne s’agit pas véritablement de chefs d’œuvre complètement méconnus mais certains films de Fritz Lang sont relativement peu cités parmi ses plus grands films et mériteraient à mon sens une plus grande reconnaissance. Je pense en particulier à Chasse à l’homme (1941) ou Secret derrière la porte (1948) – que son auteur disait détester ce qui explique peut-être cela…

 

5- Navet génial

Génial, le mot est très fort mais je dois reconnaître une très grande sympathie pour Ne nous fâchons pas (1965) de Georges Lautner qui, à bien des égards, peut être qualifié de navet. En fait, je trouve la prestation de Jean Lefèvre dans ce film – je pèse mes mots – tout-à-fait exceptionnelle et il m’apparaît évidemment que celui-ci était l’une des plus grandes natures comiques de sa génération. Il a cependant, par la suite, préféré se contenter de jouer dans de tristes pantalonnades avec amants cachés dans le placard.

 

6- Film détestable

Le père tranquille (René Clément, 1946), bien sûr. Mais j’ai déjà écrit toute ma haine pour ce film. Quant au courant néo-réactionnaire et populiste du cinéma français que des cinéastes comme Jean Becker ou Christophe Barratier incarnent aujourd’hui avec talent (si l’on peut dire…), il doit être, sans relâche, combattu – politiquement et moralement.

 

7- Pleurer à chaque fois

Je n’aime pas vraiment pleurer au cinéma mais les films qui me tirent le plus facilement les larmes sont sans doute ceux qui évoquent le passage de l’enfance à l’âge adulte (un drame personnel…). Je pense en particulier à un film – qui n’a rien d’un chef d’œuvre – comme Hook (Steven Spielberg, 1992). Sinon, je suis généralement rétif aux films politiques trop démonstratifs mais suis souvent profondément touché – sans avoir véritablement envie de pleurer mais en me sentant fort mal – par certains films qui présentent des situations sociales fort dures. Je songe, par exemple, à Allemagne, année zéro (Roberto Rossellini, 1947) ou à bien des œuvres de Kenji Mizoguchi et tout particulièrement La vie d’O’Haru, femme galante (1952).

 

8- Mourir de rire à chaque fois

Pour faire le lien avec la question précédente, je puis raconter cette anecdote. Après avoir découvert Allemagne, année zéro et avoir fini la projection au bord de la nausée, j’ai immédiatement enchaîné avec une nouvelle vision de L’impossible monsieur Bébé (Howard Hawks, 1938). Voilà bien un film qui me fait toujours rire à chaque vision. Pour citer une autre œuvre plus récente, je pense au Big Lebowski des frères Coen (1997).

 

9- Etre émoustillé à chaque fois

Je ne sais pas bien ce que l’on entend par l’expression « être émoustillé » mais s’il s’agit d’œuvres qui mettent en éveil mon imaginaire érotique, je dois bien sûr citer l’immense 2046 (Wong Kar Wai, 2004).

 

10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre

Je lis peut-être plus volontiers Positif aujourd’hui (plus simple d’accès). Par contre, l’apport à la critique – et au cinéma tout court – des Cahiers du cinéma est incontestablement plus important. Quant à la polémique entre ces deux magazines de qualité, elle ne me laisse parfaitement froid et je regrette que Positif y consacre toujours aussi régulièrement une longue partie de son éditorial…

 

11- Cinéaste trop vanté  

Il semble qu’un François Ozon possède, dans la critique actuelle, ses thuriféraires et ce y compris parmi des personnes sérieuses. De lui, je n’ai vu que l’exécrable Huit femmes (2001) qui est l’œuvre d’un homosexuel visiblement frustré développant de façon ultra-démonstrative toute sa haine (en les réduisant à de puérils stéréotypes et en les filmant le plus mal possible) et toute sa peur des femmes. Bref, film consternant tant dans sa forme que dans son propos dont je ne comprends donc pas le relatif succès critique (ni public d’ailleurs mais j’ai un peu plus l’habitude).

 

12- Sainte trinité

Désolé, mais l’absence d’humanité ayant ses limites, je suis obligé de citer un carré d’as (ne me demandez pas d’en retirer un, cela m’est trop difficile) : Friedrich Wilhelm Murnau, Fritz Lang, Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick.

 

13- Entrée en cinéphilie

Elle se fait en différentes étapes. Je me rappelle avoir vu à l’adolescence Meurtre mystérieux à Manhattan (1993) de Woody Allen et avoir découvert à l’occasion que le cinéma dit « intello » pouvait être un vrai plaisir. Ensuite, j’ai adoré Stanley Kubrick dès l’âge de 15 ou 16 ans. Mais le choc absolu, c’est ma première vision de Vertigo (Alfred Hitchcock) quand j’avais 19 ans. Quatre ans plus tard, je devais acquérir – enfin – un lecteur DVD et j’achetais une copie de ce film ; c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à acquérir un vrai début de culture que l’on peut (si on le souhaite) qualifier de cinéphile.

 

 

Chez nolan

Equilibrium p1

Equilibrium (Christian Bale)

1- Plaisir inavouable

Aucun, j’avoue tout. Mais j’ai quand même un peu honte d’avoir aimé Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002)

 

2- Classique ennuyeux  

Rencontres du 3e type (Steven Spielberg, 1977)

 

3- Adoré à l'adolescence puis abandonné

La cité des enfants perdus (Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, 1995) mais je ne l’ai pas abandonné, je l’aime encore mais juste bien. 

 

4- Chef d'œuvre méconnu  

Ghost World (Terry Zwigoff, 2001). Le meilleur film sur les ados misanthropes. Avec Scarlett Johansson, trop belle ; et Thora Birch dans une composition extraordinaire.

Il y a aussi Children of Men (Alfonso Cuaron, 2006) mais le vent commence à tourner pour ce film.

 

5- Navet génial

For y'ur height only (Eddie Nicart, 1981) pour Weng Weng (taper Nanarland et une fois sur le site, allez sur le mini-site Weng Weng)

 

6- Film détestable

L’Arme Fatale 2 (Richard Donner, 1989). La quintessence du film américain beauf et réac.

 

7- Pleurer à chaque fois

Les épisodes des Simpson quand Homer est triste parce qu’il a encore merdé avec son fils, sa fille ou sa femme. Ca me sert le cœur à chaque fois alors que j’ai vu des milliards d’épisodes.

Mais pour rester dans le cadre des longs métrages, j’ai parfois la boule dans la gorge mais je suis incapable de donner un titre qui me fait pleurer à chaque fois.

 

8- Mourir de rire à chaque fois

The Big Lebowski des frères Coen (1997) et les vingt premières minutes de Supergrave (Gregg Motola, 2007).

 

9- Etre émoustillé à chaque fois

Allemagne, année zéro (Roberto Rossellini, 1947). Nan, je déconne, c’est bien sûr Michelle Pfeiffer en Catwoman dans Batman Returns (Tim Burton, 1992) et puis la scène de cul du Nom de la Rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) parce que je ne m’y attendais pas du tout, que j’étais jeune et je me sentis comme Christian Slater.

 

10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre

Positif que j’achète plus souvent.

 

11- Cinéaste trop vanté  

James Cameron en ce moment. J’apprécie ses films mais devant tant d’excellentes critiques pour Avatar, je suis perdu.

 

12- Sainte trinité

Je n’ai d’adoration que pour des cinéastes actuels parce que je sais qu’ils vont encore sortir des films. C’est complètement idiot mais dès que je vois un film que j’adore, j’attends la suite avec impatience et l’actualité fait que je suis plus informé des nouvelles sorties des réalisateurs vivants que des films pas encore vus des réalisateurs morts. Par exemple, si j’avais vu Les Bourreaux meurent aussi (Fritz Lang, 1943) lors de sa sortie française (en 1947), je serai devenu un gros fan de Lang, pareil avec Le crime était presque parfait (Alfred Hitchcock, 1954). Ainsi, je change de sainte Trinité régulièrement, je suis donc un Infidèle. Actuellement ma sainte Trinité est composée des réalisateurs suivants : Quentin Tarantino, Christopher Nolan et Tim Burton. Il y a un an, c’était Gus Van Sant, David Cronenberg et les frères Coen. Et dans le rôle de St Pierre, Jim Jarmusch parce que c’est le réalisateur le plus cool (ou ultra-classe) du monde et si je devais faire un top sur les films les plus cools du monde, il y aurait sans doute un ou des Jarmush en tête dont Ghost Dog (1998). C’est très américain tout cela.

 

13- Entrée en cinéphilie

Arnold Schwarzennegger au début des années 1990.

Il m’a obligé à m’intéresser à Paul Verhoeven, John McTiernan et James Cameron puis de fil en aiguille, j’ai découvert Woody Allen, David Lynch et Francis Ford Coppola qui ont fait des films géniaux et pourtant sans Schwarzy. Ensuite, je connaissais beaucoup de noms de films et de réalisateurs mais je n’avais pas accès aux œuvres. Cela a changé depuis.

 

 

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Ran 22/01/2010 14:57


Effectivement, cela fait toujours plaisir de répondre à ce genre de questionnaire et c'est toujours instructif.
Seul regret, je comptais moi-même créer un questionnaire cinéma et plusieurs des questions que je comptais poser était déjà dans celui-ci...
Il va donc falloir que je me creuse un peu plus les méninges.


nolan 22/01/2010 14:35


@Ed,
Je l'ai trouvé en cherchant des articles sur "L'Impossible Monsieur Bébé". L'un des questionnaires contenait cette réponse à "Mourir de rire...".
Comme vous le constatez vos 13 aveux nous ont rendu bavards.


Ed(isdead) 22/01/2010 14:22


Tiens, je suis ravi de voir revivre ce petit questionnaire.
Petit jeu "narcissique", effectivement, mais ô combien instructif, finalement, quand on prend connaissance des diverses réponses. La plupart incite en effet à la curiosité ou éclaire d'un
nouveau jour des valeurs sûres ou, au contraire, délaissées.


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