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Alfred Hitchcock, Bruno Anthony et les meurtres

6 Mars 2013 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Bribes et fragments

Je sais pas mais je sens que le Hitchcock de Gervasi va décrocher la timbale du film le plus nul dans le top ciné d'Antoine fin 2013. Au moins ce film aura-t-il l'avantage d'inspirer notre acolyte sur le meurtre hitchcockien dans une bribe qui peut utilement faire office de pense-bête en cas d'interro surprise sur le maître. nolan

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Bribes et fragments

 

L'Inconnu du Nord-ExpressL’Inconnu du Nord-Express (1951)


Alfred Hitchcock, Bruno Anthony et les meurtres – Ramassis d’ineptes anecdotes, le navrant Hitchcock rappelle que le génie dont il s’inspire (si on veut…) était visiblement en proie à une certaine obsession pour le meurtre. Ce que le navet de Sacha Gervasi oublie, probablement plus par imbécillité caractérisée qu’autre chose, c’est que le meurtre n’est pas, chez Alfred Hitchcock, frappé d’unicité. On lui découvre, au moins, quatre fonctions assez sensiblement distinctes.

La première est purement utilitaire. La mort, celle de l’autre du moins, résoud les problèmes. On l’a souvent remarqué : le cinéma hitchcockien est rempli de femmes dont le seul désir est de se marier (Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Les Oiseaux…) et d’hommes qui souhaitent tuer leurs épouses (Le Crime était presque parfait, Fenêtre sur cour…) et ainsi se débarrasser d’un fardeau devenu insupportable. Dans d’autres cas, notamment pour des raisons strictement pécuniaires ou par épuisement des nerfs, ce type de meurtre se rencontre également régulièrement. Au-delà de sa part chrétienne, dont l’éthique est farouchement opposée à l’idée de tuer, il ne semble pas qu’Alfred Hitchcock se sente personnellement concerné par de tels actes. Ils regardent avant tout ceux qui les commettent et leurs victimes. Cependant, la société les observe et les juge, toujours défavorablement pour mieux oublier son appétit voyeuriste et son plaisir évident devant ces spectacles.

Or, pour le cinéaste, le plus grand danger n’est pas d’être tué mais plus sûrement d’être broyé par les normes policières. Les forces de l’ordre s’attaquant régulièrement aux innocents, le risque est assez logiquement démultiplié lorsqu’on est coupable. D’où le rêve récurrent, deuxième forme hitchcockienne du meurtre, du crime parfait qui nourrit nombre de conversations et agite bien des esprits (pourtant inoffensifs comme celui du sympathique patriarche – Henry Travers – de L’Ombre d’un doute). Ou comment jouir des indéniables avantages du meurtre sans en connaître les immenses désagréments. Jeu d’abord intellectuel, presque mathématique, il est vrai toujours plus ou moins mis en échec, sans doute plus par une étrange éthique de responsabilité que de conviction.

Le troisième meurtre, lui, rejoint les deux précédents autant qu’il constitue, dans une certaine mesure, leur parfait opposé. Il est dostoïevskien et représente le véhicule du fantasme de la toute-puissance, celle qui permettrait à quelques ‘‘élus’’ de s’affranchir définitivement des plus sûres règles de la morale sociale. Raskolnikovs au petit pied, les héros (John Dall et Farley Granger) de La Corde, s’y essaient avec un succès mitigé. Reste le dernier meurtre, celui avec lequel Gervasi mélange tous les autres, qui n’est que pulsionnel quand bien même, de l’inquiétant Général (Peter Lorre) de Quatre de l’espionnage au célèbre Norman Bates (Anthony Perkins) de Psychose, ceux qui le pratiquent y ajoutent une once d’organisation perverse.

Si elles entretiennent des liens serrés entre elles au point de parfois se rejoindre, ces quatre formes possèdent leurs spécificités et ne se confondent pas directement. Par contre, il est possible qu’elles se complètent. Dès lors, il n’est pas surprenant que celui qui est, incontestablement, le plus fascinant des méchants hitchcockiens soit le seul à combiner les différentes dimensions du meurtre. Comme beaucoup d’aboutissements du réalisateur, le Bruno Anthony (Robert Walker) de L’Inconnu du Nord-Express est le fruit d’une longue réflexion, d’une lente maturation qui, après plusieurs essais extrêmement savoureux, mena vers une forme d’idéal.

 

Antoine Rensonnet

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http://www.amlik.com/ar/vehicle-car 02/04/2015 13:41

Love hitchcock

click here 24/06/2014 14:36

It was interesting reading the article about the Alfred Hitchcock, Anthony Bruno murders. I have never been a fan of the Hitchcock film but this film has inspired me a lot in watching such films and I must say that these films are very interesting to watch.

nolan 26/06/2014 11:52

Super, merci.

film streaming 10/03/2013 17:20


Le hitchcock de  sacha gervasi est à la limite du nanard,
c'est inintéressant.


mistergoodmovies.net

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