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Animal Kingdom

7 Mai 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Animal Kingdom est un film complètement inégal. Il alterne quelques passages parfaitement réussis avec des lourdeurs scénaristiques patentes. Le film pâtît aussi de la comparaison avec de récents films de gangsters familiaux.

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Animal-Kingdom.jpgMaman (Jackie Weaver), fiston (Joel Edgerton)

et, en arrière plan, copine et petit fils (Laura Whellwright sur James Frecheville)

 

Tout commence bien dans le premier film de David Michôd : à Melbourne, Josh (James Frecheville) a 17 ans quand sa mère fait une overdose fatale dans son canapé. Il est un peu lent et renfermé. Il est recueilli par sa grand-mère Janine (Jackie Weaver), alors fâchée à mort avec sa fille depuis des années. Janine Cody vit en quasi symbiose avec ses quatre fils, une bande de braqueurs sur le déclin. La brigade anti-gang abat en toute illégalité le plus intelligent d'entre eux, Baz (Joel Edgerton) qui a petite vie de famille pépère et a réussi de fructueux investissements boursiers. La fratrie Cody ne va pas manquer de se déliter, tirée d'une part par le psychotique Pope (Ben Mendelston) qui va se venger aveuglement sur des flics de base et, d'autre part, par Janine qui cherche par tout les moyens à préserver ce qui lui reste de famille. Et ce, d'autant plus que l'inspecteur Leckie (Guy Pearce), rare policier droit dans ses bottes, tente avec finesse de faire flancher Josh, témoin passif des agissements des frérots.

Impossible de ne pas penser à quelques récents films de gangsters familiaux : le très faible  The Town (Ben Affleck, 2010) mais surtout le très réussi Un Prophète (Jacques Audiard 2009), film aux thématiques très proches. On se doute que ces œuvres ont subi les mêmes influences : on pense bien sûr aux magnifiques The Yards de James Gray (2000) et à Mystic River de Clint Eastwood (2002) et, plus généralement à l'inévitable série des Parrain de Francis Ford Coppola (1972, 1974 et 1990) mais le résultat est ici bien différent et finalement assez décevant. Nous faisons face à des personnages dont la construction laisse à désirer : aussi le réalisateur échoue à présenter la grande ambivalence de Pope, à la fois petit animal apeuré et prédateur sans pitié, à nous faire partager l'évolution de Josh, semi-débile au début puis une fois déniaisé, manipulateur astucieux, à nous faire avaler la stupéfiante naïveté de la petite amie de Josh (Laura Wheelwright). Pour d'autres, c'est excellent, l'inspecteur Leckie, futé mais dépassé, Baz, aux caractéristiques similaires et surtout Janine, matriarche assez fascinante et dont la complexité est plutôt bien rendue.

Au rayon des petits défauts toujours un peu agaçants, nous noterons une utilisation des ralentis pas toujours très heureuse et cette volonté superflue de présenter la vie de famille hors du cadre de la fratrie notamment celles de Baz et de Leckie.

Du côté des réussites qui sauvent le film du ratage, on remarquera l'introduction parfaitement réussie, aidée par une scène d'ouverture efficace et la conclusion maline mais pas roublarde, le tout soutenu par un casting impeccable.

Mais quitte à aller voir un film estampillé "Sundance", on recommandera sans hésiter l'excellent Winter's Bone (Debra Granik, 2010).

 

nolan

 

Note de nolan : 2

 

Animal Kingdom (David Michôd, 2010)

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Antoine 22/06/2011 14:37



J'ai laissé passer une significative erreur de date ! Mais, c'est pas possible, ça... Faut que j'arrête de faire des corrections à trois heures du matin...



Edouard 22/06/2011 12:58



D'accord avec ta dernière phrase. Avec le reste aussi, globalement (pas vraiment pensé non plus sur le coup au film, très supérieur effectivement, d'Audiard, mais cela se tient).


Apparemment, l'idée de départ, abandonnée peu à peu était de faire un film plus ample encore, plus "choral". D'où les quelques digressions "familiales" qui subsistent, je pense.
Mais cela désésquilibre encore le film, à mon sens, qui est déjà mal construit. C'est ou trop ou pas assez ouvert vers l'extérieur...


Sinon, petit rectif : Mystic river, c'est plutôt 2002/2003, me semble-t-il...



nolan 22/06/2011 13:21



Oups, c'est corrigé, merci. Sans doute que je voulais le ranger dans "les effervescentes années 90, celles qui s'ouvrirent avec Miller's Crossing des Coen ou Les arnaqueurs
de Frears et se refermèrent avec L'Anglais de Soderbergh"


 



nolan 18/05/2011 09:37



Brx,


Pourtant c'est aussi l'intégration d'un élément extérieur dans une famille que raconte Animal Kingdom. Comme dans Un Prophète, le héros qu'on croit perdu va finalement tout
gagner. J'ai l'impression qu'à la fin Josh prend possession de la famille.



Brix 16/05/2011 09:35



Je trouve la critique bien sévère, ce film est quand même bien au dessus du lot et on peine à trouver un exemple de film aussi efficace et bien tenu en France avec des persos aussi intéressants
(comme la grand mère qui est flippante).


D'ailleurs je trouve qu'Un prophète n'est pas tout à fait semblable puisque pour moi il parlait plus de "l'ascension d'un gangster" que d'un dilemme familial comme animal kingdom ou ceux de James
Gray.



nolan 15/05/2011 17:05



Bruce,


Parmi les films que je citais, je pensais surtout au cadre familial qui délimite l'espace du film. The Town ou The Yards ne montrent pas vraiment le banditisme à grande échelle.
Et même si les braqueurs d'Animal Kingdom sont petits, ils ne le sont pas tant que cela quand on voit le dispositif de protection dont bénéficie le héros lorsqu'il va à son procès ou
l'étendue des relations de la mère (et notamment la fidélité de l'avocat surfeur). Ce qui est paradoxal d'ailleurs, tant ces braqueurs semblent bien seuls et perdus tout le long du film.


Mais la fin est réussie, on est d'accord: Ah, crazy world... comme dit Pope



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