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Après mai

25 Novembre 2012 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Sans doute Après Mai est-il un film sans surprise, sauf pour ceux qui pensent que le film parle des premiers mois de présidence de François Hollande. Le métrage manque parfois d'un peu d'électricité mais Olivier Assayas le réussit par une mise en scène tantôt très sèche tantôt fort gracieuse.

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apres-mai.jpgClément Métayer et Lola Creton (Félix Armand en arrière-plan)

 

En 1971, Gilles (Clément Métayer) est un lycéen engagé dans un groupuscule révolutionnaire qui manifeste et participe à des actions commandos. C'est aussi un artiste peintre qui cherche encore sa voie. Il est amoureux de sa petite amie Laure (Carole Combes) qui incarne cette vie d'artiste à laquelle il aspire. Elle le quitte pour partir à Londres avec sa mère. Gilles traverse une longue phase transitoire au cours d'un été dominé par la question de son engagement dans une action politique plus radicale et la volonté du geste artistique plus nuancé. Il manque au film d'Assayas un peu de souffle pendant ces deux heures. Ce n'est pas tant qu'il soit mal rythmé (ce n'est pas le cas) mais les atermoiements de Gilles restent inégaux. Ce personnage complètement autobiographique (ça se voit même sans connaître le réalisateur) n'est pas inintéressant (et déclenchera sans doute une crise d'allergie aux anti-bobos) : il est cultivé, intelligent, bien né et le film retranscrit assez justement le mélange de confiance en soi (notamment au plan politique puisqu’il ne semble jamais impressionné par les leaders de groupes, adultes comme lycéens) et de doute (il paraît rempli d'hésitations artistiques sauf face à son père – André Marcon –, réalisateur de télévision).

C'est à travers le prisme de l'amour, celui que Gilles ressent pour Laure et pour la militante Christine (Lola Creton), qu'Assayas raconte le parcours de son héros. Mais rien ne nous surprend vraiment dans le déroulé du film que nous suivons d’un œil bienveillant, Assayas réveillant une nostalgie de la jeunesse, celle des premières fois et des regrets éternels alors même que nous ne faisons pas partie de la même génération. On pourra toutefois remarquer que cette jeunesse des années 70 est globalement plus emballante que celle des années 90. Mais ce qui a suscité notre intérêt pour le film tient en trois points. Le film n'aborde pas un sérieux papal et se laisse aller à quelques pointes d'humour (dont l'acteur feu Jean Richard est l'une des principales victimes) ou à tout le moins à une certaine légèreté. Ensuite, il fait preuve dans ses scènes d'action d'une mise en scène sèche très prenante. Sans effet de manche, ses scènes reposent sur un découpage nerveux, un filmage à l'épaule et une énergie (celle des acteurs) qui rend un lancer de cocktail Molotov aussi intense qu'une grosse cascade de film d'action. A ce titre la répression policière lors d'une manifestation traduit fort bien la confusion des manifestants, l'acharnement des agents et l'adrénaline qui coulent dans les veines des poursuivis. Enfin, et à l'opposé, le cinéaste offre quelques scènes au bord de l'onirisme notamment une fantastique soirée dans laquelle Gilles retrouve Laure. Cette fois le cinéaste offre plan-séquence et lumière travaillée. Globalement les instants d'intimité amoureuse sont toujours de beaux moments, en particulier ceux avec Christine, métaphore pour Gilles d'un autre chemin de vie dans lequel il ne croit pas entièrement mais qu'il maîtrise mieux.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

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Antoine 01/12/2012 11:59


Non, non. Bien sûr, Assayas filme une France vieille de quarante ans, en partie idéalisée et qui n'a sans doute jamais vraiment existé. Mais il a l'air de le savoir et de le reconnaître donc ce
n'est pas du Jean Becker.

fredMJG 26/11/2012 17:16


La bande annonce donne tout de même l'envie de s'enfuir très très loin (après avoir lancé un cocktail molotov cela va de soi)

nolan 28/11/2012 13:08



Meuh non.



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