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Associés contre le crime

11 Septembre 2012 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Pascal Thomas a, à plusieurs reprises, tiré grand profit du filon Agatha Christie. Avec le raté Associés contre le crime, on doit constater que celui-ci est désormais – et probablement définitivement – épuisé.

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ACLC 1Bélisaire (André Dussolier) et Prudence (Catherine Frot) Beresford

 

Pascal Thomas a eu raison de se tourner vers l’univers d’Agatha Christie qu’il a, plusieurs fois, remodelé avec talent. Avec cet Associés contre le crime, est démontré qu’il a eu, aussi, grand tort de ne pas l’abandonner plus tôt. Reprenons. En mettant en scène une première aventure du couple Beresford (Prudence et Bélisaire – Catherine Frot et André Dussolier) dans Mon petit doigt m’a dit… (2005), il avait signé une comédie policière légère et pétillante qui se dégustait avec plaisir. Puis était venu L’Heure zéro (2007), son chef-d’œuvre en la matière. Le whodunit à huis-clos, porté par des acteurs en grande forme et une trame efficace, fonctionnait parfaitement. Mieux, grâce à une Chiara Mastroianni étonnante et spectrale, le film gagnait une profondeur, un mystère et une mélancolie inattendus. Il était acquis que Pascal Thomas ne ferait pas mieux. Sans doute aurait-il dû s’arrêter là. Mais la machine était en route et il revint au couple Beresford. Le Crime est notre affaire (2008) fut un dispensable second opus de leurs aventures. Qui, toutefois, gardait un charme certain. Il s’est évanoui dans ce troisième – et, espérons-le, dernier – épisode. Thomas se repose entièrement sur les facéties, désormais trop connues, de son duo vedette. Aucune surprise devant la bizarrerie de ce sympathique couple de détectives bourgeois et marginaux. Les gags, s’ils sont parfois drôles, ont déjà été vus et revus. Il n’était qu’une seule voie pour qu’Associés contre le crime acquière un peu d’originalité et que nous soyons ravis de retrouver Prudence et Bélisaire : que l’intrigue passionne. Or, le réalisateur la délaisse ostensiblement, croyant que son filon épuisé suffira à capter l’attention. Aussi tarde-t-elle à démarrer avant de se révéler, dans la seconde partie du film (qui reste, de loin, la meilleure), incroyablement filiforme. L’enjeu est stupide (un savant aurait trouvé la formule de l’éternelle jeunesse), les méchants d’une insigne médiocrité, la construction inexistante. Seuls émergent quelques beaux tableaux expressionnistes de la clinique de chirurgie esthétique. Ils sont, toutefois, bien trop rares pour qu’une ambiance fantastique ne s’instaure réellement. Dommage. D’autant que, lorsque s’achève péniblement la pseudo-enquête, Associés contre le crime réserve encore son plus mauvais segment. Soit une conclusion grotesque et si longue qu’elle finit par rendre l’ensemble complètement indigent et indigeste. Un film pour rien.

 

ACLC 2Bélisaire et Prudence Beresford

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

Associés contre le crime (Pascal Thomas, 2012)

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