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Black swan

18 Février 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Un chorégraphe suffisant mais charismatique confie à une danseuse perfectionniste les rôles du cygne blanc et du cygne noir pour une nouvelle adaptation du Lac des Cygnes. La surenchère dont le film fait preuve n'empêche pas sa réussite.

 

Black-swan.jpg

La vierge Nina (Natalie Portman) et le satyre Leroy (Vincent Cassel)

 

Darren Aronofsky ne recule devant aucun effet dans Black Swan, bien au contraire. Aussi charge-t-il son film comme une mule et il serait aisé de faire un inventaire à la Prévert des éléments venant surligner le scénario, les émotions et les caractères dans cette histoire de danseuse perfectionniste à qui l'on confie les rôles du cygne blanc et du cygne noir pour une nouvelle adaptation du Lac des Cygnes (ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski ; 1875-1876). On pourrait également remarquer que cette étoile paraît bien minuscule pour une danseuse de ballet mais qu'importe ! Ce sont les excès de son auteur qui font le sel de son cinéma. Certes Darren Aronofsky peut tomber dans l'indigeste comme l’avait montré The Fountain (2006) – d’où une salvatrice cure d'austérité dans son œuvre suivante (The Wrestler ; 2008). Mais son dernier opus, s’il ploie sous les références, la prétention et l'excès de baroquisme, ne rompt pas. Pourquoi donc ? Bonne question. Sans doute parce qu'en restant accroché au visage de son héroïne Nina (Natalie Portman), les scènes de danse se font oppressantes (mais toujours lisibles), la caméra tournoyant ne croisant les autres protagonistes que par instants. Aussi les personnages secondaires ne sont que des archétypes, des reflets d'elle-même, de ses pulsions, de sa conscience. En misant sur la surenchère, le film noie le spectateur d'informations et de moments spectaculaires et attendus. Par ce biais, Black Swan réussit à totalement lui faire partager la confusion de l’héroïne dans sa séquence finale : d'abord inquiets par sa chute lors du grand soir, nous voilà terrifiés à l'idée qu'elle a peut-être fini par commettre un crime avant qu’elle ne revienne à son destin de cygne blanc promis, depuis le début, par son chorégraphe (Leroy – Vincent Cassel).

La danse sert ici de support à une réflexion sur l'art dont la recherche d’absolu se traduirait par une importante souffrance physique et un irrémédiable dérèglement mental (là où The Wrestler présentait une forme de purification de l'esprit par une autodestruction physique). Dans ce propos, on verra volontiers une mise en abîme concernant une grande partie du casting : la beauté frigide de Nathalie Portman et sa volonté de se/la sexualiser (Closer – Mike Nichols, 2005 et Sex Friends – Ivan Reitman, 2011), la prétention outrée de Vincent Cassel (voir l'ensemble de ses interviews sur la totalité de ses films), la disparition des écrans de Winona Ryder (qui interprète Beth Macintyre, l'ex-étoile). Son réalisateur est un peu tout cela. Imparfait mais séduisant.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

Note de Ran : 2

 

Black Swan (Darren Aronofsky, 2010)

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http://www.poweredmanagement.com 24/04/2014 12:20

Researchers have proved that dance is not only an art but it is a physical exercise to bring fitness to our mind as well as our body. Even in the films dance play a vital role in bringing out popularity.

Ran 15/03/2011 10:34



Ouaip !



Ran 14/03/2011 23:12



Je l'ai vu - enfin ! - pour un avis mitigé. Une première partie vraiment mollassonne, une seconde nettement plus efficace même si de grosses ficelles et quelques effets faciles auraient pu être
évités. Néanmoins, sans génie aucun, le thriller paranoïaque fonctionne.


Une bonne idée : avoir situé l'héroïne dans un milieu où elle n'est entourée que de doubles.


Une idée intéressante mais qui achoppe sur un point : la martyrisation du corps de Nina. Aronfsky s'évertue et réussit à rendre le corps de Natalie Portman aussi répugnant que l'était celui de
Mickey Rourke dans The Wrestler (ce qui, a priori, était plus facile). Pourquoi pas ? Cela lui permet de poursuivre la réflexion entamée dans son opus précédent. Mais là où ça
devient difficilement soutenable, c'est qu'il croise cela avec le problème de sa sexualisation et, tendant le bâton pour se faire battre, le réalisateur formalise même, par la voix de Leroy, la
question que ne manque pas de se poser - confusément - le spectateur : "Tu as envie de baiser cette fille ?" Bah, non, bien sûr...



nolan 15/03/2011 10:32



Merci bien. Je n'ai pas ressenti le problème de rythme dont tu parles.


Et ta note ? 2 ?



Ran 25/02/2011 01:20



Il y a les pour, les contre, les nuancés et, au milieu de tout ça, une andouille (moi) qui n'a pas la possibilité technique d'avoir un quelconque avis. Et ça l'énerve...



alexandre mathis 24/02/2011 23:13



l'un des rares avis nuancé comme le mien (je suis un peu plus emballé tout de même), ce qui est rare.


Mais il se produit quelque chose de fascinant sur le long terme. peut-être parce que j'en parle à longueur de temps "alors Alex t'en pense quoi?" mais ce film reste, par sa patte lourde. J'aime
que de temps en temps un film mette les pieds dans le plats, sans vergogne.



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