Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blanche-Neige et le Chasseur : L'inspiration par le vide

3 Juillet 2012 , Rédigé par nolan Publié dans #Réflexions pointues sur films obtus

Que faire lorsqu'on joue dans une méga nullité ? N'importe quoi, bien sûr. C'est le choix que fait Charlize Theron en méchante Reine dans cette interminable purge qu'est Blanche-Neige et le Chasseur. Pas de bol, elle entraîne le film encore plus bas. D'une certaine façon, c'est une performance. 

 

Réflexions pointues sur films obtus

 

J'imagine un peu la réunion des executives d'Universal sur le film :

 

             

-        On fait le coup de la relecture live d'Alice au pays des merveilles (Tim Burton, 2010) mais en mode Seigneur des Anneaux (Peter Jackson, 2001-2003) !

-        Génial ! Et on pompe une scène entière de Princesse Mononoke (Hayao Myiasaki, 2000). Ça sera la caution poétique.

-        Excellent ! On récupère l'imagerie de Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999) pour la forêt et la caution burtonienne.

-        Ouais et j'avais pensé à faire aussi un côté Robin des Bois !

-        Lequel ? Celui de Scott (2010) ou celui de Reynolds (1992) ?

-        Les deux !

-        Putain t'es trop fort.

-        Bon, allez, on embauche des bons techniciens, un casting qui claque...

-        Oh oui, une actrice oscarisée en roue libre totale, genre Jack Nicholson mais en bonasse.

-        Parfait, on tient notre blockbuster.

 

Parfait, parfait... Mais vu la nullité abyssale de Blanche-Neige et le Chasseur, il faut convenir que les intentions ne suffisent pas. Comment ne pas se cacher le visage devant le naufrage de Charlize Theron qui, en lieu et place d'une reine terrifiante, joue une enfant gâtée et capricieuse.

 

BN et Chasseur 1

"Ce qui serait bien, c'est que tu passes d'un seul coup

de la colère froide à la crise de nerfs"

(Rupert Sanders à Charlize Theron)

 

Mais tout comme son personnage qui trouve sa jeunesse en aspirant celle des autres, son jeu est peut-être la conséquence du désastre artistique construit autour d'elle. L'inspiration vient du vide abyssal du projet. D’absence totale de vision cohérente... de vision tout court. Rupert Sanders existe seulement au gré de quelques hallucinations forestières, le reste est un festival de scènes ampoulées (gros plans, ralentis, musique et bruitages assourdissants, monologues surjoués). Pas de personnages, pas de scénario, aucune cohérence visuelle, aucun sens du rythme (merci encore pour la douloureuse première partie, une sorte de résumé des épisodes précédents qui s'étale sur 25 minutes) : Blanche-Neige est un navet de guerre. Et sa méchante Reine est le canon du ridicule. Changeant de robe d'une scène à l'autre à l'instar des stars de Rn'B en concert, Verena aime crier soudainement en ouvrant grand les yeux, soupirer au ralenti, gigoter puis se figer et se regarder dans le miroir en mode « Are you talkin' to me ? ». Son plan machiavélique est de faire absolument n'importe quoi sans jamais réfléchir. Elle tue des gens en ouvrant grand les yeux (généralement elle crie aussi à ce moment-là), se baigne dans du lait ou se vautre dans du goudron (mais là elle ferme les yeux quand même), et mange de la viande crue parce que c'est dégueulasse (elle parle doucement puis se remet à crier, elle est un peu à cran). Surtout, surtout, elle ne fait rien que d'embêter Blanche-Neige alors même que le spectateur serait prêt à tuer lui-même cette princesse neurasthénique. Kirsten Stewart joue une femme en constat état de choc, on salue ses efforts – vains – pour transpercer la nullité de sa rivale : ses yeux sont des seaux d'eau, elle crie un peu à la fin mais, bon, tout le monde s'est endormi depuis longtemps.

On notera que le seul nain qui meurt est roux. Et, en plus, c'est raciste…

 

BN et le chasseur 2

Colère froide

BN et le chasseur 3 Inspiration  

 

 

BN et le chasseur cri

Crise de nerfs

 

nolan

 

Blanche-Neige et le Chasseur (Rupert Sanders, 2012)

Partager cet article

Commenter cet article

Benjamin 22/03/2015 19:43

C'est très fade, ça c'est sûr mais pour Charlize Theron, comme les camarades précédents, je t'ai trouvé vraiment très très et encore très méchant. Et puis elles sont très bien ses robes... même en lait ou faites avec des petits os de rongeurs (j'ai noté ça aussi). Disons que c'est le seul personnage que je vois un peu exister (c'est parce que c'est elle qui hurle le plus fort me diras-tu). En revanche, si elle a eu un Oscar pour ce rôle, c'est peut-être un peu abuser, pour les artisans aux décors ou costumes je veux bien, mais pas les acteurs... Ou le p'tit roux alors.

nolan 24/03/2015 23:04

Ah non, elle n'a pas été récompensée. Je pensais que le monde entier avait oublié ce film et là boum, que vois je ?! Un article dans la Kino. Que je vais aller lire derechef

stress ball 02/06/2014 14:22

For me, this Snow White is Alice in darkness. A very funny article!! The photos of Cold anger, Inspiration, Attack of nerves are really impressive. I think this is a really good theatric work. Good entertainment provider.

Félix 15/07/2012 12:29


Ahah, ça doit être terrible !

Bon, je viens de lire ta chroniqCHRISTOPHE LEFEVRE 07/07/2012 21:17


Pour moi, ce Blanche neige, c'est Alice au pays des ténèbres... J'en étais sorti un peu moins méchant que toi... Mais j'ai décidé de laisser un peu de temps avant d'écrire mes chronique. Et avec
le recul, je me rend compte qu'il ne me reste que peu de chose de ce film, si ce n'est ses emprunts à ses moèdles, que tu cibles fort bien... Je regrette, étant un peu sadique, que Kristen
Stewart ne soit pas d'avantage souillée dans ce film. Je lui en aurait fait baver un peu plus Bon, je vais m'y mettre
demain à cette critique !

nolan 08/07/2012 20:12



Oui mais tu as eu raison d'écrire tout le bien que tu penses de Faust en priorité. Blanche Neige peut attendre



Flow 04/07/2012 15:49


Oh t'es dur! Après je dis ça mais je me suis endormi bien que Theron soit très drôle.

nolan 04/07/2012 23:35



Je suis dur parce que je suis capable de pardonner beaucoup de chose à un film d'action surtout avec Charlize Theron dedans. Mais quand c'est impardonnable, je cartonne. Bon, c'est aussi parce
que c'est le principe de la rubrique de se moquer, ce qui implique parfois un peu de mauvaise foi - mais pas cette fois - et un peu de méchanceté. 



.obbar-follow-overlay {display: none;}