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Blue Valentine

1 Juillet 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Nous ne fûmes que peu séduits par Blue Valentine qui raconte tout à la fois la dislocation d’un couple et sa formation. A la recherche d’un fort réalisme, le film est inutilement bavard et se repose presque exclusivement sur la performance des acteurs. Ce qui finit par lasser… 

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Raconter un couple qui se disloque n’a rien d’original et, peut-être, ce point a été sous-estimé par le réalisateur, Derek Cianfrance, spécialisé jusqu’ici dans le documentaire. On pense parfois au cinéma de John Cassavetes et sans doute les influences de l’auteur et de ses deux acteurs principaux (également producteurs) proviennent d’un certain cinéma américain des années 70 aux aspects documentaires appuyés cherchant la vérité en filmant des tranches de vie de nos congénères et privilégiant le jeu de l’acteur. Pourtant, c’est au récent Les Noces rebelles (Sam Mendes, 2008) auquel on ne manque pas de rattacher le film tant Blue Valentin e se présente comme une sorte de faux-jumeau de celui-ci (peut-être aussi le film de Mendes est-il plus frais dans notre cerveau). Ce dernier était un mélodrame respectant les codes hollywoodiens, jouant sur la mise en abyme les personnages de Titanic (James Cameron, 1997) en recréant le couple Léonardo Di Caprio – Kate Winslet. Le film était bien construit (presque trop bien diront ses détracteurs qui n’y voient un général qu’un mélodrame sans saveur) et d’une noirceur extrême. Mendes en fit même une sorte de variation positive avec le très décevant Away We go (2009).

 

 

blue-valentine.jpg"Alors, c'est un pédophile et un petit garçon qui vont dans les bois ..."

(Michelle Williams et Ryan Gosling)

 

Blue Valentine raconte donc, comme Les noces rebelles, l’échec d’un couple, se déchirant lorsque la femme prend conscience du ratage de sa vie, de la prison dans laquelle elle se trouve lorsque l’amour disparaît et que la réalité nous montre que la vie prend la forme d’un cul-de-sac. Entre les scènes durant lesquelles le couple tente vainement de se reconstruire, s’insèrent des flashbacks qui racontent la rencontre et la naissance de leur amour. Mais de cette bonne idée, Derek Cianfrance n’est sort pas grand-chose à moins qu’il n’ait jamais vu aucun film de sa vie, auquel cas son discours a du lui paraître assez profond : il y a les regrets, il y a le bébé, il y a la sexualité qui se fane… Il y a ces longues scènes durant lesquelles les acteurs se débattent dans un verbiage inutile pour rappeler que la vie est aussi parcourue d’oiseux débats vite oubliés. Nous préférons alors la vision hollywoodienne de Mendes qui entre dans le vif du sujet, cherche à aller à l’essentiel basculant dans le spectaculaire avec un personnage tiers (Michael Shannon), réjouissant dépressif, incarnation de la mauvaise conscience des personnages (et petite facilité scénaristique pour ne pas perdre le spectateur). Alors que Cianfrance nous fait les gros plans, l’image un peu sale pendant que les acteurs performent et le spectateur s’endort. Pire, ce dernier pourra ressentir une pointe d’agacement devant ce déballage et commencer à trouver Dean (Ryan Gosling) vraiment lourd et Cindy (Michelle Williams) vraiment bête. Aussi regrettons-nous qu’ils se soient mariés ;  le film n’a donc pas tout raté. Mais nous ne manquons pas de nous demander, le film se voulant réaliste, pourquoi avoir intégré le personnage du quaterback (Mike Vogel sauf qu’ici, il est lutteur mais c’est pareil), toujours aussi musclé, stupide et méchant et qui fut le premier amour de Cindy ?

Remarquons tout de même qu’au cours des inintéressantes discussions de notre couple, il y a une des meilleures blagues pédophiles du monde, qui semble sincèrement cueillir Ryan Gosling (certaines scènes étant improvisées, cela rendrait la chose possible ; on a même cru entendre rire l’équipe technique).

 

nolan

 

Note de nolan : 1

 

Blue Valentine (Dereck Cianfrance, 2010)

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Benjamin 05/05/2014 23:34

Et bien moi j'ai marché sur Blue Valentine, pas de verbiage, pas d'ennui, une construction intéressante, pas géniale mais intéressante. Marrant que le film de Mendès revienne souvent dans les critiques de celui de Cianfrance, moi il ne me vient pas d'abord à l'esprit.

Antoine 07/07/2011 12:39



A nolan : Bon, bah, merci alors.


A Julien: C'était juste une réflexion d'ordre général. Je ne peux pas juger de ce que cela change (ou pas) sur ledit film, ne l'ayant pas vu. Mais ça peut avoir une influence, je l'admets. Même
si, dans la plupart des cas, ce n'est pas pour moi d'une grande importance.



Julien 07/07/2011 08:19


Antoine : c'est simplement évident. Ce film est le fruit d'une lente maturation, d'un projet commun qui lie son réalisateur et ses acteurs. Le résultat saute aux yeux. Je me suis renseigné après
avoir vu le film, j'ai senti cette alchimie. Après, je l'ai écrit, ce n'est pas toujours (ou forcément) un gage de qualité.


Antoine 07/07/2011 01:41



Salopard, salopard... Faut rien exagérer non plus. Ce qui est terrible, c'est que de brillants féministes (aucune ironie là-dedans), en s'attachant au concept de genre, reconstruisent des
identités assignées qu'ils disent combattre et produisent une pensée, non pas aussi pauvre, mais aussi limitative que celle d'un imbécile comme Sardou.


Donc redisons-le une fois de plus : je suis un homme parce que j'ai un chromosome X et un chromosome Y ; je suis blanc parce que c'est la pigmentation de ma peau ; je suis un Français parce que
c'est marqué sur ma carte d'identité ; je suis hétérosexuel parce quelques (rares) femmes provoquent chez moi une excitation sexuelle ce qui n'est le cas d'aucun homme ; je suis daltonien parce
que mes gênes sont pourris ; j'ai mal à la cuisse parce que j'ai trop marché (mais ça ne devrait pas durer) ; etc. Et rien de tout cela ne me définit au-delà des quelques caractéristiques
directes que cela représente - ce qui fait fort peu. Je ne sais pas du tout où est mon identité mais certainement pas dans la couleur de ma peu ou ma nationalité... Enfin, bon.


Sinon, je n'ai jamais vu non plus de film de Sirk (ce qui m'étonne), non plus que Team America. Par contre, au niveau Kurosawa et Murnau, j'en ai vu nettement plus que toi.



nolan 07/07/2011 09:03



Il s'agit d'un "salopard'' tout à fait amical.



nolan 07/07/2011 00:06



Julien, on est d’accord sur le désaccord au moins. J’espère que vous écrirez de nouveau sur les films sur Casaploum.


Ah, ah, Antoine – salopard – je savais que j’étais « vannable » sur les raisons sexuelles (merci Julien d’avoir été plus clément) et tu ne m’as pas loupé. Effectivement, tu as raison et
ce d’autant plus que je voulais parler d’elle en tant qu’être à part entière et non son désir d’être une femme pour paraphraser Michel Sardou ou le magasine Elle. Au temps pour moi.


Quant à ma culture cinéphile, avec tous les blogs que je lis, j’ai un peu le vertige. Quant tu lis le blog de Bertrand Tavernier, tu as l’impression de ne rien connaître. Tu sais que je n’ai vu
aucun Douglas Sirk, deux Murneau et trois Kurosawa ? Par contre, j’ai déjà vu trois fois Team America : World Police.



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