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Clones

3 Novembre 2009 , Rédigé par Ran Publié dans #Critiques de films récents

Si ce film de science-fiction aborde des thèmes fondamentaux, il ne fait que les effleurer. C’est certes sa limite mais également sa principale qualité car Clones est, au final, un film de divertissement plus qu’honnête.
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Bruce Willis

 

Que dire de ce film de science-fiction ? Qu’il aborde une multitude des plus grands problèmes d’aujourd’hui et des thèmes les plus importants de l’histoire du cinéma. Soit, en vrac : notre tendance actuelle à vivre dans le virtuel ; notre dépendance à la technologie ; notre volonté de rester éternellement jeune et beau (ce qui est le problème du cinéma qui compose un monde rêvé où la plupart des acteurs gardent – trop longtemps – un physique agréable) ; le rapport au corps dans un monde désincarné ; un monde dominé par une multinationale surpuissante… Mais ces thèmes – bien qu’ils donnent un certain fond au film (en renvoyant, je le répète, notamment à ce qui est le principe même du cinéma et en mobilisant, avec Bruce Willis, une star vieillissante) –, le film ne fait que les effleurer. Et, paradoxalement, c’est sans doute là sa principale qualité.

En effet, loin de s’approcher de Boulevard du crépuscule (Billy Wilder, 1950), de Blade Runner (Ridley Scott, 1982) – auquel il fait néanmoins un peu penser – ou même, pour citer un exemple plus récent et moins classique, à Paprika (Satoshi Kon, 2006) – Clones n’approfondit aucune de ces problématiques. C’est que Jonathan Mostow est loin d’être un génie du cinéma ou un grand moraliste. Mais il connaît (et reconnaît) ses limites qui sont celles – il l’avait déjà montré, en 2003, avec Terminator 3 –, d’un bon faiseur. Ce n’est déjà pas si mal et il se contente de faire un film de divertissement qui, s’il n’évite pas quelques défauts (baisses de rythme, phases de pure guimauve, tunnels narratifs) reste de fort bonne facture et ce notamment parce que sa courte durée (moins de quatre-vingt-dix minutes) lui évite de trop s’appesantir sur des idées que son auteur ne maîtriserait pas.

Personnellement, de cette modestie et de ce moment de détente – même si le cinéma est, pour moi, loin de se résumer à cela –, je sais me contenter. Je conseille d’ailleurs à quelques réalisateurs peu doués de suivre l’exemple de Jonathan Mostow. Ainsi, McG, qui dans Terminator Renaissance (2009), nous inflige une consternante réflexion sur la nature christique de son héros et surtout Yann Moix – dont il paraît qu’il n’a pas hésité à transporter Franck Dubosc dans une scène de l’Aurore (Friedrich Wilhelm Murnau, 1927) dans le récent Cinéman (2009) – seraient bien inspirés de jeter un coup d’œil sur ce bon produit de série qu’est Clones.

 

Ran

 

Clones (2009) de Jonathan Mostow


Note de Ran : 2

Note de nolan : 1

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