Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 09:00

Comédie de facture assez classique, El Chino ne suscite ni ennui ni débordement d’enthousiasme. Evitant l’écueil du sentimentalisme, le film repose avant tout sur le personnage du grincheux Roberto, fort bien interprété par la star argentine, Ricardo Darin

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  El ChinoRicardo Darin

 

Roberto (Ricardo Darin) est un quincailler argentin particulièrement grincheux et solitaire. Aussi refuse-t-il l'amour de Mari (Muriel Santa Ana), fermière célibataire, qui lui fait du gringue lors de son passage à Buenos Aires. Ce n'est pas tant qu'il n'éprouve rien pour elle mais partager l’existence d’un autre le révulse profondément. Ses relations les plus intimes se limitent à vivre dans le souvenir de son père, décédé alors que Roberto se battait contre les Anglais, et de sa mère, qu'il n'a jamais connue, morte en couches. Or, l'irruption du Chinois Jun (Ignacio Hung), qui ne parle pas la langue espagnole, va provoquer un dérèglement dans la vie monotone et répétitive du petit commerçant.

Les scènes comiques sont toutes portées par Roberto : ses colères contre – en vrac – les fabricants de vis, les clients pointilleux, les frites congelées, les fonctionnaires (forces de l'ordre comme technocrates), ... constituent un ressort humoristique qui jamais ne faiblit. Les interprétations toutes personnelles qu'il fait de faits divers absurdes qu'il découvre dans les journaux et dont Jun est l'un des acteurs constituent aussi d'agréables moments. Jun, s'il est parfois maladroit, n'existe que comme catalyseur/déclencheur de l'humeur de Roberto. A la recherche de son oncle, le Chinois est inoffensif, sympathique et complètement perdu dans la capitale argentine. Quant à Roberto, qui l'accueille chez lui, il est prisonnier de ses contradictions : malgré sa forte envie de voir le petit Asiatique disparaître de sa vie, il ne peut se résoudre à l'abandonner.

Evidemment, le personnage de Roberto est appelé à évoluer mais le film choisit de ne pas montrer une progression : le quincaillier n'a pas un mauvais fond, il refuse la communauté certes, mais n'agit jamais mal. Aussi, le seul enjeu est celui de l’acceptation de l’altérité. Souhaitant éviter toute démagogie, El Chino ne délivre aucun message universel et ce n'est qu'à sa toute fin que le héros ouvrira (un peu) son cœur et à un nombre très réduit de personnes.

Mais ce n'est clairement pas ce qui intéresse l'auteur dont l'unique objectif est de nous faire passer une heure et demie avec un personnage dont le mauvais poil rappelle, dans ses meilleurs moments, le Depardieu des films de Veber ; se dégage alors un mélange de sourire, celui qui se déclenche face à cette impayable mauvaise foi et de soulagement que le spectateur ressent lorsque Roberto explose face aux comportements obtus.

 

nolan

 

Note de nolan : 2

 

El Chino (Sebastiàn Borensztein, 2011)

Par nolan - Publié dans : Critiques de films récents
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De son cœur le vampire

 

«  Je suis de mon cœur le vampire,

– Un de ces grands abandonnés

Au rire éternel condamnés,

Et qui ne peuvent plus sourire ! »

Charles Baudelaire, L’héautontimorouménos (extrait)

Le cinéma est l’art du XXe siècle mais un art vampire ; vampire des autres arts devenu, avec le temps, celui de son propre cadavre… Et le vampire est son héros (son mythe ?) principal.

Ces textes et notes lui sont dédiés.

Antoine Rensonnet (Ran)

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