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Exposition Metropolis à la cinémathèque française

20 Octobre 2011 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Textes divers

Après celle, événement, consacrée à Stanley Kubrick, la cinémathèque présente une petite exposition de transition autour de Metropolis de notre cher Fritz Lang. Manquant par trop d’ampleur, elle n’est pas indispensable, recelant quelques pépites, elle n’est pas inintéressante.

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EM 1Affiche de l’exposition Metropolis (Fritz Lang, 1927)

à la cinémathèque française (19 octobre 2011 au 29 janvier 2012)

 

Une exposition de transition. Après, celle, événementielle et fastueuse consacrée à Stanley Kubrick, la cinémathèque plonge dans ses (riches) fonds pour proposer de redécouvrir Metropolis (1927)[1] et, surtout, « habiller » une rétrospective de l’œuvre de son auteur, Fritz Lang. Celle-ci nous passionnant – nous y sommes longuement revenus – et le film dont il est question étant, sinon un de ses plus grands chefs-d’œuvre, du moins une de ses pièces-maîtresses qui, au gré d’une histoire plus que tortueuse, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination, un nouveau détour par la rue de Bercy s’imposait naturellement. Pour en ressortir, non point vraiment déçu, mais légèrement désappointé. Si Metropolis, quel que soit ses limites, impressionne tant, c’est, avant tout, par son monumentalisme. Or, coincée dans un bien étriqué et quelque peu lugubre septième étage aux petites salles (chacune montrant l’une des facettes de l’imagerie multiple du film) et couloirs étroits, l’exposition ne permet guère d’appréhender la puissance cinématographique de l’œuvre. Au contraire, elle tend à la limiter. Premier écueil. Il y en a d’autres : Metropolis n’entre jamais en résonance avec le reste de la filmographie langienne[2], ni même vraiment avec l’époque, véritable bain bouillonnant culturel, dans laquelle il s’insère (or, sa particularité est bien de brasser les styles[3], souvent pour le meilleur, et les messages, parfois pour le pire, les plus divers) alors que sa postérité, immense, n’est jamais directement évoquée. Bref, hors un rappel, un peu bref, des complexes épisodes de sa restauration, rien de ce qui fait la démesure et a construit la légende de Metropolis ne ressort véritablement de cette mini-exposition. Au point que celui qui découvrirait le film ne comprendra peut-être pas ce qui justifie que l’on s’y attardât à ce point. Reste tout de même que la cinémathèque possède, dans ses cartons (grâce notamment au patient travail de Lotte Eisner), quelques trésors, pas vraiment inconnus (pour qui a visité l’exposition, autrement dense, sur l’expressionnisme allemand à l’automne 2006 ou fréquente, de temps à autre, la collection permanente) mais que l’on retrouve avec plaisir. L’iconographie est riche, avec nombre de photographies de tournage, plusieurs écrans permettant de revoir des séquences célèbres, et, en point d’orgue, les magnifiques dessins d’Erich Kettelhut ou d’Otto Hunte. Evidemment on retrouve aussi la fameuse statue de la femme-robot. Qui, depuis plus de quatre-vingt ans, hante le panthéon cinématographique.

 

EM 2La femme-robot dans Metropolis

 

Antoine Rensonnet



[1] Dont la version (presque) complète a été retrouvée en 2008.

[2] Il est vrai qu’il n’est pas, au-delà de l’opposition horizontale sur laquelle se construit le film, très représentatif tant par ses thèmes, ses thèses ou son esthétique, de l’œuvre du réalisateur.

[3] A ce titre, dans les extraits proposés, nous avons pu constater combien Lang s’inspirait parfois, dans ses choix de montage, du cinéma soviétique contemporain. Ce qu’il ne fera plus guère dans la suite de sa carrière préférant un certain classicisme.

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