Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Exposition Stanley Kubrick

9 Mai 2011 , Rédigé par Ran Publié dans #Textes divers

Invités que nous étions, nolan et moi, à l’exposition-événement consacrée à Stanley Kubrick par la cinémathèque française, nous nous y sommes rendus avec d’autant plus d’envie et d’intérêt que cet auteur constitue l’une de nos plus grandes références. Compte-rendu, donc, de cette manifestation, aussi attendue que réussie.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Exposition Stanley Kubrick à la cinémathèque française (du 23 mars au 31 juillet 2011)

 

ESK-1.jpgAffiche de l’exposition Stanley Kubrick

à la cinémathèque française (23 juillet au 31 juillet 2011)

inspirée de celle d’Orange mécanique (1971)

 

Très attendue, l’exposition consacrée à Stanley Kubrick (1928-1999) fait enfin, après avoir connu des destinations diverses, étape à la cinémathèque française et constitue un événement incontestable. Elle fut d’autant plus complexe à monter que l’endroit, agréable mais exigu, se prêtait difficilement à une exposition d’une telle ampleur. Deux étages ont ainsi dû être mobilisés alors que des choix forcément douloureux ont dû être opérés. Le parti-pris, évidemment facilité par le nombre restreint d’œuvres du maître (treize longs-métrages seulement en près de cinquante ans), est d’envisager la carrière de l’auteur par ordre strictement chronologique soit en la traitant film par film tout en ménageant à la fin une place aux projets non aboutis (Napoléon Bonaparte, Aryan Papers, A.I. Intelligence artificielle finalement confié à Steven Spielberg qui le signa en 2001, soit deux ans à peine après la mort de Stanley Kubrick). Cela a deux implications qui engendrent d’inévitables (mais fort acceptables) frustrations. D’une part, pour des raisons « scénographiques » et notamment pour qu’entre les différents lieux de l’exposition, le son d’un extrait ne vienne point trop gêner celui d’un autre, les commissaires ont été amenés à privilégier certains films par rapport à d’autres. Sans surprise, 2001, L’Odyssée de l’espace (1968) occupe la place centrale. Bénéficient également d’un superbe traitement Lolita (1962),  Docteur Folamour (1964), Orange mécanique (1971) et Shining (1980) – même s’il faut, dans ce dernier cas, bien faire attention à ne pas rater l’une des pièces consacrées au film. A l’inverse, des chefs-d’œuvre comme Barry Lyndon (1975), Full Metal Jacket (1987) et  Eyes Wide Shut (1999), sans être tout à fait négligés, n’ont pas droit à un très grand espace. Mais, on comprend aisément qu’il n’était point possible de faire plus sans nuire à la clarté d’ensemble de l’exposition. D’autre part, aucune place (si ce n’est au travers d’un documentaire, à demi-convaincant seulement, sur la musique) n’est laissée à la présentation et à l’analyse thématiques de l’œuvre de Stanley Kubrick qui, pourtant, s’y prête fort bien, choix un peu surprenant d’autant que « l’exposition virtuelle » présente sur le site internet de la cinémathèque est construite sur cette base (elle complète donc utilement la « véritable » exposition). Pareillement, la postérité, aussi problématique qu’importante , de Stanley Kubrick est ignorée. C’est peut-être d’ailleurs là le manque majeur de cette exposition – donc le principal grief que l’on peut lui faire.

 

ESK-2.jpgEléments de décors originaux d’Orange mécanique présents à l’exposition

 

Malgré ces quelques remarques, il n’en reste pas moins qu’on a ici à faire à une vraie réussite et à un superbe hommage à un réalisateur majeur. Extrêmement claire (notamment grâce aux courts panneaux qui se chargent de présenter chaque film), parfaitement précise et d’une grande richesse, cette exposition se révèle tout à fait accessible au spectateur qui ne connaîtrait guère l’œuvre de Stanley Kubrick. Quant au kubrickophile averti, il y trouvera, lui aussi, largement son compte, sa curiosité et son fétichisme, des maquettes de 2001, L’Odyssée de l’espace aux masques d’Eyes Wide Shut en passant par le labyrinthe de Shining ou d’impressionnantes collections de photographies, de costumes et de documents originaux les plus divers, étant satisfait et s’il n’apprendra, en définitive, que peu de choses qu’il ne sache déjà, sa fascination pour les méticuleuses méthodes de travail de son auteur chéri en sortira encore un peu plus renforcée (et les mystères qui entourent Kubrick ne seront, eux, point levés – ce qui ne dérangera guère car les mythes se doivent, parfois, d’être préservés). Tout juste regrettera-t-il que certains extraits de films, qu’il connaît, forcément, par cœur, soient parfois coupés un peu trop tôt. Mais cela reste de l’ordre du détail et ne gâche nullement son plaisir. Bref, il y en a pour tous (sauf à être anti-kubrickien primaire, bien sûr) et on ne peut que conseiller, si cela n’est déjà fait, de faire un (assez long) détour par cette très belle exposition.

 

ESK-3.jpgAffiche de l’exposition Stanley Kubrick

inspirée de celle d’Eyes Wide Shut (1999)

 

Ran

 

Spécial Kubrick sur De son cœur le vampire

Partager cet article

Commenter cet article

.obbar-follow-overlay {display: none;}