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Fargo (1)

23 Janvier 2011 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films anciens

Fargo ; retour – en deux parties, une nouvelle fois – sur ce chef d’œuvre de l’absurde des frères Coen, véritable mécanique de précision dans laquelle s’affirme toute la vision du monde, acide et pleine d’humour noir mais non pas cynique, des deux auteurs.

 

Spécial Coen

 

Fargo (Joel et Ethan Coen, 1996) – Première partie

 

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Affiche de Fargo (Joel et Ethan Coen, 1996)

 

Après deux premiers films (Sang pour Sang en 1984 ; Arizona Junior en 1987) qui les avaient imposés comme des auteurs qui comptaient, deux chefs d’œuvre consécutifs, Miller’s Crossing (1990) et Barton Fink (1991), très célébrés – et dont il fut dans ces colonnes précedemment question –, qui avaient posé toutes les bases ou presque d’un univers très riche et d’un style particulier et les avaient élevés parmi les réalisateurs américains majeurs de la fin du XXe siècle puis un opus mineur mais non dénué d’intérêt (Le Grand saut en 1994), la sixième œuvre des frères Coen, Fargo (1996) confirme tout le bien que l’on pensait de ceux-ci. On retrouve là leurs principales thématiques alors qu’ils  affichent une maîtrise de tous les instants et affirment leur si étonnante vision du monde. Retour donc sur ce film inclassable, véritable chef d’œuvre de l’absurde.

 

Fargo – constantes et enrichissements d’un univers

 

F 2

Marge Gunderson (Frances McDormand)

 

On remarquera, geste désormais classique, que le film se déroule dans un passé proche puisqu’un carton d’introduction, sur lequel on reviendra plus loin, nous annonce que le film narre une histoire vraie (ce qui est faux…) s’étant déroulée dans le Minnesota en 1987. Toutefois, il ne s’agit pas cette fois-ci de resituer le film dans un passé de cinéma afin de mobiliser les références du spectateur comme cela était le cas dans Miller’s Crossing et Barton Fink. Du point de vue strictement diégétique, le carton est inutile mais il crée, et on retrouve en cela la même idée que dans les films précedemment évoqués, une ambiance. Par ailleurs, Fargo n’est pas centré sur un héros unique contrairement à Miller’s Crossing avec Tom Regan (Gabriel Byrne) et Barton Fink avec Barton (John Turturro). On pourra, par contre, sans peine désigner deux personnages principaux, Jerry Lundegaard (William H. Macy), directeur commercial d’une affaire de vente de voitures, et Marge Gunderson (Frances McDormand), une agente de police. Ces deux héros ne font d’ailleurs que se croiser et seules deux courtes séquences les réuniront. Par ailleurs, ils sont l’un et l’autre absents de nombre d’entre elles – dans lesquelles on suit la plupart du temps la trajectoire de deux voyous de bas-étage, Carl Showalter (Steve Buscemi) et Gaear Grimsrud (Peter Stormare) – de sorte que Fargo est un film sans centre réel. Cela permet aux frères Coen de créer toute une galerie de personnages qui disposent de leur autonomie puisqu’ils ne sont pas directement liés à un personnage référent. Aussi la quasi-totalité des figures qui peuplent leur univers est ici réunie. N’en déduisons toutefois pas que Fargo est un film choral car si chaque personnage  dispose d’un espace propre, le film n’est en rien une suite de performances d’acteurs (même si chacun d’entre eux se montre excellent). Il obéit ainsi à un découpage très précis – qui offre au spectateur, à l’exact opposé de Miller’s Crossing, l’occasion d’en savoir toujours plus que les différents protagonistes, lui seul disposant d’une vue d’ensemble sur la situation – qui permet l’enchaînement sans temps morts des différentes scènes.

 

F 3

Jerry Lundegaard (William H. Macy)

 

Revenons donc sur quelques-uns de ces personnages. Il y a d’abord Jerry Lundegaard, héros qui souhaite changer de vie en montant une florissante affaire de parking. N’ayant pas les fonds nécessaires, il fait enlever, par Carl et Gaear, sa femme Jean (Kristin Rudrüd) – situation qu’on retrouvera d’ailleurs, traitée très différemment, dans le film suivant des frères Coen, The Big Lebowski  (1998) – afin que son riche beau-père et patron, Wade Gustafson (Harve Presnel), paie une rançon d’un million de dollars. On retrouve là un homme en quête d’indépendance qui veut échapper à la médiocrité – à la nullité même – de son existence. Il affiche ainsi les caractéristiques, comme plus tard Ed Crane (Billy Bob Thornton) dans  The Barber (2001) – qui, lui aussi aura recours au chantage –, d’un héros de film noir. Logiquement, son plan est extraordinairement mal conçu et donc voué à un échec qui lui est consubstantiel. Ainsi n’aura-t-il pas l’argent alors que sa femme sera tuée et qu’il sera arrêté par la police. Trajectoire pathétique que celle de ce Jerry Lundegaard, héros velléitaire qui s’est lancé dans une aventure qui le dépasse, qui jamais ne maîtrise quoi que ce soit – ainsi arrive-t-il en retard à son rendez-vous initial avec Carl et Gaear et éprouve-t-il toujours les plus grandes difficultés à s’exprimer et s’expliquer clairement. Il fournit donc un nouvel exemple de ces héros coeniens qui cherchent à s’emparer du scénario du film. Et, un peu comme Ed Crane – même si l’échec de celui-ci fera l’objet d’un traitement bien plus dramatique –, à l’exact opposé d’un Tom Regan, il n’y arrive absolument pas.

 

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Gaear Grimsrud (Peter Stormare), Carl Showalter (Steve Buscemi)

et Jean Lundegaard (Kristin Rudrüd)

 

Il y a ensuite ces deux petits bandits, Carl et Gaear. Assurément, il s’agit là de véritables minables, incapables eux aussi d’accoucher d’un quelconque plan cohérent et qui n’ont, devant l’accumulation de leurs problèmes, comme solution que de tuer (ils commettront, à eux deux, cinq crimes au total dont le meurtre de Carl par Gaear). Leur couple détonnant forme d’ailleurs un excellent duo comique. Ainsi, le premier, Carl, « le petit avec un drôle d’air » comme diront plusieurs personnages, véritable obsédé sexuel (notons que les frères Coen, à l’inverse de ce qu’ils avaient fait dans Miller’s Crossing et Barton Fink, y trouveront le prétexte à tourner quelques scènes de sexe – traitées, bien au contraire, sans érotisme aucun) ne cessant de parler pour ne rien dire, appartient, lui aussi, à ces perdants, la preuve en étant fournie par la fortune qu’il enterre et dont il ne jouira pas (idée que l’on retrouvera dans No Country for Old Men en 2007) et par sa mort, son corps étant passé dans une broyeuse par son complice. Ce dernier, comme Eddie le Danois (J.E. Freeman) dans Miller’s Crossing, Charles Meadows (John Goodman) dans Barton Fink et plus tard Anton Chigurh (Javier Bardem) dans No Country for Old Men, appartient à ces personnages dotés d’une aura diabolique, impression renforcée par son imposante stature et son permanent mutisme qui contraste avec le débit logorrhéique de son partenaire. Quoiqu’insondable et dénué de toute morale, cette grande brute n’en est pas moins une figure de la mort incarnée profondément risible passant son temps à manger, à fumer et à regarder des programmes télévisés stupides. Aussi son intelligence, à l’inverse de sa dangerosité, semble-t-elle aussi limitée que celle de son partenaire et, pour lui aussi, l’échec est au rendez-vous avec une inévitable arrestation finale. Il faut également évoquer Wade Gustafson, le beau-père de Jerry Lundegaard, homme d’affaires toujours flanqué de son conseiller Stan Grossman (Larry Brandenburg), aussi décidé que son gendre est pusillanime. Mais pour cet homme à qui jusqu’ici tout a réussi – sauf peut-être le mariage de sa fille… –, la catastrophe va arriver et, en voulant récupérer sa fille enlevée, il mourra sous les balles de Carl. Curieusement – au vu de la caractérisation des protagonistes précedemment présentés –, il s’agit sans doute du seul personnage très nettement antipathique dans Fargo et ce, sans aucun doute, parce qu’il représente le monde du grand capital. En ce sens, il annonce le grand (ou le vrai – qu’il ne faut pas confondre avec le héros incarné par Jeff Bridges) Lebowski (David Huddleston) de The Big Lebowski.

 

F-C.jpg

Marge Gunderson

 

On passera sur les autres personnages secondaires dont certains ne manquent pourtant pas d’intérêt – l’indien Shep Proodfoot (Steve Reevis), repris de justice qui travaille dans le garage de Jerry Lundegaard et a joué un rôle dans le plan de celui-ci, l’ancien condisciple de Marge, Mike Yanagita (Steve Park), mythomane sortant d’un asile psychiatrique ou encore le fort peu efficace agent de police Olsson. Notons cependant qu’ils montrent tous à quel point les frères Coen savent créer un personnage en quelques plans ou séquences. Aussi participent-ils tous du monde si spécifique de Fargo et s’intègrent parfaitement à l’univers cohérent (de par son incohérence…) du film renforçant sa dynamique, son rythme et son efficacité. Il faut, par contre, s’arrêter un temps sur l’autre, avec Jerry Lundegaard, personnage principal de l’œuvre, Marge Gunderson qui n’entre en scène qu’au bout d’une demi-heure. Etonnante héroïne que voilà en vérité ! Elle apparaît, en effet, comme complètement détachée des événements dramatiques auxquels elle est confrontée. Ainsi, elle réagit d’un simple « Oh ! Mince ! » à l’annonce de la mort de l’un de ses collègues (James Gaulke) et ne se montrera guère plus émue quand elle se rendra sur les lieux de la tuerie et y découvrira trois corps, son vomissement n’étant lié qu’au fait qu’elle est enceinte. Presque extérieure à l’intrigue, elle ne se montre pas moins parfaitement consciencieuse dans son travail. Ne cessant de manger, elle semble n’aspirer qu’à une vie « normale » et forme avec son mari Norm (John Carroll Lynch), policier comme elle et dont la grande passion est la peinture animalière, un couple très heureux mais celui-ci – c’est peu de le dire… – ne fait guère rêver. Elle est donc, dans sa banalité, très éloignée des héros coeniens classiques à ceci près que ce personnage, qui, a priori, n’a aucune dimension fantastique, se montre si efficace dans son enquête (et non dans la vie en général comme le montre son entrevue avec Mike Yanagita) qu’elle finit par rejoindre ces héros qui, comme Tom Regan ou Anton Chigurh, possèdent une domination presque surnaturelle des éléments et de l’espace qui les environnent. Cependant, elle ne dispose pas du charisme du premier ou de l’aura du second. Aussi la leçon qu’elle tire de cette histoire semble-t-elle assez lénifiante puisqu’elle se contente de dire (à raison, certes) à Gaear après l’avoir arrêté : « La vie vaut plus qu’une poignée de billets (…). Je n’arrive pas à comprendre. » Sans doute, cela ne correspond-t-il pas vraiment à la vision du monde, infiniment plus décalée, des deux auteurs. Ceci dit, ils ne ridiculisent nullement Marge et s’ils portent sur l’ensemble des personnages, tous un peu stupides et pour certains carrément délirants, mis en scène dans Fargo, un regard à la fois sans concessions et ironique, ils observent aussi ces hommes et ces femmes sans véritable cruauté et une certaine forme de tendresse à leur égard semble même émerger. Tout ceci laisse penser que leur morale n’est pas vraiment celle exprimée par Marge mais plutôt qu’elle est, dans un univers dans lequel la norme n’a aucun sens, si ce n’est totalement absente du moins profondément, on y reviendra plus loin, absurde. Remarquons d’ailleurs que ce constat ne porte en lui aucune forme d’amertume ou de mélancolie (que l’on retrouve dans certaines des plus grandes œuvres des frères Coen comme Barton Fink, The Barber ou No Country for Old Men) et encore moins de cynisme (ce qui constitue peut-être le défaut de Burn After Reading – 2008 – qui est sans doute, par ailleurs, de par son jeu sur le scénario et le découpage, l’œuvre des deux frères la plus proche de Fargo).

 

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Une voiture dans la neige

 

On aura noté que la maîtrise dont fait montre Marge dans son enquête permet également aux frères Coen de revenir sur la thématique spatiale. Ainsi elle retrouve et arrête, presque par hasard, Gaear à la fin du film dans la petite ville où lui et son complice avaient, à contrecœur, élus domicile. Ainsi la domination de l’espace – à l’instar de celle du scénario plus haut évoquée – joue après Barton Fink et avant The Barber, No Country for Old Men ou  A Serious Man (2009) un rôle certain dans Fargo. On retrouve là aussi l’une des constantes de l’œuvre des frères Coen. Le titre fait d’ailleurs directement référence à l’espace (comme quatre autres œuvres du duo : Miller’s Crossing ; O Brother, Where Art Thou ? – 2000 – ; The Barber, L’Homme qui n’était pas là ; No Country for Old Men) puisque Fargo est une petite ville du Dakota du Nord dans laquelle se rencontrent Jerry Lundegaard, Carl Showalter et Gaear Grimsrud dans la première séquence du film. On n’y restera pourtant pas et le reste de l’œuvre sera situé dans plusieurs villes du Minnesota notamment Brainerd (et sa ridicule statue géante qui marque l’entrée de la ville) et Minneapolis. Dans ce film, tout n’est donc que déplacements d’une ville à l’autre, les scènes montrant un personnage en train de conduire étant nombreuses. C’est ainsi au cours d’un banal contrôle routier que Gaear tuera trois personnes. L’intrigue s’emballera alors véritablement – même si l’enlèvement de la femme de Jerry Lundegaard a, au cours d’une séquence assez délirante, déjà eu lieu – et le personnage de Marge pourra alors s’intégrer au film. Les voitures – et on remarquera que Fargo est aussi le nom d’une ancienne marque automobile… – seront ainsi perpétuellement au centre de l’œuvre. Il n’est ainsi pas indifférent que Jerry Lundegaard soit un concessionnaire automobile (qui a justement, pour mener à bien son plan, voler une voiture pour la fournir à Carl et Gaear) dont le désir est de monter une affaire de parking. Rêve d’un personnage qui, comme Barton Fink, est égaré, baladé par les événements (quand bien même il les suscite) et souhaite se fixer ou, plus exactement, se garer… C’est aussi dans un parking que Gaear tuera Wade Gustafson. Mais malgré ces dimensions bien identifiées de l’espace, celui-ci bénéficie d’un traitement quasi-abstrait dans Fargo. L’idée de donner au film le nom d’une ville qui n’y joue qu’un rôle marginal participe d’ailleurs de ce processus. Les frères Coen avaient déjà pratiquement fait de même dans Miller’s Crossing puisque c’est un lieu qui donnait son titre à l’œuvre et qu’il était excentré par rapport à la ville imaginaire (et, en un sens, théorique) dans laquelle se déroulaient les principaux événements. Toutefois, la « dématérialisation » de l’espace du film – dont la domination est pourtant si importante pour les différents protagonistes – est indéniablement poussée à un extrême encore jamais atteint avec Fargo (que l’on retrouvera, dans une certaine mesure, dans No Country for Old Men) puisque tout est, en permanence, recouvert, enseveli, balayé par la neige. Ainsi cette histoire si violente (et drôle) est destinée à être effacée et à ne laisser aucune trace. Et, en quelques magnifiques plans vus du ciel durant lesquels on peut encore apercevoir quelques fourmis humaines dans une vaste étendue blanche, les frères Coen créent des images à même d’illustrer la célèbre formule shakespearienne (écrite dans Macbeth) évoquant « un récit plein de bruit et de fureur (…) et qui n’a pas de sens ».

 

F 6

Gaear Grimsrud

 

Ran

 

Note de Ran : 5

La suite

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Ran 04/02/2011 18:51



Mais j'avais bien compris que tu avais apprécié Le Septième Sceau. J'ai lu ta critique et vu ta note. Après nous sommes d'accord sur le fait que Fargo est nettement plus marrant
(en même temps, ce n'est pas dur car rester de glace devant Fargo traduit, je pense, un certain manque de sens de l'humour alors que pour être écroulé de rire à la vision du Septième
Sceau, il faut être sacrément pervers ). Il ne mobilise d'ailleurs pas vraiment les mêmes références et, même si
j'aime beaucoup Bergman et tout particulièrement ce film, je suis plus à l'aise avec le film noir américain des années 1940-1950 qu'avec la philosophie kiekegaardienne.


Mais, finalement, les deux films ont leur part d'universalité et montrent, à leur manière, l'absurdité de la vie et de la mort (qui, à mon avis, torture moins les frères Coen qu'Ingmar Bergman).
J'arrête là la comparaison car je ne suis pas sûr que l'on puisse beaucoup plus rapprocher les deux films (j'ai d'ailleurs dû écrire dans le présent texte que l'utilisation de noms à consonnance
scandinave dans Fargo ne pouvait se lire comme une référence bergmanienne; quelle coïncidence !). Cela montre, en tout cas combien des oeuvres très différentes peuvent se révéler
d'immenses films.



Marc Shift 04/02/2011 16:50



Mais j' ai bien aimé le septième sceaux!! Je répette c' est l' aspect théâtrale, et pas les thématiques qui m' ont rebuté au début, après l' oeuvre est suffisament forte pour se voir plus
facilement qu' on pourrait le croire, tout le monde est concerné par la vie et la mort, le film est en fait plus universel qu' on pourrait le croire, mais en même temps il est exigeant.....un peu
comme la vie en fait.


Mais c' est vrai que Fargo est beaucoup plus drôle



Ran 04/02/2011 16:25



Désolé (en fait, non, pas vraiment, c'est un peu le but ).


Tu n'as qu'à le revoir et faire une chronique dessus.


PS : J'admets humblement que Fargo, c'est un poil plus accessible que Le Septième Sceau.



Marc Shift 04/02/2011 14:28



C' est malin, vous m' avez donné envie de le revoir, j' ai déjà plein de film à voir, je vais être à la bourre pour mes chroniques.....



Ran 25/01/2011 11:15



Il y a différents temps, c'est certain. Je ne sais plus exactement comment ils sont articulés (il faudrait revoir cela en distinguant bien l'image et la piste sonore) mais cela relève d'une
savante mise en scène. Et le spectateur est amené à adopter différentes positions plus ou moins agréables...



nolan 25/01/2011 11:27



J'utilise beaucoup le mot "tueur" à la fin de mon commentaire et en parlant de deux personnes différentes. J'espère que tu as compris qqchose.



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