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Green Zone

19 Avril 2010 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Symptôme du doute qui ronge aujourd’hui les Etats-Unis, Hollywood produit de nombreux  films qui interrogent les institutions publiques et dénoncent ses manigances. Green Zone s’inscrit dans ce courant et, s’il n’est pas un chef d’œuvre, se montre un thriller particulièrement efficace.

 

 

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Roy Miller (Matt Damon)

 

Bonne nouvelle (dont on avait connaissance depuis un bon moment) en forme de constat : le moment d’hubris américain des années 1990 et du début de la décennie suivante est terminé. Que ce soit lié à la crise financière et économique, à l’émergence de la Chine, aux échecs politico-diplomatiques et militaires en Irak et en Afghanistan, tout converge pour que le seul géant – jusqu’à nouvel ordre – du monde actuel se croit, comme dans les années 1970, muni de pieds d’argile. Que cette impression soit ou non justifiée ne peut, en tout état de cause, qu’être bénéfique aux équilibres géopolitiques mondiaux. Les Etats-Unis doutent donc d’eux-mêmes.

Symptôme du mal (bénéfique) qui ronge aujourd’hui les Etats-Unis : Hollywood recommence à produire des films qui interrogent les institutions, les choix politiques et le mode de gouvernement de son pays. Comme dans les années 1970 encore, celles du scandale du Watergate et de la guerre du Vietnam. Et ce Green Zone – du nom du secteur sanctuarisé au cœur de Bagdad par l’U.S. Army immédiatement après la chute du régime de Saddam Hussein au printemps 2003 – est un parfait représentant de cette tendance, le film montrant et démontant les mensonges de la C.I.A., de l’Armée et du Gouvernement (ainsi que les sinistres jeux de pouvoir en coulisses et l’inévitable échec – lié à une mauvaise évaluation de la situation sur le terrain – de la mise en place d’une démocratie irakienne à court terme) à travers les aventures d’un jeune soldat, le commandant Roy Miller (Matt Damon, très bien), plutôt idéaliste (il est venu pour sauver des vies) et un peu naïf, qui découvre, in fine, que l’Irak ne disposait plus depuis longtemps de ces armes de destruction massive (et que ses supérieurs le savaient) qui avaient servi de justification à l’invasion américaine.

Bien sûr, Paul Greengrass n’est pas Francis Ford Coppola et son film est loin d’être l’égal de ses chefs d’œuvres que furent Conversation secrète (1975) et Apocalypse Now (1979). Il n’en a d’ailleurs pas la prétention et s’il n’est qu’un auteur de second ordre, il ne peut non plus être réduit à un simple faiseur. Il a du style, impose un excellent rythme à son film – bien équilibré entre scènes d’action et dialogues d’explication (sans qu’il n’y ait jamais le moindre tunnel narratif). Et si ce thriller est parfois un brin didactique et un poil démagogique (par exemple avec le personnage de l’Irakien Freddy joué par Khalid Abdalla), il est surtout terriblement efficace, voire incisif. Rien de révolutionnaire mais (un peu) plus qu’un excellent divertissement.

 

Ran

 

Note de Ran : 3

Note de nolan : 2

 

Green Zone (Paul Greengrass, 2009)

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