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Happy Happy

3 Octobre 2011 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Le film d’Anne Sewitsky nous était présenté comme une légère, pétillante et parfois grave comédie romantique. Tentant mais, au final, nous n’avons assisté qu’à une catastrophe norvégienne possédant la finesse et la grâce d’un hippopotame. Pas bien grave puisque le film est court.

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HH 1Eirik (Joachim Rafaelsen), Kaja (Agnes Kittelsen)

Elisabeth (Maibritt Saerens) et Sigve (Henrik Rafaelsen)


L’amour, empli de romantisme désespéré, est un excellent sujet pour le cinéma. Le couple, machine à stériliser la société en lui permettant de se reproduire et à cumuler de l’ennui, peut fournir le prétexte de savoureuses comédies. Entre les deux, il est également possible de créer du vide. Ce qui est le cas de ce Happy Happy (que l’on nous présente comme une comédie romantique – ce qui est une qualification outrancière puisqu’aucun angle n’est jamais choisi) qui nous narre (mal) les infortunes croisées de ses héros, tous beaucoup trop fades pour être un tant soit peu antipathiques, Kaja (Agnes Kittelsen) et Eirik (Joachim Rafaelsen), d’une part, et de leurs nouveaux voisins Elisabeth (Maibritt Saerens) et Sigve (Henrik Rafaelsen); d'autre part. Pour ce faire, la réalisatrice, Anne Sewitsky, a une immense idée : filmer les visages au plus près pour saisir les émotions qui y affleurent. Pourquoi pas mais il lui aurait fallu se souvenir qu’il est également souhaitable de couper les plans à la seconde juste et de ne pas simplement attendre que les interprètes se lassent de prendre la pose. De plus, un peu de beauté plastique n’aurait sans doute pas nui. Au lieu de quoi, lorsque deux corps se touchent (tout le monde couchant avec tout le monde), le frisson d’érotisme est à peu près aussi intense que lorsque notre Premier ministre détaille son énième plan de rigueur. De toute façon, tout ici est marqué par une assez incroyable laideur d’ensemble au point que même la neige ne fait pas rêver. Rien à retenir donc de ce navet entrecoupé, on ne sait trop pourquoi, des chants d’un quatuor masculin (volonté d’apporter rythme et humour, peut-être ; c’est raté) et par les jeux de deux enfants, l’un blanc (Theodor – Oskar Hernaes Brandsø), l’autre noir (Noa – Ram Shihab Ebedy) qui se donnent les rôles du maître et de l’esclave (envie d’offrir une réflexion de haute-volée au spectateur pour lui rappeler qu’il se passe des choses graves en ce monde ? Etonnamment, c’est un échec supplémentaire et ce malgré la présence d’un discours de Barack Obama – quelle finesse que de nous montrer cet homme noir devenu président des Etats-Unis !). Chaque élément venant s’intégrer à cette soupe la rendant un peu plus indigeste encore, tout serait donc désastreux dans Happy Happy ? Non, il nous faut être juste. Le film a une indéniable qualité. Il dure moins d’une heure et demie et n’est ainsi trop long que d’à peine quatre-vingt-dix minutes. Par ailleurs, pendant notre somnolence, il nous est venu l’idée de réécouter le Velvet Underground[1]. Ce qui, évidemment, n’avait pas le moindre rapport avec le spectacle proposé mais, au moins, cette projection a eu une conséquence positive. A tous, nous nous permettons de conseiller de se laver les oreilles comme nous venons de le faire. Quant à ceux qui souhaitent admirer un grand drame passionnel lié à des problèmes de voisinage, qu’ils revoient La Femme d’à côté (François Truffaut, 1981). Enfin, pour les amoureux de la Norvège, il restera toujours l’œuvre, sublime, d’Henrik Ibsen.

 

HH 2Kaja et Sigve

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 0

 

Happy Happy (Anne Sewitsky, 2010)



[1] Nous ne pensons pas que raconter notre vie soit d’un quelconque intérêt mais, en l’occurrence, celle-ci est tout aussi digne d’attention que le film – c’est dire si celui-ci est mauvais !

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