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La Dame de Fer

24 Février 2012 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Quelques bons et assez vifs moments, convenons-en. Mais, au final, un biopic qui s'avère bien trop complaisant, par son vide, sur Margaret Thatcher. La réalisatrice Phyllida Lloyd rate, dans les grandes largeurs, son film.

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LDDF 1Margaret Thatcher (Meryl Streep)


Il faut reconnaître que cette Dame de fer sait, après une première moitié incroyablement empesée, gagner en dynamisme. Certains des épisodes – sa transformation physique, ses choix durant la guerre des Malouines, sa chute – de la vie de Margaret Thatcher (Meryl Streep) sont recréés avec un sens certain du rythme. Mais dynamisme n’est pas dynamique et c’est bien ce qui, cruellement, fait défaut à l’œuvre de Phyllida Lloyd. Dresser le portait d’une femme de pouvoir si importante, Premier ministre de 1979 à 1990, à la fois fascinante et haïssable impliquait que, de façon sous-jacente, soit réalisé celui de la société britannique des années 1970 et 1980. Celle-là même que Thatcher, avec un intriguant mais talentueux mélange de volontarisme énergique et de certitudes idéologiques, a façonnée et braquée, relevée et brisée. Or, cette foule que l’héroïne coupe régulièrement dans ses voitures officielles se réduit à une ombre, semble ne pas avoir sa place dans le film. Peut-être est-ce, en creux, une critique du thatchérisme. On penchera cependant pour un oubli coupable qui donne l’impression d’assister à une curieuse hagiographie de l’ancienne pensionnaire du 10 Downing Street. Ce qu’on pourrait, à l’extrême rigueur[1], supporter si elle s’assumait résolument comme telle. Or, éloignant Thatcher de Friedrich Hayek ou de Milton Friedman, le film se contente de placer dans la bouche de l’égérie conservatrice de pauvres maximes héritées de son enfance. Aussi ne comprend-t-on guère ce que furent les idées directrices de l’un des dirigeants les plus doctrinaires de la seconde moitié du XXe siècle. On est, par contre, au moyen d’une structure en flashback dépourvue de la moindre originalité, sommés de compatir devant la déchéance de la grande femme qui, au soir de sa vie et frappée d’Alzheimer, voit partout le fantôme de son défunt mari (Jim Broadbent), et contraints d’admirer de pauvres chromos narrant l’ascension de cette fille d’épicier au sein d’un monde d’hommes biens nés. On remarque aussi, comme quelques grains de sable négligemment déposés en chemin, la froide détermination et la réelle ambition (mais ne serait-ce pas, en fin de compte, une immense abnégation mise au service de son pays ?) de Margaret Thatcher. A vrai dire, ce spectacle est sans grand intérêt. Pas seulement au vu du sujet traité. En fait, à regarder La Dame de fer, il semble évident qu’il ne faut surtout pas confondre solitude du pouvoir et vide cinématographique…

 

LDDF 2Denis (Jim Broadbent) et Margaret Thatcher

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

La Dame de fer (Phyllida Lloyd, 2011)   

 


[1] Le libéralisme, tant qu’il reste intellectuel, est éminemment souhaitable et un exposé fin d’opinions non partagées peut retenir notre attention – voire susciter notre intérêt.

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jouer 23/05/2014 11:39

Personnellement, la première scène, qui est interminable, m'a mis un coup de massue sur le coin de la tête et on peut dire que j'ai un peu voir beaucoup décroché pour tout le reste, surtout avec ces nombreux flash backs...heureusement que je le l'ai pas vu au ciné, avec l'obscurité, j'aurais pu m'endormir...

Antoine 29/02/2012 19:32


Bah, pour La Dame de fer, je te comprends. Le film est très mauvais et on pouvait s'en douter (Meryl Streep a eu son oscar, ce qui, apparemment, justifiait l'existence du film...) mais,
bon, le sujet m'intéressait alors j'ai été voir. Mauvaise idée...


Le Spielberg, qu'il se situe dans une filiation fordienne, ça ne m'étonne pas du tout et, effectivement, c'est plutôt bon signe. Qu'il y ait quelques grandes scènes, je n'en doute pas non plus.
Mais c'est rare qu'une bande-annonce me donne aussi peu envie de voir un film (du moins, quand, a priori, il pourrait m'intéresser) et puis deux heures vingt-sept, c'est long quand même.
Enfin, comme il n'y a pas grand-chose en ce moment, on verra... Mais il est possible que je passe outre cette règle d'or qui veuille que je ne lise pas de critiques (et donc que je prenne
connaissance de la tienne notamment).

CHRISTOPHE LEFEVRE 27/02/2012 21:59


Un film qui ne m'a pas tenté... Par contre, le Spielberg m'a plutôt plu. Certes, c'est pétri de bons sentiments, mais j'ai eu vu l'influence d'un Ford, et cela ne m'a pas dérangé. Il y a une
séquence dantesque du cheval traversant les tranchées, de très beaux épisodes épiques. C'est vrai que le final est très saturé de couleur, mais certains cieux fordiens en technicolor l'étaient
également; pour le coup, j'ai été bon public...

Antoine 24/02/2012 14:41


Je n'ai pas de dégoût du cinéma (peut-être de mon rapport au cinéma comme de tout ce qui se rapporte de près ou de loin à moi-même mais c'est une autre histoire) et suis même très bon public en
général. Par contre, il me faut reconnaître que le début de l'exercice 2012 est pour le moins mitigé.


En soi, je n'attends certainement pas du grand cinéma d'un film comme Sherlock Holmes, juste un agréable divertissement. Le matériau le permet mais c'est un désastre.


Concernant La Dame de fer, c'est un peu différent. Le sujet m'intéresse beaucoup et j'attends du cinéma - comme le fait Eastwood avec son J. Edgar - qu'il transcende celui-ci.
C'est le contraire, il le réduit à néant.


Ceci dit, j'ai vu dans la foulée La Taupe et j'y ai retrouvé le plaisir cinématographique (comme dans Melancholia découvert la veille après l'avoir laissé passer au moment de sa
sortie).


Quant au dernier Spielberg, je ne sais pas trop pourquoi (peut-être la lumière qui ne me plaisait pas dans la bande-annonce, le côté édifiant de l'affaire) mais je ne le sens pas du tout... On
verra si le bruit me fait changer d'avis et me décide à y aller.


 


PS: L'Oiseau, c'est pas moi, c'est mon acolyte. A part par lui, je n'ai jamais entendu parler de ce film - et j'apprécie énormément Mizoguchi...

Florian 24/02/2012 13:15


Je comprends votre dégout ou ras-le-bol du cinéma si vous n'arrêtez pas d'aller voir de tel film ! (comme avec l'oiseau, sherlock holmes ou encore the descendents.)


Prevoyez vous d'aller voir Cheval de guerre (vu hier soir, et j'aimerai avoir votre avis^^) ou encore le film d'Angelina Jolie (qui me semble ne pas démérité, mais il est boudée me semble-t-il
par les cinémas et les cinéblog)

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