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La Guerre est déclarée

25 Septembre 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Le deuxième film de Valérie Donzelli raconte une histoire d'amour quelque peu chahutée par la tumeur au cerveau du tout jeune fils des amants. Un film rythmé, relativement cohérent qui, s'il n'évite pas quelques moments gênants, raconte un drame comme une aventure.

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La-guerre-est-declaree.jpgJérémie Elkaïm et Valérie Donzelli


S'inspirant directement de sa propre histoire, la cinéaste et son ex-compagnon interprètent le couple touché de plein fouet par ce qui peut arriver de pire à une famille : un bébé pourri.

Ne le cachons pas : nous fumes tout de suite intéressé par ce film aux accents de thérapie de groupe. Nous ne sommes pourtant pas spécialement attirés par les grands déballages, nous n'allons pas voir les films de Maïwenn ou Jonathan Caouette pour cette raison. Cela ne signifie pas qu'un aspect autobiographique ou profondément personnel et intime de la vie du réalisateur ne fasse de bons films ; ainsi les excellents Témoins (André Téchiné, 2007) et Chansons d'amour (Christophe Honoré, 2007). Dans le cas présent, deux raisons (une mauvaise et une bonne) devaient nous convaincre de faire le déplacement : l'odeur du sang et l'idée de voir une version pop d'un drame, histoire vraie ou pas. Ce qui n'a rien d'inédit mais reste tout de même assez rare pour être remarqué. Aussi le sujet, terrifiant à nos yeux, ne manque d'interroger le cinéphile du dimanche que nous sommes : la cinéaste a-t-elle réussi son coup ?

En premier lieu, Valérie Donzelli met un point d'honneur à éviter le pathos un peu vulgaire inhérent à ce genre d'histoire. Elle y sombre pourtant par à deux reprises lors desquelles la gêne ne manque de s'installer. Après une première partie qui fait preuve d'un vrai sens du récit (rythme, mise sous tension) et d'une réalisation alerte et colorée, ce qui aurait du aboutir à un feu d'artifice lacrymal s'avère une mise en scène douloureusement longue durant laquelle chaque personnage du film apprend la maladie de l'enfant. Aïe, ouille, nous prions pour que cela s'arrête. Et cela s'arrête. La guerre commence et elle est plutôt bien menée puisqu'elle ne nous est pas vraiment montrée, Donzelli préférant se concentrer sur le couple et ses activités périphériques à l'image de cette soirée « open kiss » assez enivrante qui fonctionne comme une bulle d'air dans le parcours du couple. Aussi, l'histoire prend la forme parfois du film d'aventure ou d'action. Attention, il ne s'agit pas ici de nous donner une belle leçon de courage, le métrage montrant que positiver et garder le cap n'a qu'un effet limité sur la maladie d'une tierce personne qui ne perçoit sans doute que d'une manière infime le drame se jouant dans sa tête. Le film conserve alors une certaine efficacité oscillant entre rires et larmes emballé dans des choix musicaux tout à fait judicieux (même si la chanson écrite par Biolay nous parut assez foireuse ; c'est mieux quand c'est lui qui chante). Nous regrettons que l'histoire ne soit pas allée jusqu'au délitement du couple qui est seulement évoqué avant – deuxième moment gênant – un happy end glaçant. A la réflexion peut-être est-ce voulu…

Bref, ce n’est pas si mal.

 

nolan

 

Note de nolan : 2

 

La Guerre est déclarée (Valérie Donzelli, 2011)

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Lalalère 08/10/2012 13:21


C'est super casse-gueule tu veux dire ; il n'y a pas de facilité (à moins d'être maso) à écrire et jouer un vécu aussi rude.


J'te trouve dur Nolan ! Ce film est  "juste". Il ne faut pas voir du pathos à tout bout de champ quand même (disons qu'elle a trop appuyé la scène de l'annonce ; celle de la toute fin ne me
gêne pas par contre, la guerre est finie point barre)


Je me ferai une idée plus précise de Donzelli après La reine des pommes, c'est prévu. Mais l'actrice me plaît. Elkaïm aussi, même si son ex le porte, c'est flagrant !  

nolan 13/10/2012 10:47



Je reconnais que je ne suis pas tendre avec le film parce que le sujet se prête au déballage obscène donc je suis plutôt sur mes gardes.  Mais je n'y ai pas vu du pathos à tout bout de
champ. Toutefois, je maintiens que les deux scènes que je cite m'ont mis mal à l'aise. Et surtout la dernière, c'est son vrai fils à l'image ! 



Antoine 30/10/2011 12:35



Mais, il a tellement de choses à montrer, Pedro !



yoye2000 29/10/2011 23:17



Je ne tiens pas à entrer dans la contreverse musicale. Je laisserai  donc le grind pop metal zoup de côté, et dirai plutôt que je vous trouve un chouia dur avec un film qui s'était mis de
serieuses barrières au départ: une histoire autobiographique de bobos parisiens à fort potentiel tire larme, le tout joué par les parents, qui de plus choisissent d'appeler leur personnage
respectif Roméo et Juliette. C'était gonflé quand même, non?


bon d'accord oui, la fin.. avec le ralenti... oui oui c'est vrai...


Mais dans un sens, je trouve ça assez touchant, cette grosse lourdeur inélégante car sincère pour exprimer ce qu'il ne peut être décrit.


Merde, me voila une fois de plus d'accord avec Télérama.


 


En revanche, puisque j'en suis 1. à chercher à me singulariser de mon périodique d'impétrant vieux con 2. au commentaire de critiques anciennes (mon nouveau cinéma passe les films 2 mois après,
mais à tout petit prix et avec des sièges confortables comme une paire de seins chauds), je vous (Télérama et vous) trouve bien complaisants avec Almodovar, lequel n'a décidément pas grand chose
à dire -A moi que ce soit moi qui ne comprenne rien. En tout cas, une chose est sûre : Entre Pedro et moi, il y a un truc qui ne passe pas.



nolan 31/10/2011 10:46



Oui c'est gonflé, impudique mais pas indécent et le résultat est pas trop mal, je n'ai pas écrit que le film était mauvais non plus mais bon voilà quoi, j'ai vu mieux, bien mieux et pour prendre
un exemple récent, je trouve que Tree of life
bien plus délicat. J'ai toujours une certaine appréhension des films "témoignages" (je ne sais si je suis très clair). Par exemple Polisse de Maïwenn, je trouve ça gonflé mais je ne lui
fais pas du tout confiance. Donzelli, si. (Quelle prétention dans le style ! Je viens de me relire, tant pis). Ensuite, je ne suis pas certain que le déballage soit une vraie provocation au
cinéma. C'est même plutôt une facilité (et c'est d'ailleurs encore une grande force du film de Malick : que ce soit autobiographique ou pas, finalement on s'en fout, le film est profondément
touchant).


Quant à Pedro et sa Piel..., pas de complaisance, je ne suis
pas un fan fou furieux du réalisateur espagnol. Ainsi, je me suis senti un peu en dehors de Parle avec Elle, admis comme une de ses plus belles réussites.



Antoine 30/09/2011 17:00



Le français, peut-être aussi, quand même ? Bon, le latin et l'hébreux, j'admets...



Marc Shift 30/09/2011 15:18



Disons que dans ce que j' écoute y a, je pense, les courants les plus violents (grind-core, une pincée de brutal death....) mais aussi des trucs plus cool (doom, métal "normal"....). Mais bon c'
est quand même bien brutal (black, trash, etc....).


Dans tout ça de l' anglais (la très grande majorité), du français (si si c' est possible), de l' hébreux (et oui) , du latin (une petite pincée, les même qui font en partie en hébreux), du
norvégiens, espagnol....bon à part l' anglais je comprends rien, mais c' est pas grave ;-)



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