Le nouveau film de Dominik Moll n'est pas complètement séduisant. Sans que l'on sache en déceler précisément les raisons, une baisse d'intensité dans la deuxième partie du métrage l'empêche d'être une réussite.
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Vincent Cassel et Sergi Lopez
De cette histoire de moine s'appliquant une discipline de fer et tâchant d'en faire de même avec ses ouailles dans l'Espagne de la fin du XVIIe siècle, on retient deux éléments : d'une part la prestation de Vincent Cassel (qui interprète le moine Ambrosio), excellente, et dont le réalisateur utilise au mieux le visage si particulier qui accueille magnifiquement les ombres et lumières du monastère et, d'autre part, la beauté plastique de ce film. La flagrante dichotomie entre extérieur ensoleillé et intérieur plongé dans l'obscurité se charge de traduire une opposition non moins radicale entre le discours rigoureux et mécanique du moine et le trouble qui va progressivement le contaminer. Car Ambrosio est un obsédé de l'application des préceptes religieux : la vérité avant tout, pas de fornication en dehors du cadre prévu,… Pour lui, l'Homme doit lutter contre sa nature, foncièrement mauvaise. Ambrosio, comme l’abbesse (Géraldine Chaplin, dont le personnage est largement sous-exploité), immergés dans l'assurance de leur doctrine morale, apparaissent ainsi comme des monstres. Or, Ambrosio va devoir faire face à la tentation. Dans son travail d'adaptation, réalisé en compagnie d’Anne-Louise Trividic du roman éponyme de Matthew G. Lewis (1796), classique de la littérature fantastique britannique, Moll prend le contrepied des attentes du spectateur : le personnage ne va pas devenir plus tolérant et comprendre que le refus des plaisirs ne rend pas meilleur. Non, il subit un complet chemin de croix qui ne fera que lui montrer qu'il n'est pas le nouveau Jésus. Le réalisateur, alors, n'interroge pas l'existence de Dieu mais celle du Diable, plus sexy, plus terrifiant et cherchant à corrompre les « meilleurs » des fidèles. Mais l'atmosphère étrange, largement renforcée par l'apparition d'un jeune garçon masqué, s'estompe après une fort belle étreinte à demi-fantasmée. Le déroulement des évènements que le spectateur a saisi après ce passage à l'acte se fait plus mécanique et s’avère peu prenant. Seule la fin, plongée dans un désert aride, nous réveille par sa qualité visuelle mais elle confirme néanmoins la baisse d'intérêt du film dont les enjeux semblent, peut-être à cause de l’absence de discours, s’être progressivement réduits.
nolan
Note de nolan : 2
Le Moine (Dominik Moll, 2011)
« Je suis de mon cœur le vampire,
– Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire ! »
Charles Baudelaire, L’héautontimorouménos (extrait)
Le cinéma est l’art du XXe siècle mais un art vampire ; vampire des autres arts devenu, avec le temps, celui de son propre cadavre… Et le vampire est son héros (son mythe ?) principal.
Ces textes et notes lui sont dédiés.
Antoine Rensonnet (Ran)
0 : nul
1 : très moyen
2 : pas mal
3 : bien
4 : très bien
5 : Chef d'oeuvre
Et pour savoir ce que pensent 21 blogs cinéphiles :
PANOPTIQUE (admin : Jean-Luc Lacuve)
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