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Le secret de la Pyramide

5 Janvier 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films anciens

Le Secret de la Pyramide relate la toute première aventure de Sherlock Holmes alors qu’il n’était qu’un adolescent. Sa rencontre avec Watson, son rapport aux femmes, son accoutrement, tout ce qui fait le personnage est abordé quitte à faire quelques entorses aux romans de Sir Arthur Conan Doyle. Un divertissement de qualité.

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Le Secret de la Pyramide relate la toute première aventure de Sherlock Holmes alors qu’il n’était qu’un adolescent dans une école privée londonienne. En pleine époque victorienne, le jeune John Watson débarque à Londres à la faveur d’un déménagement et intègre en cours d’année une nouvelle école. Il y fait la rencontre d’un jeune homme de quelques années son aîné, Sherlock Holmes. Ce dernier s’est déjà fait remarquer pour son remarquable sens de la déduction, son intelligence au-dessus de la moyenne et sa lubie de chercher des mystères là où il n’y en a pas. A l’instar de La vie privée de Sherlock Holmes (Billy Wilder, 1970), le film n’adapte pas l’une des nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle et ce d’autant plus que Holmes n’y a jamais rencontré Watson dans son enfance. Wikipédia nous apprend par ailleurs que le film de Wilder devait initialement durer trois heures et relater dans un épisode, « les années universitaires de Sherlock Holmes expliquant son aversion pour les femmes ». Cet épisode ne figure donc pas dans la version sortie en salle et on peut envisager que ce fut le point de départ du scénario de Chris Columbus tant le jeune Holmes du Secret de la Pyramide nous apparaît comme un grand romantique dont l’issue tragique de son histoire d’amour le condamnera à ne plus jamais aimer. Car le film, pourtant destiné à un public familial, n’épargne guère le héros qui sera injustement expulsé de sa prestigieuse école, perdra par deux fois un être cher et dont on découvrira qu’il fut traumatisé par son père et a causé du chagrin à sa mère par excès de curiosité. De même, le Londres présenté ici est, comme dans les romans de Conan Doyle, nauséabond et putride, la réalisation, marquée par l’expressionnisme, se délectant des ombres portées dans les rues glauques de la capitale. L’histoire, inspirée par le deuxième épisode d’Indiana Jones de Steven Spielberg (1984, ici producteur exécutif), raconte les méfaits d’une bien secrète Ligue qui empoisonne ses victimes, provoquant chez ses dernières de morbides hallucinations et relate l’édification du futur Sherlock Holmes (d’où vient son si célèbre accoutrement, l’absence de femme dans sa vie, la force de sa relation avec Watson, etc.).

 Secret-Pyramide.jpgNicholas Rowe et Alan Cox

 

Sorti en 1985, le film s’inscrit dans la lignée des œuvres produites par Amblin Entertainment, la société de Steven Spielberg, créée après l’immense succès d’E.T. (1982). Le célèbre réalisateur va activement participer au développement de quatre films : Gremlins (Joe Dante, 1984), Retour vers le futur (Robert Zemeckis, 1985), Les Goonies (Richard Donner, 1985) et Le Secret de la Pyramide (Barry Levinson). Les trois premiers seront d’immenses succès commerciaux. Sur le sol américain, le film de Dante rapportera 148 millions de dollars de l’époque, celui de Zemeckis, 210 et celui de Donner, 61(1). Pour un budget estimé à 18 millions de dollars, le film de Barry Levinson n’en engrangera que 20. Pourtant le film ne manque pas de qualités. Il surpasse Les Goonies sans difficulté (mais Richard Donner est un bien piètre réalisateur dont le seul talent consiste à faire cabotiner à mort n’importe quel acteur). Barry Levinson, le réalisateur des très moyens Good Morning Vietman (1986) et Rain Man (1987), est capable de faire les choses biens (Diner, 1982 ; Liberty Heights, 1999) comme très mal (Harcèlement, 1994 ; Sphère, 1996). Mais plutôt inspiré par le noir scénario de Colombus et aidé par des effets spéciaux très soignés, il livre une réalisation honnête(2) qui, comme je l’écrivais plus haut, joue sur les ombres et les décors inquiétants pour distiller une ambiance malsaine, à lisière du fantastique, mais toujours doté d’une explication « réaliste », comme dans toute aventure de Sherlock Holmes qui se respecte – on pense alors à la très bonne adaptation Hammer du Chien des Baskerville de Terence Fisher en 1959.  Il fait montre d’une très bonne direction d’acteurs tant Nicholas Rowe (Holmes) et Alan Cox (Watson) sont convaincants. De même le méchant (Anthony Higgins) est réussi : séduisant, intelligent, partagé entre une cause juste (venger le massacre de sa famille) et une démarche mégalomane et dangereuse et qui en toute fin de générique réserve une sacrée surprise. On remarquera que Chris Colombus utilisera dans une version très édulcorée, toute l’imagerie de l’école de Holmes et Watson dans les deux premiers Harry Potter qu’il réalisera quinze ans plus tard (2001 et 2002).

Gros échec commercial donc que Le Secret de la pyramide. Et les bas-fonds de Londres, inspirés de toute cette littérature anglaise de la fin du XIXe siècle (Dr Jekyll et Mr Hyde, Dracula ou… la série des Sherlock Holmes), auront – comme par le passé – beaucoup plus de succès dans des films pour les grands et réalisés par des grands comme ce fut le cas, quelques années plus tard, avec le Dracula (1992) de Francis Ford Coppola ou le Sweeney Todd (2008) de Tim Burton. On remarquera également, et de manière plus anecdotique, que la formation du héros, le mentor qui devient l’ennemi, la ligue secrète et les hallucinations provoquées par les flèches empoisonnées font clairement penser à la première partie de Batman Begins (Christopher Nolan, 2005).

Ainsi, après un échec initial, le temps a redonné une seconde vie au Secret de la pyramide, divertissement de qualité, ressorti le 8 décembre dernier dans les salles et en copie neuve.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

Le Secret de la pyramide (Barry Levinson, 1985)


(1) Source : boxofficemojo.com
(2) Dans l’ensemble, ça va, mais il y a un élément qui m’a fait tiquer. Avec un champ/contrechamp maladroit on a parfois l’impression que les futures victimes regardent leur agresseur alors qu’à chaque fois elles ne le voient pas. Peut-être est-ce voulu.

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Bruce Kraft 08/01/2011 09:55



Un film vraiment sympathique et malheureusement boudé par le public. Merci de le réhabiliter!!



nolan 06/01/2011 17:43



Je l'avais vu la première fois à la télé et je fus à l'époque très impressionné par les effets spéciaux et le twist final à la fin du générique (je découvrais alors qu'il pouvait y avoir
quelque-chose après le générique de fin). A la revoyure, comme tu peux le constater, je trouve que le film est encore bon.



Yoye2000 06/01/2011 17:31



Le secret de la Pyramide! je me souviens encore de numéros spéciaux du journal de Mickey, et de la joie que j'ai eu en allant le voir... 10 ans après.


Autant dire que cette décade ajoutée aux deux heures de film avaient sérieusement douchées mon enthousiasme....



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