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Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne

2 Novembre 2011 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Un bon film d’aventures comme il en existe tant. Fallait-il espérer autre chose ? Peut-être puisque Spielberg était aux manettes. Sans doute pas puisque respecter la médiocre œuvre d’Hergé faisait partie du cahier des charges. Il est respecté.

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LADTLSDLL 1Tintin (Jamie Bell), le capitaine Haddock (Andy Serkis) et Milou


Hollywood rencontre Tintin et ça donne un film d’aventure, une vraie grosse machine pétaradante. Passons sur l’esthétique, celle d’un film d’animation avec des acteurs : bien faite, elle n’apporte pas grand-chose. Pour le reste, c’est certes assez plaisant et rythmé mais, en fait, entre une usine à faire des films d’action et un héros de feuilletons dessinés, le mariage était parfaitement évident. Or, comme dans tous les mariages évidents, le petit couple est anodin et d’une confondante banalité. Il se construit (et est, bien sûr, appelé à se reproduire, deux suites étant prévues) dans la platitude et ne retient guère l’intérêt. Que lui manque-t-il ? Strictement rien. Et absolument tout. Il aurait fallu que chacun apporte quelque chose que l’autre ne possédait pas. C’était assez peu probable puisque Tintin (Jamie Bell), même flanqué de personnages (qui, ici comme chez Hergé, n’acquièrent le moindre relief qu’en comparaison du néant auquel ils sont confrontés) comme Milou, le capitaine Haddock (Andy Serkis) ou les Dupond/Dupont (Nick Frost et Simon Pegg), reste, pour être le plus célèbre, le moins charismatique de tous les héros de la grande bande-dessinée franco-belge. Mi amusé, mi assoupi, le spectateur suit ces Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorneen guettant la moindre aspérité. Elle n’existait pas dans l’œuvre originale, Spielberg ne la rajoute pas. On se demande bien d’ailleurs quel intérêt le réalisateur, pour le moins inégal, mais parfois capable du meilleur, a pu trouver à un tel projet. Question sans réponse. Quant à sa patte, au-delà d’une maîtrise formelle certaine, du faciès du méchant (Ivan Ivanovitch Sakharine – Daniel Craig) et d’un fort joli générique initial, très ligne claire, on la cherche en vain. Il a donc échoué à transcender son matériau et peut-être ne le pouvait-il pas. Y avait-il mieux à faire ? Le scénario, qui mixe la trame de plusieurs Tintin(principalement Le Crabe aux pinces d’oret Le Secret de La Licornepubliés entre 1940 et 1943), aurait pu être meilleur ou moins bon que le fond de l’affaire n’en eût pas été changé. D’ailleurs, le spectacle, lui, est au rendez-vous. Pour la fantaisie, par contre… Mais le Marsupilami n’appartient pas à l’univers de Tintin. Alors, pas de miracle.

 

LADTLSDLL 2Tintin et Milou

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 2

Note de nolan : 2

 

Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne(Steven Spielberg, 2011)

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Antoine 13/11/2011 13:59



Ah, oui, encore un truc avant d'aller voir la F1. Je songe à Garcin qui, confit de prétention, expliquait - il visait Sarkozy (ce qui, a priori, aurait pu me plaire) - qu'on ne peut
passer de Spielberg à Dreyer. Opposition entre ce qui serait laissé au peuple et ce qui serait réservé à une certaine élite. Vision imbécile et dangereuse. Exactement celle que je refuse
concernant le cinéma ou l'art. Ce que je racontais ici sur Tintin, Spielberg, Malick, les spectateurs m'y faisait repenser...



Antoine 13/11/2011 13:10



A Alexandre : de toute façon, c'est un peu le problème. Dès qu'on doit écrire, on risque de perdre le plaisir. Et quand on n'est pas censé le faire - c'était mon cas sur Malick -, paf, c'est le
moment où on a envie de dire des trucs. Faut trouver le bon compromis.


A nolan: en fait, c'est un peu excessif de dire que je suis tintinophobe. C'est juste que dans la BD franco-belge, il y a plein de trucs que je trouve supérieurs à Tintin. A part ça,
c'est vrai qu'il y a de bons moments dans le film.



nolan 12/11/2011 19:47



Je ne suis pas tintinophile mais je ne suis pas tintinophobe non plus. Le problème, c'est que j'ai oublié beaucoup de son univers. C'est simple je crois que l'album dont je me souviens le plus
est Tintin chez les Soviets qui n'était qu'une longue course poursuite. D'ailleurs, j'ai apprécié que le film s'emballe complétement au Maroc s'affranchissant de la pesanteur et de la
vraisemblance. 


J'ai été soufflé par la séquence avec Rakham le Rouge. Pourtant, je suis resté un peu dehors du film. J'ai eu du mal à ressentir le suspense, je n'ai pas été motivé par les enjeux. Un assez bon
moment tout de même.



Alexandre Mathis 12/11/2011 19:06



ce besoin d'écrire absolument dès que je vais au ciné m'a aussi achevé. Depuis quelques jours, j'y vais en toute liberté, j'ai retrouvé quelque chose de la source même du plaisir. J'ai renoué
avec ce goût d'écrire pour le partage et non juste pour publier. Ce fut flagrant sur Tintin. le film était sorti, je ne savais pas si j'aurais le temps d'en parler. Et, tout le contraire de toi,
j'avais une profusion de thèmes qui me venait en tête. Mon lobe gauche (ou droit, je ne sais pas) prenait du plaisir pendant que l'autre bouillonnait. Pour la suite, vous pourrez me lire sur
www.playlistsociety.fr dont le but est justement d'écrire que quand ça nous inspire.


Mais continuez ainsi. Et bon courage pour la thèse. Pour avoir fait 4 ans d'Histoire, je sais un tantinet à quel point ça peut devenir obsessionnel.



Antoine 11/11/2011 23:37



D'abord, je suis particulièrement content de lire tes deux commentaires et te souhaite bonne chance et bon courage pour tes actuels, futurs - et nombreux - projets. J'ai vu que tu arrêtais Plan-C
mais on te retrouve rapidement sur un autre support donc, tant mieux.


Concernant Tintin, bon, je ne suis pas fan, je l'ai dit et bien qu'ayant lu d'assez nombreuses fois l'oeuvre d'Hergé, je n'ai jamais été vraiment enthousiasmé. Même si je préfère mille
fois Franquin, Hergé a trop de thuriféraires pour que je puisse le balayer d'un revers de main et considérer que mon point de vue est le seul valable (même s'il reste le mien).


Ensuite, une réflexion liée à ce que tu écrivais dans ton billet d'au revoir et justement cet article. Même si on n'a jamais tendu vers l'exhaustivité sur De son coeur, on tente tout de même (et
on y arrive à peu près) de publier régulièrement. Or, on arrive à une contradiction dans laquelle on est un peu tous enfermés. Sur Tintin, à l'exact opposé de The Tree of Life,
je n'avais à peu près rien à dire. Du coup, j'en arrive à faire une critique sur un film à côté duquel je suis visiblement passé. Et, je suis d'ailleurs d'autant plus passé à côté du film que je
savais que j'allais écrire dessus. A la limite, je pense que j'aurais passé un moment de détente plus grand s'il n'y avait pas une voix qui me disait, pendant la projection, "Qu'est-ce que je
vais bien pouvoir en dire ?" (question à laquelle il n'y eut jamais vraiment de réponse). Mais, bon, même s'il existe une contrainte et que je suis, pour des raisons "professionnielles",
actuellement dans l'impossibilité de revenir longuement sur des oeuvres plus anciennes, l'expérience qui consiste à écrire régulièrement sur le cinéma est tout à fait positive et c'était une
chose à laquelle j'aspirais.



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