Le premier film du scénariste William Monahan est une déception. Trop souvent sage, parfois prétentieux, le film ressemble à deux autres œuvres britanniques récentes et souffre beaucoup de la comparaison.
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Colin
Farrell de dos et Anna Friel fumasse
Deux références nous viennent à l’esprit en découvrant London Boulevard et ce n’est pas Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950)[1] mais deux autres films bien plus récents.
La première le Layer Cake de Matthew Vaughn (2004) qui s’inspirait avec humour du chef d’œuvre de Brian de Palma, L’Impasse (1993) et qui nous présente cette histoire mille fois vue du gangster qui veut raccrocher après un dernier coup. Bien sûr, il tombe fou amoureux et il est à deux doigts de réussir (voire réussit) son plan mais alors que les choses semblent se tasser, il se fait descendre pour tout autre chose. Et London Boulevard fait donc penser dans sa structure à Layer Cake sans le style visuel ni les acrobaties scénaristiques. Cela est d’autant plus criant que l’utilisation qui est faite de la bonne bande son (pour l’essentiel la fine fleur du rock des années 60-70) est d’une sagesse stupéfiante. Pire, les dialogues tendent vers une certaine vulgarité pour choquer le bourgeois sans déclencher le début d’un sourire. Ce qui nous amène à la seconde référence, Bons baisers de Bruges (Martin McDonagh, 2008), même histoire version tueur à gages, transformée en excellente comédie neurasthénique. Et si le film partage le même acteur principal (Colin Farrell, assez bon), il ne possède visiblement pas le même humour. Aussi Ray Winstone, s’il joue un terrifiant parrain, est très loin de l’hallucinante composition de Ralph Fiennes dans le film de McDonagh.
Trop sage, pas très drôle, le film, grâce aux sourcils de Farrell, aurait pu être tout de même passable si le personnage de Charlotte (Keira Knightley) n’avait pas été si raté. D’une part, le jeu de l’actrice est cataclysmique et, d’autre part, en voulant lui donner à tout prix de l’épaisseur (la place d’un personnage féminin dans un monde masculin/dans le monde du cinéma), le film passe de maladroit à prétentieux à tel point qu’à la très sentencieuse Charlotte nous préférons la sœur du héros (la très sexy Anna Friel)… alcoolique et nymphomane !
Nous nous arrêterons là puisqu’il n’y a pas de raison de s’acharner – le film n’est pas assez obtus pour une réflexion et pas assez nul pour une exécution. Nous ferons donc seulement part de notre déception.
nolan
Note de nolan : 1
London Boulevard (William Monahan, 2011)
[1] Il y a sans doute un clin d’œil avec le personnage de Charlotte, actrice cloîtrée chez elle. En matière de références, c’est Orange Mécanique (1971) qui est à l’honneur avec une agression de clochard dans un tunnel enchaînée avec une pub qui rappelle les génériques de début et de fin du mythique chef-d’œuvre de Stanley Kubrick.
« Je suis de mon cœur le vampire,
– Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire ! »
Charles Baudelaire, L’héautontimorouménos (extrait)
Le cinéma est l’art du XXe siècle mais un art vampire ; vampire des autres arts devenu, avec le temps, celui de son propre cadavre… Et le vampire est son héros (son mythe ?) principal.
Ces textes et notes lui sont dédiés.
Antoine Rensonnet (Ran)
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Et pour savoir ce que pensent 21 blogs cinéphiles :
PANOPTIQUE (admin : Jean-Luc Lacuve)
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