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Potiche

14 Novembre 2010 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

La bande-annonce pas déagréable n'annonçait pas un tel échec. Potiche est une très mauvaise comédie féministe dont le discours politique enfantin finit par agacer le spectateur. Si le film est cynique, il est détestable, s’il est sincère, il est juste réactionnaire.

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potiche.jpgCatherine Deneuve

 

D’abord les qualités : le décor, les acteurs et, en particulier, Catherine Deneuve et Karin Viard, vraiment très bien. Voilà, c’est fait. Le reste est médiocre, il faut bien l’écrire et l’on s’étonne que la presse ne soit pas plus sévère avec ce film. Adapté d’une pièce de boulevard qui doit être bien mauvaise, François Ozon livre ici un film pas marrant aux propos féministes éculés dont il n’arrive à rien tirer. Les personnages odieux (Fabrice Luchini, Judith Godrèche) ne sont jamais ni sympathiques, ni éclatants et il faut bien être l’un des deux pour attirer l’attention du spectateur. Ici, ils sont simplement dégoûtants et médiocres, on ne prend même pas de plaisir à les haïr. Leurs interventions ne procurent qu’un sentiment de gêne. Pire, le film vire vers une réflexion politique enfantine dont on espère qu’elle est au moins sincère pour ne pas croire qu’elle est le fruit d’un cynisme tout-à-fait déplacé. S’attaquant à la droite sarkozyste, le film nous présente des syndicalistes gentillets et mal coiffés confrontés à un patron antigrève, M. Pujol (Luchini) soutenu par sa fille, une bourgeoise aux idées arrêtées (Godrèche). Le métrage regrette la droite pompidolienne et paternaliste[1] mais de quelle façon ! Catherine Deneuve est Mme Pujol, femme du patron (Fabrice Luchini qui dit « casse-toi, pov con » – gag déjà vu et en mieux). Elle apporte joie et bonheur en gérant comme une mère l’entreprise familiale (et avec une condescendance jamais remise en question) puis en se présentant, sans étiquette bien sûr, comme le renouveau de la politique parce que c’est une femme et qu’elle chante « c’est beau la vie ». Grrr.

 

nolan

 

Note de nolan : 0

 

Potiche (François Ozon, ,2010)



[1] Personnellement, je ne regrette pas la droite paternaliste que je n’ai pas connue.

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nolan 22/12/2010 13:49



Merci de ton commentaire sur les personnages odieux, c'est une des causes majeures de ma crispation :


Je veux bien qu'ils ne soient pas là pour être haïs mais pourquoi sont-ils là finalement ? Ils sont clairement les méchants du film et pour provoquer un peu d'attention de la part des
spectateurs, il faut, selon moi, qu'on éprouve un peu de sympathie (par exemple une maladresse attendrissante ou une imbécilité réjouissante) - si c'est l'intention du réalisateur, c'est raté -
ou éclatants - en gros ils sont tellement machiavéliques que l'on prend plaisir à les détester. Là encore, c'est un échec. Et l'aspect ridicule que tu relèves avec justesse ne veut pas dire drôle
dans ce cas mais risible, ce que, je pense, tu trouves pathétique et que je trouve agaçant. Quant à la dernière séquence (et j'écris avec un peu de mauvaise foi car le souvenir du film commence à
s'évaporer), j'ai plus l'impression que ce sont les bons qui sombrent plutôt que les méchants qui sont sauvés.



Ed(isdead) 22/12/2010 13:03



Je crois que les personnages "odieux", les deux se réclamant clairement de la droite, ne sont pas là pour être haïs. Ou du moins, ils concentrent tellement de tares, tellement de clichés
droitiers, qu'ils en deviennent seulement ridicules. Cela n'est fait que pour faire rire à bon compte (et très mal) et provoquer un glissement qui aboutit à la dernière séquence, qui les
sauve, eux aussi. C'est pour cela que je vois là un film prudent et dépourvu de subversion.


La bienveillance de la presse m'a étonné moi aussi...



James dîne 20/11/2010 11:12



Bonjour,


J'ai vu le film hier soir, je suis plutôt bon public, mais là effectivement c'est assez mauvais. J'ai pas mal souri tellement c'était pathétique. J'ai jamais vraiment compris où le film voulait
en venir. Pourtant l'idée était pas trop mauvaise à la base.


Effectivement Nolan, ça ne méritait pas un commentaire plus long.


Bonne journée à tous.



nolan 14/11/2010 19:09



Pierre,


C'est d'autant plus étonnant que même si l'on ne tient pas compte du propos, les gags ne sont pas très drôles et les critiques ont l'air d'avoir bien ri.


Par contre, sur la mise en abîme dont vous parlez - Catherine Deneuve qui prend le pouvoir du film - j'avoue ne pas l'avoir vue. J'avais bien vu que le personnage de Mme Pujol n'était pas qu'une
pseudo Ségolène Royal mais bien un jeu avec l'image de la célèbre actrice et ses rôles chez Demy (l'usine de parapluies), mais bon... En tout cas, ne vous gênez pas pour développer ce point sur
ce blog; cela viendra donner un peu de consistance à ma très courte note.


Amicalement.



Pierre 14/11/2010 13:56



Bonjour Nolan;


Certes, le manque d'avis critique de la presse critique est étonnant, non?


Mais elle ne salue pas non plus l'extrème élégance de F.Ozon qui laisse  Catherine Deneuve prendre le pouvoir dans son entreprise de cinéma, belle mise en abîme du sujet du film.


Amicalement, Pierre.



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