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Questionnaire – Libération par Ran

25 Juillet 2010 , Rédigé par Ran Publié dans #Questionnaire

Récupéré sur le blog FredMJG blogue and bulle – qui ne m’en voudra, je l’espère, de l’avoir piqué – un questionnaire que j’ai trouvé intéressant fait initialement par le quotidien Libération et soumis à Steven Soderbergh.

 

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Questionnaire – Libération

 

Taram et le chaudron magiqueTaram et le chaudron magique (Ted Berman et Richard Rich, 1985)


1) Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

Sous prétexte que je n’avais pas supporté de voir la méchante reine dans Blanche Neige et les Sept nains (David Hand, 1937) et que j’avais du quitter la salle, mes parents (enfin, surtout ma mère) m’ont empêché de voir Taram et le chaudron magique (Ted Berman et Richard Rich, 1985). Depuis, je ne l’ai toujours pas vu…

 

2) Une scène fétiche qui vous hante ?

Il y en a tant ; citons-en quatre :

- La scène où l’on maquille Judy (Kim Novak) pour la retransformer en Madeleine dans Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958) ;

- L’entrée dans le monde de 2046 dans 2046 (Wong Kar Wai, 2004) ;

- La séquence durant laquelle s’approchent et se touchent Lemmy Caution (Eddie Constantine) et Natasha (Anna Karina) alors qu’en voix off, Natasha récite des vers d’Eluard ce qui reconstitue un poème autonome dans  Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (Jean-Luc Godard, 1965) ;

- Le moment où Redmond Barry s’approche de la comtesse de Lyndon (Marisa Berenson), lui prend le bras et l’embrasse dans Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975) alors que l’on entend le sublime trio pour piano, violon et violoncelle de Frantz Schubert.

 

3) Vous dirigez un remake. Lequel ?

Dans mes moments (assez fréquents) de mégalomanie, je m’imagine faire une nouvelle version de Jules César (Joseph L. Mankiewicz, 1953). Non parce que j’adore ce film (qui a néanmoins de réelles qualités) ou la pièce de Shakespeare (je préfère nettement Macbeth ou Le Roi Lear) mais juste pour la bande-annonce où mon nom s’inscrirait en gros entre ceux de Jules César (sans doute le personnage historique qui me fait le plus rêver) et de William Shakespeare (le plus grand dramaturge de l’histoire)…

Plus sérieusement, il ne s’agirait pas d’un remake mais d’une mise en scène en forme d’hommage à Fritz Lang. La version romancée – qu’il a tant de fois racontée en la donnant comme vraie – de sa fuite d’Allemagne en 1933 constitue la parfaite matrice d’un film (un excellent scénario ; des plans que l’on voit quand il raconte ; ah ! ces inserts sur l’horloge lors de son entretien avec Goebbels ; oh ! cette montée du suspense quand les policiers allemands viennent fouiller le train lors du passage de la frontière).

 

4) Le film que vous avez le plus vu ?

Je ne sais pas trop. Il y a quelques comédies françaises que je regarde très régulièrement : Les Tontons flingueurs (Georges Lautner, 1963) ; Un éléphant, ça trompe énormément (Yves Robert, 1976) ; Nous irons tous au paradis (Yves Robert, 1977) ; Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré, 1982). Et, puis, bien sûr,  Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958) et Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1987).

 

5) Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?

Tant de choses me font rire. Mais si je ne devais retenir que deux comédies, alors va L’Impossible monsieur Bébé (Howard Hawks, 1938) et Docteur Folamour (Stanley Kubrick, 1964).

 

Fritz LangFritz Lang

 

6) Le cinéaste absolu ?

Au risque de surprendre, Fritz Lang.

 

7) Le film que vous êtes le seul à connaître ?

J’ai vu nombre de films qui ont fait un bide (prévisible ou pas, justifié ou pas) mais je n’ai pas accès (ni véritablement envie de l’avoir) à un cinéma hyper-confidentiel.

Par contre, mon père étant enseignant en cinéma, j’ai vu, avec un intérêt plus que limité (je n’ai pas la fibre pédagogique) des films (ou plutôt des bouts de films) réalisés par ses élèves. Dans l’un de ceux-ci (j’ai malheureusement oublié son nom) jouait – très bien d’ailleurs – feu mon chien (par contre, j’aime bien les bêtes à poil) donc il m’avait logiquement nettement plus marqué.

 

8) Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?

Il y en a un certain nombre mais immédiatement me vient à l’esprit : « Je l’ai fait pour l’argent, je l’ai fait pour la femme ; je n’ai pas eu l’argent, je n’ai pas eu la femme » dans  Assurance sur la mort (Billy Wilder, 1944).

 

9) L’acteur que vous auriez aimé être ?

Jean Lefebvre. Oui, je sais, cela peut paraître bizarre. Mais il avait l’un des plus grands talents comiques de sa génération (son personnage de Michalon dans Ne nous fâchons pas de Georges Lautner en 1966 est absolument irrésistible) qu’il a totalement galvaudé en se commettant dans des pantalonnades navrantes. Donc, si j’avais été lui, j’aurais essayé de faire une carrière à la hauteur de mon talent.

Pour la même raison, si la question m’était posée à propos d’un réalisateur, je répondrais Jean-Pierre Mocky.

 

Jean LefevbreJean Lefebvre

 

 

 

 

10) Et l’actrice ?

Je n’ai jamais (cela intéresserait sans doute les psychanalystes qui trouveraient beaucoup à dire – y compris n’importe quoi) rêvé d’être, même pour un court moment, une femme donc, a fortiori, d’être une actrice[1].

Bon, pour répondre un peu à la question (enfin, pas vraiment en fait), disons que je reprendrais le rôle de la méchante reine dans Blanche Neige et les sept nains (David Hand, 1937).

 

 

11) Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?

Au cinéma, à l’heure où j’écris ces lignes,  Millenium II (Daniel Alfredson, 2009) ; j’étais seul et ce n’était pas terrible du tout.

Sinon, le dernier film que j’ai vu, c’était Blade Runner - 1ère partie, 2ème partie - (Ridley Scott, 1982) et ça, c’était génial.

 

12) Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

Bon, oublions la poésie et Les Fleurs du mal de ce cher Baudelaire. Et reparlons plutôt de L’Etrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde de Robert Louis Stevenson qui n’a pas donné lieu à de bonnes adaptations.

 

13) Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

En général, la cul-culterie me gonfle énormément.

Mais j’ai également beaucoup de mal avec tous ces trop nombreux films français (il doit aussi y en avoir des étrangers) qui sont tirés par le scénario, le dialogue, les performances d’acteurs… et, qui, in fine, ne sont pas du cinéma.

 

14) Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

Les derniers mots qu’auraient prononcés l’empereur Auguste, « Acta est fabula », ou, plus probablement, celle que Marcel Duchamp a faite graver sur sa tombe : « Et d’ailleurs, ce sont toujours les autres qui meurent. »

 

Marcel DuchampMarcel Duchamp

 

Ran

 


[1] Et puis si je choisissais une actrice, j’en prendrais forcément une très belle. Or, j’aime bien être tranquille quand je me balade dans la rue. Alors…

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windows8installation.com 06/12/2013 13:04

That was a very good questionnaire while interviewing a celebrity. I am really glad to have discovered this questionnaire since I could modify it when went to interview a cine actor in my town for my college magazine.

Ran 04/08/2010 10:46



Merci pour le référence ; je ne l'aurai pas trouvé tout seul.



nolan 04/08/2010 09:32



La bande dessinée dont tu parles est en réalité une série animée qui passait sur canal : Profession critique.






nolan 04/08/2010 09:29



J'ai du regarder un peu trop vite, je n'y ai vu que Scarlett Street dans la pile de films.


J'ai aussi vu Blue Gardenia. Ca fait donc 5. Ce qui fait que j'ai vu plus de Lang que de Kurosawa !



Ran 03/08/2010 23:58



Tiens, on écrit des commentaires au même moment. Sur Tetro, j'ai pris toute la place nécessaire pour expliquer tout ce qui m'avait plu dans le film (et je parle - même si ce n'est pas
construit de façon linéaire - de la fin ; ça me fait penser à cette anecdote qui se trouvait dans je ne sais plus quelle bande-dessinée : un homme promettait à une femme de faire pour elle tout
un tas de choses, notamment lui décrocher la Lune et lui expliquer la fin de 2001 ; mais, bon, ça, je m'y suis déjà attelé dans un précédent article).


Sinon, je pense que tu as compris que je ne plaçais pas exactement Lang et Lefevbre sur le même plan (mais de la même manière Galabru - qui, lui, a tout de même tourné Le Juge et
l'assassin -, je considère que Lefevbre avait un vrai talent malheureusement pas tout-à-fait exploité...). Et puis, vraiment, quatre Lang seulement, tu abuses un peu d'autant que dans une
pile de films que je te proposais de te prêter il y a peu, il y en avait quelques-uns (bon, en même temps, ceux que tu as pris valaient également le coup).



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