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Sécurité Rapprochée

9 Mars 2012 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Les sondages d’Hervé Morin… A force de distribuer, sans malveillance aucune, les bubulles, revient le souvenir de la sublime, mais avortée, campagne présidentielle du ‘‘leader’’ du Nouveau Centre qui, né en 1961, aurait pourtant vu le Débarquement. Faut bien rigoler comme on peut.

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SR 1Tobin Frost (Denzel Washington)


Il serait plus qu’hasardeux de mesurer la réussite d’un film en le comparant aux produits d’un genre proche mais fort bas de gamme qui sortent à la même période. Une œuvre importante est, par nature ou, du moins, jusqu’à un certain degré, exceptionnelle. Aussi qu’elle s’élève nettement au-dessus de la moyenne (franchement basse ces temps-ci…) ne l’est-il pas. Néanmoins la découverte de  La Dame de fer (Phyllida Lloyd, 2011) devrait permettre à ceux qui ont regardé J. Edgar (Clint Eastwood, 2011) avec circonspection de le reconsidérer avec plus de bienveillance. De même, si l’on a éprouvé quelque ennui devant  La Taupe (Tomas Alfredson, 2011), voir ce Sécurité rapprochée offre la possibilité de comprendre en quoi le premier est bien un grand film d’espionnage. Mais venons-en au brouillon de Daniel Espinosa. Si l’on disposait de la faculté de provoquer à loisir des arrêts durant la projection, on serait sans doute moins sévère. En effet, l’image, granuleuse, est incontestablement soignée et s’il n’y a pas de quoi crier au génie, la lumière apparaît travaillée. Mais il y a ce montage. Effrayant. Comment peut-on croire qu’il existe encore une quelconque cohérence ou hiérarchie entre les plans quand il semble y en avoir autant que d’images par seconde ? On connaît ce style, c’est celui, ici mal imité, de Paul Greengrass. Mais au moins celui-ci, tout critiquable soit-il, le maîtrise-t-il parfaitement. Ce qui n’est nullement le cas d’Espinosa qui, dans cet exercice, ne fait montre d’aucune dextérité. Dans le capharnaüm qu’il nous propose, jamais le moindre plan n’appelle le suivant, jamais il n’entre en tension avec celui qui le précède. Cela va simplement trop vite – même en dehors des (innombrables) scènes d’action. On pourrait dire que grammaire et syntaxe les plus élémentaires du cinéma sont inutilement torturées mais ce serait presque trop flatteur. A ce stade, il ne reste plus que des lettres éparses et éparpillées sans véritable logique. Cela donne la nausée. Sécurité rapprochée n’est simplement pas regardable.

 

 

SR 2Tobin Frost et Matt Weston (Ryan Reynolds)


Pour en sauver quelque chose, on aimerait alors se raccrocher à quelque autre point. L’histoire, par exemple. En raison du problème plus haut évoqué, il est impossible qu’elle se mette correctement en place et en appelle à l’imaginaire du spectateur. Du reste, elle est incroyablement banale. Sur fond de magouilles au sein d’une CIA infectée jusqu’à la moelle et entre deux carnages, le bleu et naïf Matt Weston (Ryan Reynolds) piste la légende Tobin Frost (Denzel Washington), ex-agent s’étant mis à son propre compte. Sécurité rapprochée repose sur un classique schéma de confrontation/filiation entre deux figures que tout oppose et réunit. Mais pas de développement – attendu, pourtant – sur la thématique du double. Non, juste une intrigue classique qui se déroule mollement au milieu des débris qui composent le film. Et puis, il y a, pour apporter une touche finale au désastre, cette difficulté supplémentaire liée au casting. Denzel Washington a beau n’être venu que pour payer ses traites, il écrase le consternant Ryan Reynolds. Depuis quand n’avait-on pas vu un acteur si falot ? Son charisme d’huitre mal décongelée devrait d’ailleurs le destiner, plutôt qu’à devenir un presque super-héros, à jouer ces scènes pseudo-romantiques avec la nunuche qui lui sert de petite amie (Nora Arnezeder). Elles sont complètement ridicules. Si elles avaient pu, au moins, être traitées avec une légère pointe d’ironie…

 

SR 3Matt Weston

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 0

 

Sécurité rapprochée (Daniel Espinosa, 2012)

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Antoine 29/03/2012 08:44


Assurèement un futur très grand !

nolan 28/03/2012 14:44


Je viens de percuter Easy Money et ce film ont le même réal...

nolan 17/03/2012 08:33


C'est le mec de The Killing, c'est ça ? Il avait joué dans Easy Money, film moyen dans lequel il en faisait des caisses. 

Antoine 15/03/2012 13:12


J'ai dû avoir une absence...

FredMJG 15/03/2012 11:24


Tu dormais, donc...

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