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Solo pour une blonde

19 Septembre 2011 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films anciens

Petit film noir tardif et de série B, Solo pour une blonde pique la curiosité car le héros, le célèbre détective Mike Hammer, est interprété par son créateur, Mickey Spillane. Ce qui ne suffit pas à retenir très longtemps l’attention même si le polar se laisse regarder.

 

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SPUB 1

DVD de Solo pour une blonde (Roy Rowland, 1963)

 

Créé par Mickey Spillane en 1947, le personnage du détective, Mike Hammer, extrêmement populaire aux Etats-Unis, a été au centre de très nombreuses adaptations cinématographiques (la première étant J’aurai ta peau d’Harry Essex en 1953) et télévisuelles. Si Solo pour une blonde (1963) n’en est qu’une parmi tant d’autres, la particularité du film de Roy Rowland est que le créateur du héros est au cœur même du projet puisqu’il en signe directement le scénario et, surtout, incarne lui-même Mike Hammer. Choix, a priori, curieux sauf qu’avec sa carrure d’armoire normande, Spillane semble assez à sa place dans la peau de son détective privé.

 

SPUB 2

Mike Hammer (Mickey Spillane)

 

Ecrit donc par Spillane, le scénario se révèle particulièrement embrouillé et, pour tout dire, quasiment incompréhensible faisant intervenir la disparition de la secrétaire et maîtresse de Mike Hammer (Velda), un mystérieux tueur (le dragon – Larry Taylor), la veuve d’un sénateur (Laura Knapp – Shirley Eaton), un réseau d’espionnage avec d’anciens nazis et la menace communiste (la haine du rouge semblant être l’une des composantes essentielles de l’inspiration de Spillane). Là n’est toutefois pas l’essentiel et ce n’est, comme souvent dans le film noir, qu’un prétexte. Qui ne permet cependant l’émergence d’aucune thématique à même de retenir l’intérêt. Quant aux personnages, ils ne séduisent guère. En fait, tout se concentre autour de Mike Hammer. Si la disparition de Velda l’aura transformé en déchet, la savoir en danger transforme bien vite le héros. Il retrouve donc toute sa majesté en se montrant fort, courageux, séducteur et surtout rusé puisqu’il dénoue les fils de cette intrigue on ne peut plus tortueuse. Face à lui, outre son étrange adversaire le dragon, un policier (Pat Chambers – Scott Peters), tout à la fois rival amoureux et ancien ami le poursuivant de sa haine féroce, quelques contacts bien utiles et un agent fédéral (Arthur Rickerby – Lloyd Nolan) comme allié de circonstances, soit un ensemble de stéréotypes qui ne mérite pas que l’on s’y attarde, il y a surtout la blonde Laura Knapp en archétype de femme fatale. Certes, le plus souvent en bikini, Shirley Eaton possède des atours très charmants – qu’elle ne cesse de faire admirer. Mais, toute affriolante qu’elle soit, elle n’est guère plus gracieuse que le baraqué et monolithique Mickey Spillane n’apparaît charismatique. Aussi leur duo ne passionne-t-il pas et les nombreuses scènes qui les réunissent sont-elles sans érotisme aucun.

 

SPUB 3

Laura Knapp (Shirley Eaton)

 

Quant à la mise en scène de Roy Rowland, admettons qu’elle n’est nullement dénuée d’efficacité. Assez rythmée, portée par une belle photographie et offrant pour terminer une scène de bagarre d’une grande violence, elle permet au film de se laisser regarder. Mais pas plus. Car elle ne possède ni intensité particulière, ni inventivité. Tout juste répète-t-elle dans sa composition les figures classiques du film noir, genre tout à fait moribond en 1963. Solo pour une blonde ne contribuera nullement à le renouveler et s’il s’en dégage un charme désuet, on est, in fine, devant un film qui n’apporte rien de particulier. Remarquons toutefois qu’il s’agit là d’un assez honnête divertissement de série B qui occupera correctement une morne après-midi. Ce qui fait tout de même assez peu. D’autant que l’on subodore que l’objectif de Spillane était ailleurs : signer l’adaptation « ultime » des aventures du héros qu’il avait créé. A repenser à En quatrième vitesse (1955) de Robert Aldrich, qui ne rendait pas véritablement hommage au personnage de Mike Hammer mais constituait un immense chef-d’œuvre, on ne peut que sourire devant l’énoncé de celle-ci.

 

SPUB 4

Laura Knapp et Mike Hammer

 

Un mot pour finir sur cette édition qui ne s’imposait pas. Elle est de qualité en proposant une belle copie. Les bonus, outre l’inévitable bande-annonce, se réduisent, eux, à une longue interview de Mickey Spillane (près d’une heure), réalisée par Christian Bauer, en 1991. Sans être aucunement fondamentaux, les propos du fort réactionnaire auteur de polars sont, par instants, intéressants ou amusants.

 

Antoine Rensonnet

 

Note d'Antoine : 1 

 

Un DVD :

Solo pour une blonde (Roy Rowland, 1963) : noir et blanc, format 16/9 compatible 4/3, version originale sous-titrée et version française, 89 minutes.

Sortie le 15 juin 2011 (Editions Carlotta).

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