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The Limits of Control par nolan

6 Décembre 2009 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Un homme, que l’on suppose de main et professionnel, se voit confier une mission, que l’on suppose dangereuse. Il part en Espagne, boit deux espresso dans deux tasses, attends, va au musée, change de ville. Puis tue Bill Murray. Puis rentre après un dernier tour au musée. Parfois il se change aussi. Mais c’est rare.

 

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The Limits of Control un cas flagrant d’antonionisme. Ce terme, je l’ai inventé ou en tout cas, je lui applique une définition bien précise. C’est lorsque vous regardez un film beau ou pas, que vous vous ennuyez profondément ou que vous souffrez de ne comprendre absolument rien et qui, pourtant, quelques jours plus tard vous hante et qui quelques jours après vous touche. C’est ce qui m’arrive avec les films d’Antonioni (à propos du réalisateur, vous pouvez lire une analyse éclairée de Zabriskie Point par Ran en cliquant ici).

 

Isaach de Bankolé suit un cours de philosphie moléculaire par Youki Kudoh

 

Donc, The Limits of Control, c’est un peu chiant mais c’est vraiment très beau. Il faut saluer la volonté de Jim Jarmush de prendre le contrepied des modes de narration classique. Dans ce cas, c’est brutal puisque l’histoire tient sur un quart de page, les motivations restent floues quoiqu’assez intrigantes. Ce qui intéresse l’auteur – un des personnages l’énonce au milieu – c’est les petits riens, les discussions à côtés, le décor… mais pas l’histoire. L’attention est essentiellement portée sur « l’habillage » de l’histoire, c’est-à-dire les moyens du cinéma pour la transformer en œuvre d’art. Plus généralement, le film serait une réflexion ou plutôt une expérience sur le ressenti du spectateur devant une œuvre.

D’une part, on assiste à une série de rencontres entre le héros silencieux et des interlocuteurs qui lui parlent d’une forme d’art : la musique, le cinéma, la peinture, la danse, le chant … la philosophie moléculaire (!). D’autre part, le héros va au musée et contemple un tableau corrélatif aux évènements à venir et ces scènes pourraient se lire comme l’expression cinématographique du tableau admiré, une sorte de traduction de ce que le personnage principal a éprouvé. Cela donne au film un côté fantastique accentué par la présence fantomatique et féline d’Isaach de Bankolé.

Le souvenir d’une œuvre audacieuse et planante.

 

The Limits of Control (2009), de Jim Jarmush

 

Note de nolan : 4

La critique de Ran

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