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Top 10 des films de super-héros

4 Mai 2010 , Rédigé par nolan et Antoine Rensonnet Publié dans #Tops

Genre mineur mais qui donne lieu à de nombreux films depuis le début des années 2000, il était tentant de faire un top 10 des films de super-héros. Et on en arrive à ce constat, si l’on ne peut que saluer, une fois de plus, l’incroyable qualité du Batman returns de Tim Burton, au-delà, le genre reste fort pauvre…

 

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Affiche-Batman-returns.jpg

 

  Par nolan

  1. Batman Returns (Tim Burton, 1991) 
  2. The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008) 
  3. Spider-man 2 (Sam Raimi, 2004) 
  4. Kick-Ass (Matthew Vaughn, 2010) 
  5. Matrix (Andy et Lara Wachowski, 1999) 
  6. Les Indestructibles (Brad Bird, 2004) 
  7. Batman (Tim Burton, 1989) 
  8. Spider-man (Sam Raimi, 2000) 
  9. X-men 2 (Brian Synger, 2003) 
  10. Iron Man (Jon Favreau, 2008) 

 

Le moins que l'on puisse dire est qu'en dehors du numéro un, véritable chef d'œuvre, les films de super-héros disposent encore peu de grands films. Pas facile de faire un top qui claque comme pour les westerns et les films noirs. On peut pourtant parler d'un genre en soi puisque le film de super-héros a ses codes et qu'il existe aujourd'hui des œuvres qui tâchent de les détourner avec intelligence (Kick-Ass et Les Indestructibles).

Alors que le premier Batman, objet pop-gothique très beau et bien servi par ses interprètes mérite une place (septième) dans ce top 10, sa suite prend la tête, et loin devant. Le chef d'œuvre de Tim Burton dispose d'une ambiance gothique largement copiée (The Crow, Spawn, …) et présente une galerie de monstres torturés fruit d'une réflexion sociale et politique que Ran a déjà développée (en partie) sur ce blog. Il faut encore aujourd'hui admirer la grande liberté du réalisateur au sein de cette grosse production : humour noir, séquences sanglantes et dialogues ciselés, la débauche de moyens est utilisée à son meilleur escient. C'est actuellement le film de super-héros ultime puisqu'il oscille entre le premier degré, le détournement des codes et la proposition cinématographique dépassant le genre.

Derrière, la version de Christopher Nolan fait pâle figure mais le film surchargé du réalisateur américano-britannique dispose pourtant d'une incroyable fluidité, d'un méchant historique fonctionnant comme un irrésistible trou noir avalant les personnages et les situations. La grande ambition du métrage, malgré quelques imperfections, fait tout de même plaisir à voir surtout au regard du premier opus (Batman Begins, 2005) qui ratait largement son introduction de ninja avant de transposer adroitement le monde des super-héros dans une atmosphère de film policier des années 70.

A la suite dans ce classement, le ton se rompt, les couleurs deviennent chatoyantes et le héros christique. Spider-man 2 est divisé en deux parties, la première est excellente, la seconde déroule sans retrouver le souffle épique de la première qu'elle tendait pourtant à développer. Le premier opus, huitième, souffre de son histoire d'amour cul-cul mais rattrape le coup par une réflexion intéressante sur le statut de héros et une esthétique BD (les couleurs, les cadrages) qui constitue une vraie rupture de ton avec les ersatz de Batman très poseurs. Kick-Ass, faux jumeau et vrai sale gosse trouve sa place (quatrième) entre les deux. Le troisième épisode de l'Araignée[1] ne vaudra que pour la magnifique séquence de la naissance de l'Homme de Sable, ce qui n'est pas beaucoup sur deux heures et demie.

Les frère-sœur Wachowski avaient tout compris en 1999 avant de se perdre dans la suite de la trilogie Matrix[2]. Le premier film convoque un demi-milliard de références[3] dans une intrigue à la construction classique mais enivrante. Naissance d'un super-héros, création d'un univers puis plus rien dans les épisodes suivants (ah si une course poursuite assez fendarde dans le 2 !)

Les super-héros en famille existaient déjà en BD (Les 4 fantastiques) mais pas encore en film. Le studio Pixar a demandé à un Brad Bird très inspiré d'en tirer une chronique spectaculaire, version familiale de Watchmen (Alan Moore, 1988)[4] qui mérite largement sa place dans ce top 10. Après avoir réalisé un premier X-Men faiblard, Bryan Singer se reprend dans un second opus dense et rythmé aux multiples personnages qu'il ne sacrifie pas tout en maintenant un intérêt plus marqué pour le meilleur d'entre eux : Wolverine.

Iron-man ferme la marche. C'est un bon film, bien construit et bien sage mais qui trouve dans son interprète charmeur une épaisseur particulière empreinte de boboïtude honnie par les vrais gens qui savent ce qu'est la réalité du monde. Et puis merde, il y a quand même des supers-robots !

 

nolan

 

Par Ran

 

1) Batman returns (Tim Burton, 1992) 

2) Batman, The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008) 

3) Batman (Tim Burton, 1989) 

4) Spiderman (Sam Raimi, 2002) 

5) Kick Ass (Matthew Vaughn, 2009) 

6) X Men 2 (Brian Synger, 2003) 

7) Flash Gordon (Mike Hodges, 1980)

8) Spiderman 2 (Sam Raimi, 2004) 

9) Les Indestructibles (Brad Bird, 2004) 

10) Iron Man (Jon Favreau, 2008) 

 

Si à Hollywood, le film de super-héros reste un genre mineur, il n’en constitue pas moins un genre en soi. En faire l’historique est un exercice sans doute difficile tant il a toujours plus ou moins existé. Néanmoins, on peut repérer un tournant à l’orée des années 2000 lié à la nouvelle politique commerciale de la Marvel Comics qui décida – alors que la D.C. Comics avait depuis longtemps permis de faire des films à gros budgets autour de ses personnages-phares de Superman et de Batman – de satisfaire les producteurs en permettant de faire de nombreux blockbusters autour de son stock quasi-inépuisable de super-héros. Dans un premier temps, l’idée fut de confier de tels films à des réalisateurs assez reconnus (Bryan Singer – qui réalisa X Men en 2000 –, Sam Raimi, Ang Lee) avant que certaines productions ne soient confiées à de quasi-débutants (comme Mark Steven Johnson qui commit un exécrable Daredevil en 2003). Alors que ce mouvement se poursuit et que viennent, en France, de sortir quasi-simultanément Kick Ass (qui constitue une habile parodie de ce genre) et Iron Man 2, on peut, au travers d’un top 10, faire un rapide bilan dix ans après.

La première tient à la faiblesse du genre. De fait, il n’a donné lieu qu’à un seul chef d’œuvre – certes absolu – qu’est le Batman returns de Tim Burton. S’il s’agit, à mon sens, du plus grand film de cet auteur majeur, il faut également et surtout remarquer que ce film est peut-être le plus important détournement d’un grand film hollywoodien depuis le Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder (1950). Aussi eut-il pour conséquence (parfaitement logique) d’écarter Tim Burton de la réalisation du troisième Batman (1995) confié au cataclysmique Joel Schumacher… Dans son premier opus, Burton avait, par contre, parfaitement tenu le cahier des charges imposé par les producteurs. Or, si le film est plus qu’agréable et très réussi, il est loin de figurer parmi les œuvres majeures de son auteur. Et pourtant figure-t-il à la troisième place de ce top 10 ce qui montre bien la relative pauvreté de ce type de films. En fait, un seul film s’intercale entre les deux Batman de Burton et il s’agit encore d’un autre Batman, le second (après l’assez décevant Batman Begins, 2005) réalisé par Christopher Nolan. Incontestable réussite portée par l’extraordinaire composition de Heath Ledger en Joker, le film n’en compte pas moins un nombre certain de défauts, parfois majeurs.

Derrière ce trio de Batman, les récents films estampillés Marvel font donc assez pâle figure. Néanmoins – et, faute de mieux, pourrait-on dire –, ils peuplent les places d’honneur (quatrième, sixième, huitième et dixième) de ce top 10, le meilleur d’entre eux restant, je pense, le premier Spiderman de Sam Raimi qui posait – rien de moins mais sans trop la développer tout de même… – la problématique dostoïevskienne suivante : suis-je poussé à utiliser mon pouvoir parce que je dispose de celui-ci ou est-ce parce qu’il existe des occasions de mobiliser ce pouvoir que je le possède ?[5] Malheureusement, le second film – sans être mauvais – évacuait celle-ci.

Enfin, j’ai réservé une place à trois autres films : le très réjouissant détournement récent qu’est Kick Ass ; une autre semi-parodie qu’est le film d’animation Les Indestructibles ; enfin, l’ancien (par rapport aux autres films de ce top) et kitchissime Flash Gordon qui m’a laissé un très bon souvenir. Mais, bon, le genre – et je suis pourtant, ayant passé toute une partie de ma jeunesse à lire des comics, particulièrement bien disposé à son égard – reste bien pauvre[6]. Et sans attendre un nouveau film de la qualité de Batman returns, on ne peut qu’espérer qu’il s’enrichira de quelques œuvres intéressantes dans les années à venir.

 

Ran

 

 


[1] Spider-man 3 en 2007

[2] Les suites : Matrix Reloaded et Matrix Revolutions (2003)

[3] De mémoire : Jeunet, Nietschze, le wu xia pian, mangas, Ridley Scott, James Cameron, Lewis Carroll, Enki Bilal …

[4] Les super-héros sont désormais conspués mais finissent par reprendre du service.

[5] Cette question – qui rejoint celle de la morale collective et de l’éthique individuelle dans le contexte de la mort de Dieu – traverse toute l’œuvre du génie russe. On pourrait (désolé pour la vulgarité…) la reformuler ainsi : est-ce que c’est parce que j’aime que je me mets à bander ou est-ce que parce je bande que j’essaie d’aimer ? Aussi de nombreux héros dostoïevskiens cherchent-ils – sans succès – à aimer des femmes malades car il peut leur sembler que c’est pêcher contre la morale que de donner libre cours à leur sensualité (et parallèlement, ils sont traversés de l’idée de s’égaler à Dieu ; que l’on songe à Raskolnikov dans Crime et châtiment). Bien sûr, dans Spiderman, Sam Raimi ne fait qu’effleurer ce thème mais il est néanmoins bien présent d’autant que le réalisateur se plaît à dresser un évident parallèle entre la découverte par le héros (Tobey Maguire) de son pouvoir (absolu) et la révélation sexuelle du jeune adolescent. On peut d’ailleurs, dans ce contexte, réinterpréter quelque peu la (stupide) maxime du film : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »…

[6] Je remarque que nolan et moi n’avons pas moins de neuf films en commun dans ce top 10 et que nous sommes tous deux d’accord pour remarquer que seul Batman returns émerge au rang de chef d’œuvre. C’est une nouvelle preuve de la relative médiocrité générale du film de super-héros.

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A

Le premier Batman de Burton est important, ne serait-ce que parce qu'il permet le second...


Sinon, aucun film ne trouve complètement grâce à mes yeux (et certainement le troisième Batman de Nolan). Néanmoins, plusieurs d'entre eux m'amusent beaucoup notamment Flash
Gordon.
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A

Bonjour, je ne considère pas personnellement Matrix comme un film de super-héros au sens strict du terme.


Batman returns a gagné ses galons de films-cultes au fil des années, mais à l'époque, bien qu'ayant eu un beau succés, il n'avait été que modérément apprécié par les spectateurs, qui l'avaient
trouvé assez lent, raté dans ses scènes d'actions, et un l'univers Burton un peu..bizarre.


 


Le 1er Batman de Burton est pour moi un navet.


TDK est l'un des tous meilleurs, bien mieux que les Spiderman de Raimi (dont je déteste le 2 et le 3, mais j'aime bien le 1), et j'aime aussi beaucoup TDKR.


Les indestructibles est un dessin-animé donc bon...Mais il est super !! Un des meilleurs Pixar.


Je suis étonné de la présence d'une oeuvre aussi kitsch que Buck Rogers dans ce classement.


Kick Ass est excellent, de même qu'X-Men 2.


J'aime bien Iron Man aussi
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N


Oui Matrix n'est pas un film de super héros au sens strict mais il n'en est quand même pas loin.


Batman Returns était modérement apprécié y compris par la critique, je m'en souviens. Télérama lui reprochait d'avoir mis trop de personnages, d'avoir fait un film assez froid (ça a changé avec
l'arrivée de Ferenczi).


Navet, non, le premier Batman est bon et beau film et le Joker est très bien.


TDK oui, TDKR, sans plus.


Pas de différence entre live et animation pour ce top, c'est comme ça, c'est normal :-)


Moi aussi, je fus étonné en lisant le top d'Antoine en y voyant Flash.


Ah, ça Kick Ass, j'aime beaucoup. X-Men le commencement vaut X-men 2 d'ailleurs.


 



R


Je n'ai pas gardé un très bon souvenir des Superman de Donner des années 1980.


Quant à la nouvelle version sortie il y a quelques années, Superman returns, elle était certes d'un autre calibre mais j''avais tout de même trouvé celle-ci un peu trop longue et
empesée.



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B


Je voudrais juste ajouter dans la liste que vous avez présenté, Superman III (où Superman devient super-méchant) et Superman Returns (qui est passé plutôt inaperçu me semble-t-il). 



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N


@Alexandre,


J'aime vraiment le Batman de Nolan et j'apprécie ce côté polar parano des années 70 et, comme écrit plus haut, je trouve que le film est chargé jusqu'à la gueule mais reste fluide : j'aime bien
ça aussi, avoir réussi à condenser en 2h30 ce qui aurait du tenir dans une série en 12 épisodes. Ensuite, les scènes d'action  et en particulier la course poursuite dans le tunnel qui se
finit dans la rue mano a mano sont excellentes. Enfin, je le trouve, c'est vrai, bien plus faible que l'opus de Burton que j'ai vu mille fois (contre cinq cents pour TDK). Mais je pense
que vous trouvez surtout Ran sévère.


Par contre, ce que j'aime dans les Spider-man de Raimi, c'est d'arriver à faire des personnages assez épais avec deux, trois traits de caractère ou en se servant des clichés les plus
éculés. C'est assez flagrant dans ces films et c'est à saluer.



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