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TOP 2000-2009 du cinéma français

22 Février 2010 , Rédigé par Ran Publié dans #Tops

Après un top dix général et un top vingt américain, voilà un classement des quinze meilleurs films français de la décennie écoulée. L’occasion de constater que, malgré quelques (très) bons films, notre cinéma est loin d’avoir connu un âge d’or. La faute notamment au système de production…

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De-battre-mon-coeur.jpg1) De battre mon cœur s’est arrêté (Jacques Audiard, 2005)

 

2) Cœurs (Alain Resnais, 2006)

 

3) Un Prophète (Jacques Audiard, 2005)

 

4) Triple agent (Eric Rohmer, 2004)

 

5) Clean (Olivier Assayas, 2004)

 

6) Flandres (Bruno Dumont, 2006)

 

7) Dans Paris (Christophe Honoré, 2006)

 

8) Un conte de Noël (Arnaud Desplechin, 2008)

 

9) OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (Michel Hazanavicius, 2006)

 

10) Merci pour le chocolat (Claude Chabrol, 2000)

 

11) Les Témoins (André Téchiné, 2007)

 

12) La Petite Lili (Claude Miller, 2003)

 

13) Le Petit Lieutenant (Xavier Beauvois, 2005)

 

14) Lady Chatterley (Pascale Ferran, 2006)

 

15) Les Chansons d’amour (Christophe Honoré, 2007)

 

Après avoir publié, début décembre, un top dix de l’ensemble des films des années 2000, puis, très récemment, un top vingt des films américains sur cette même période, je reviens, une nouvelle fois (peut-être pas la dernière…), sur la décennie qui vient de se clore en m’intéressant spécifiquement au cinéma hexagonal. J’ai souhaité en classer les quinze meilleurs films et force est de constater que cela fut un peu ardu. Mais, contrairement au cinéma américain pour lequel se limiter à vingt films imposa des choix draconiens, arriver à quinze tint ici de la gageure. En effet, et c’est le premier point que je souhaite souligner malgré quelques œuvres de grande qualité, le cinéma français me semble loin d’avoir vécu une décennie dorée. Certes, à la lecture de ce classement, Jacques Audiard, en plaçant deux de ses films dans les trois premières places, fait figure de grand gagnant. S’il appartient bel et bien désormais au cercle des grands cinéastes contemporains, ni De battre mon cœur s’est arrêté, ni Un Prophète, malgré toutes leurs qualités, n’appartenaient aux dix meilleurs films de la décennie et, si j’avais souhaité plus ouvrir ce classement, il n’est même pas sûr qu’ils auraient pu prétendre à une place parmi les vingt premiers. Ainsi, le cinéma français – et l’on pourrait étendre ce constat à l’ensemble de l’Europe – se place-t-il bien aujourd’hui, pour moi, en position seconde dans le concert cinématographique mondial.

Ne soyons pas trop sévère tout-de-même ; si on ne voit pas quel auteur français pourrait aujourd’hui signer un film de la qualité d’un 2046[1] (Wong Kar Wai, 2004), d’un Three Times (Hou Hsiao Hsien, 2005) ou d’un Tetro (Francis Ford Coppola, 2009), notre cinéma ne manque toutefois de ressources et plusieurs réalisateurs, au-delà du seul Jacques Audiard, font aujourd’hui figure de valeurs sûres du cinéma à l’image d’Olivier Assayas, de Bruno Dumont, de Christophe Honoré ou encore d’Arnaud Desplechin. Il faudrait d’ailleurs en ajouter d’autres mais certains commencent à se faire très âgés (Alain Resnais, Claude Chabrol) – ce qui n’est guère bon signe – alors qu’Eric Rohmer vient de nous quitter. Mais, au-delà de l’absence d’un créateur du niveau d’un Francis Ford Coppola – ce qui ne peut pas se commander –, le problème du cinéma français est double. D’une part, la société française ne connaît pas aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, de bouleversements comparables à celle de nombreux pays asiatiques ce qui explique partiellement la qualité de leurs cinémas. D’autre part – et, dans ce cas, la responsabilité de l’industrie cinématographique française est pleine et entière –, le système de production présente de lourds défauts structurels[2]. Il a certes ses qualités et ce qu’on appelle parfois le « cinéma du milieu » permet, bon an, mal an, à la production française de tenir son rang au point que l’on ne peut décemment parler de crise du cinéma français mais les plus grosses productions et les plus gros succès sont, en général, des films plus que médiocres – que l’on songe à Bienvenue chez les Ch’tis (Dany Boon, 2008) – et parfois même franchement nauséabonds comme l’a montré le très réactionnaire Les Choristes (Christophe Barratier, 2004). En fait, il n’y eut, au cours de la décennie écoulée, qu’une seule véritable exception avec le très réjouissant OSS 117, Le Caire, nid d’espions (et sa suite – presque aussi réussie – OSS 117, Rio ne répond plus par le même Michel Hazanavicius en 2009) qui constitua une vraie bouffée d’oxygène dans le paysage surchargé et sinistré de la comédie française. Mais, pour le reste, force est de constater que la France reste loin du système hollywoodien qui, bien que parfois décrié, offre des budgets très conséquents à des artistes comme les frères Coen, Clint Eastwood ou Tim Burton.

 

Ran



[1] Voir mes cinq textes consacrés à ce film dans « Fantasmes et amours perdus ».

[2] J’y reviendrai, dans quelques semaines, dans un texte consacré à ceux-ci.

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