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Top des films de Billy Wilder

3 Janvier 2011 , Rédigé par Ran Publié dans #Tops

Un top cinq des films de Billy Wilder, auteur majeur même si, en se laissant parfois aller à quelques facilités, ses œuvres ne se révèlent pas toujours aussi intéressantes qu’elles pourraient l’être. Restent deux immenses chefs d’œuvre – entre lesquels je choisis de ne pas choisir… – et bien d’autres grands films.

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BW1Affiche d’Assurance sur la mort (1944)

 

1) Ex-æquo :  Assurance sur la mort (1944) et Boulevard du crépuscule (1950)

3) La Vie privée de Sherlock Holmes (1970)

4) Certains l’aiment chaud (1959)

5) Témoin à charge (1957)

 

BW2Affiche de Boulevard du crépuscule (1950)

 

Un petit top cinq des films d’un artiste majeur de l’âge d’or hollywoodien : Billy Wilder. Une fois n’étant pas coutume, je ne choisis pas – et ce bien que ce soit tout à fait contraire aux règles de l’exercice – et décerne une première place ex-æquo aux deux œuvres majeures du cinéaste soit, par ordre chronologique, Assurance sur la mort (1944), à la fois matrice et indépassable référence du film noir, et l’extraordinaire Boulevard du crépuscule (1950), film inclassable dans lequel l’auteur fait montre de toute l’ampleur de son talent sarcastique et dont on se demande encore comment il a pu être produit dans le cadre assez rigide du système des studios hollywoodiens.

 

BW3Affiche de La Vie privée de Sherlock Holmes (1970)

 

On remarquera que ni l’un, ni l’autre de ses deux films ne sont des comédies même si le second réserve nombre de moments fort drôles. Pourtant, c’est bien avec ce genre que Wilder a connu la grande et durable reconnaissance publique (et assez largement critique). Mais, malgré de très bons passages, celles-ci m’apparaissent souvent assez faibles et il me semble que Wilder se laisse gagner par une certaine facilité, galvaudant en quelque sorte son immense talent et minorant son ambition. Certes, quelques-unes sont d’une grande finesse (Ariane, par exemple, en 1957) mais beaucoup se révèlent assez lourdes (combien apparaissent répétitifs les gags dans des films comme Un, deux, trois – 1961 – Embrasse-moi, idiot – 1964 – ou Avanti ! – 1972 – …) et bien éloignées de la virtuosité de celles de son maître revendiqué Ernst Lubitsch (pour lequel Wilder signa – en compagnie de son complice de l’époque Charles Brackett – les scénarios de La Huitième femme de Barbe-Bleue en 1938 et de Ninotchka en 1939). Et ce cycle de comédies – assez décevant, donc – constitue la quasi-totalité de la production de Wilder à partir du milieu des années 1950 (il terminera même sa carrière avec Buddy Buddy en 1981, un remake, paraît-il navrant, de L’Emmerdeur réalisé par Edouard Molinaro en 1973). Néanmoins le réalisateur renaîtra ponctuellement mais totalement à la très grande ambition en s’attaquant au personnage de Sherlock Holmes dans La Vie privée de Sherlock Holmes en 1970. Un très grand film, assurément – même s’il ne s’agit pas exactement de l’œuvre dont rêvait son auteur – que l’on peut rattacher à la comédie mais qui la dépasse – et de loin ! – en se livrant à une très fine étude psychologique du célèbre détective londonien. Aussi occupe-t-il la troisième place.

 

 BW4Affiche de Certains l’aiment chaud (1959)

 

On ne saurait toutefois rejeter en bloc l’ensemble des comédies signées Billy Wilder et quelques pépites sortent du lot dont la plus remarquable reste bien sûr le célébrissime Certains l’aiment chaud (1959) qui échoue donc au pied du podium. Mais c’est peut-être le film classé cinquième, le bien moins connu Témoin à charge – adapté d’une pièce d’Agatha Christie à laquelle Wilder et ses coscénaristes (Harry Kurnitz et Larry Marcus) apportèrent de substantielles et profitables modifications – réalisé en 1957 qui témoigne le mieux de la double facette du cinéma wilderien. D’un côté, une comédie parfois drôle mais souvent pataude dans laquelle Charles Laughton cabotine énormément et, de l’autre, une superbe réflexion sur le vieillissement inexorable d’une femme qui a cessé de rayonner. Il s’agit de Marlene Dietrich et son rôle est une claire mise en abyme de l’évolution de la superstar créée et magnifiée par Joseph von Sternberg. Puisque Marlene Dietrich est à l’affiche, ce film offre comme un prolongement au western d’un autre célèbre réalisateur d’origine viennoise, L’Ange des maudits (1952) de Fritz Lang. Mais surtout, Témoin à charge se situe dans la filiation de l’immense Boulevard du crépuscule. Sans doute parce que si Billy Wilder a su filmer les jeunes femmes (qu’il s’agisse d’Audrey Hepburn ou de Marilyn Monroe) et a beaucoup fait rire, le thème-clef de son œuvre reste une réflexion pleine d’amertume sur le déclin.

 

BW5Affiche de Témoin à charge (1957)

 

Ran

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Ran 15/01/2011 13:46



Merci de ce commentaire, Vincent.


Je suis peut-être un peu dur, c'est vrai. Mais j'aime beaucoup Billy Wilder et tout particulièrement Assurance sur la mort et Boulevard du crépuscule. Cependant, comparativement
à ces deux films, je trouve ses comédies assez nettement en dessous. En fait, j'ai souvent l'impression qu'il se laisse aller à quelques facilités que son talent aurait pu (ou dû) lui permettre
de s'épargner et, presque toujours, je les trouve un peu trop longues (notamment Avanti !). C'est vrai qu'il a écrit deux films pour Lubitsch et certains des effets comiques de
Ninotchka sont d'ailleurs repris dans Un, deux, trois. Mais, là encore, je trouve le film de Lubitsch nettement plus convaincant.


En tout cas, encore une fois, mon regard est peut-être perverti par les deux monuments mis au sommet de mon top qui figurent parmi mes quelques films préférés.



Vincent 14/01/2011 13:28



Je viens en renfort de Dasola, je vous trouve un peu dur avec Wilder qui est pour moi juste au dessous de Lubitsch pour lequel il a écrit "Ninotchka" et "La huitième femme de Barbe-Bleue" ce qui
n'est tout à fait rien (sans compter ses collaborations avec Leisen et Hawks).


Je mettrais sans problème "Some like it hot" au dessus de tout le reste même s'il ne s'agit pas de critiquer le choix des films noirs qui sont remarquables. A trois ou quatre exceptions près,
j'adore tout ce qu'il a fait. Dans le registre drammatique il y a "La garçonnière" et puis Marilyn sur sa bouche de métro, "Embrasse moi, idiot", "La scandaleuse de Berlin", "Ariane" que j'ai
redécouvert il y a peu, "Irma la douce" et, sisis, "Avanti !" que j'avais beaucoup aimé, le soleil de l'Italie et un ton plus résolument moderne ayant à mon sens renouvellé son comique.


J'aime aussi sa version de Holmes. Un grand bonhomme, il faut lire son livre d'entretiens par Cameron Crowe.


 



Ran 07/01/2011 18:49



Bonour Dasola ; désolé pour cette réponse tardive. Effectivement, c'est moi qui ai commis ce top (mais on nous confond souvent nolan et moi).


Je ne déteste pas les comédies de Billy Wilder mais, pour la plupart d'entre elles - dont Avanti ! ; désolé -, je trouve que le réalisateur réutilise trop souvent les mêmes effets
comiques ce qui les rend, à mon goût, un peu lourdes même si elles restent très drôles. Je préfère donc le Billy Wilder, auteur d'Assurance sur la mort et de Boulevard du
crépuscule.



dasola 04/01/2011 12:06



Bonjour Nolan, je suis une fan d'Avanti, vu et revu (avec mon ami). A part ça, il faudrait que je revois Témoin à charge et Bd du crépuscule. Assurance sur la mort est une référence dans le
genre. Bonne journée.



nolan 04/01/2011 13:24



Bonjour Dasola, merci pour ce commentaire. Une précision tout de même, Ran est l'auteur de ce top. Bonne journée également.



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