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Top des films de Joel et Ethan Coen

24 Décembre 2010 , Rédigé par Ran Publié dans #Tops

Pour inaugurer une série de textes consacrée à l’œuvre des frères Coen, un petit top (cinq) s’imposait. Avec No Country for old men à la première place et, pour le reste, des choix (très) difficiles et finalement fort peu assurés. Mais c’est là le jeu ; impitoyable et amusant…

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TFC1Affiche de No Country for old men (2007)

 

Ran nolan

1) No Country for old men (2007)

2) The Barber, l’homme qui n’était pas là (2001)

3) The Big Lebowski (1998)

4) A Serious Man (2009)

5) Barton Fink (1991)

1) No Country for old men (2007)

2) Miller's Crossing (1990)

3) The Big Lebowski (1998)

4) The Barber, l’homme qui n’était pas là (2001) 

5) Fargo (1996)

 

TFC2Affiche de The Barber, l’homme qui n’était pas là (2001)

 

Ran : Pour commencer une période qui sera largement consacrée, sur ce blog, à l’œuvre des frères Coen, il est presque logique d’en passer par un petit top. Ceux-ci n’ayant réalisé que quatorze longs-métrages (que j’ai tous eus l’occasion de voir) entre 1984 et 2009 (en attendant True Grit qui doit sortir le 23 février prochain) – ce qui, d’ailleurs, n’est déjà pas si mal – il apparaît logique de proposer un top 5 plutôt qu’un top 10. Problème : sept de leurs films m’apparaissent très importants soit Miller’s Crossing (1990), Barton Fink (1991), Fargo (1996), The Big Lebowski (1998), The Barber, l’homme qui n’était pas là (2001), No Country for old men (2007) et A Serious Man (2009). On remarquera tout d’abord leur assez remarquable constance dans la qualité puisque la moitié, donc, de l’œuvre me semble de très grande qualité alors que, parmi les films non retenus, si quelques-uns semblent relativement faible (Intolérable cruauté en 2003 ou Ladykillers en 2004 – très inférieur au Tueur de dames réalisé par Alexander Mackendrick en 1955 –, deux comédies de bonne facture mais sans grand intérêt sur le fond), d’autres méritent de retenir pleinement l’attention et ne déparent en rien dans leur filmographie (O’Brother en 2000 ; Burn after reading en 2008). Néanmoins, ils se situent, qualitativement un ton en-dessous de ce qui me semblent être leurs sept œuvres majeures. Mais, sept, ce n’est pas cinq et il me faut donc, à regret – mais c’est le jeu cruel et amusant d’un exercice qui ne saurait être trop pris au sérieux – en éliminer deux. Et il s’agit, après mûre réflexion, de Miller’s Crossing et de Fargo, pourtant excellents.

 

TFC3Affiche de The Big Lebowski (1998)

 

Après, il faut donc classer parmi les cinq films retenus. La première place échoit – et c’est sans doute là le choix le moins cornélien – à No Country for old men qui m’apparaît assez nettement, parce qu’il mobilise avec génie tout un passé de cinéma, parce que la réflexion des auteurs sur l’espace atteint son apogée, parce le mélange de tension et d’humour qui caractérise la majorité de leurs films est ici le plus finement dosé, parce que ce personnage de tueur fantastique qu’est Anton Chigurh (Javier Bardem) est extraordinaire et presque sans équivalent dans une œuvre pourtant riche en héros très étranges (bref, pour de multiples raisons sur lesquelles je reviendrai dans le texte consacré à ce film), comme leur chef d’œuvre.

 

 

TFC4Affiche d’A Serious Man (2009)

 

Au second rang, vient The Barber, l’homme qui n’était pas là, superbe hommage au film noir de l’âge d’or hollywoodien  dont le titre (le sous-titre en version française) fournit l’une des clefs du riche et baroque univers coenien. Pour compléter le podium, je place The Big Lebowski, la meilleure des comédies des deux frères et probablement – avec  L’Impossible Monsieur Bébé (Howard Hawks, 1938), Docteur Folamour (Stanley Kubrick, 1964) ou Zelig (Woody Allen, 1983) – l’un des films qui me fait le plus rire de toute l’histoire du cinéma. Notons que son personnage principal, Jeff (Jeff Bridges) est comme un double inversé du héros de The Barber, l’homme qui n’était pas là, Ed Crane (Billy Bob Thornton) mais aussi de ceux – Larry Gopnick (Michael Stuhlbarg) et Barton Fink (John Turturro) – des deux films qui viennent compléter ce classement en quatrième et cinquième position soit respectivement A Serious Man (le bijou de l’année 2010) et Barton Fink. Mais cette hiérarchie, outre qu’elle est parfaitement subjective, m’apparaît également comme très relative – ce qui n’est pas toujours le cas ; j’étais, par exemple, plus assuré dans mes choix lorsque j’ai proposé un classement des œuvres américaines d’Alfred Hitchcock, voire de celles (toutes périodes confondues) de Fritz Lang – tant, en dehors de No Country for old men que je considère comme assez nettement supérieur, les autres œuvres majeures des frères Coen me semblent d’une valeur presque équivalente…

 

TFC5Affiche de Barton Fink (1991)

 

nolan :

 

N’ayant pas le souci masochiste de Ran qui consiste à faire un top 5 alors que les frères Coen ont fait 14 films, je me voyais bien faire un petit top 10 pépère dont la seule difficulté aurait été de trouver un ordre. Mais par souci d’homogénéité et parce que Ran va parler longuement de cinéastes que j’adore, je me plie à ce jeu parfaitement frustrant. Il se trouve qu’à l’instar de Ran, je considère que les frères Coen ont réalisé sept très grands films (les mêmes que mon acolyte). Pour ne pas trop tergiverser, j’ai choisi d’écarter les deux films les plus mystérieux, les moins accessibles : Barton Fink (1991) et A Serious Man (2009) – mais ce dernier aura les honneurs de mon top 2010. Donc, il ne m’en reste plus que cinq à mettre dans l’ordre. On remarquera que ces films sont tous menés par cette fascination pour le petit détail qui change la vie. Ainsi les situations les plus inextricables trouvent leur résolution par un coup de chance ou, au contraire, la vie vous fait un gros pied-de-nez au dernier moment. A ce petit jeu là, on remarquera que, dans No Country for old men, Llewelyn Moss (Josh Brolin) décède à cause de sa belle-mère après avoir échappé à la mort en personne, Anton Chigurh (Javier Bardem) quand, dans Miller’s Crossing, le gangster Tom Reagan (Gabriel Byrne) échappe au meurtre une bonne dizaine de fois alors qu’il est embarqué dans une combine qu’il ne contrôle jamais. Même chose pour le Dude (Jeff Bridges) de The Big Lebowski qui, pour un tapis et par excès de décontraction, se laisse porté par les évènements sans pourtant guère de dommages quand son ami Donny (Steve Buscemi) meurt, lui, d’une crise cardiaque après une bagarre à laquelle il ne prend pas vraiment part. Et on pense alors au coiffeur (Billy Bob Thornton) de The Barber, l’homme qui n’était pas là parfaitement blasé de voir son destin scellé par une erreur judiciaire alors qu’il était tout près d’échapper à la chaise électrique. Enfin, dans Fargo, la vie reprend son cours après les tumultes ; tout rentre dans l’ordre, l’argent est enfoui sous la neige à jamais, presque tout le monde est mort et l’inspecteur Gunderson (Frances McDormand) a quelques mots de réconfort pour son mari, qui n’a pas eu la plus grosse médaille à son concours de timbres.

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Ran 03/01/2011 11:45



Ah ! Cette photographie, je l'ai cette fois-ci mais la première ne s'est jamais affichée. Pour l'instant, du moins...



nolan 03/01/2011 10:11



Je tente avec une autre photo (chez moi elle s'affiche une fois sur deux) :






Ran 02/01/2011 13:55



Merci ! Je crois qu'il manque une photographie ou alors elle ne s'affiche pas (The Barber). Et, toute blague mise à part, tu remarqueras que ce qui protège la tête (cheveux ou pas, vrai
ou faux) a une réelle importance dans le cinéma coenien - j'y reviendrai un peu à propos de Miller's Cossing.



nolan 02/01/2011 13:41




Ran,


En guise de cadeau de Noël et pour te souhaiter une bonne année, voici le top 5 des coiffures dans les films des frères Coen :


La coupe Mireille dans No Country for old men :





La coupe Desirless dans Barton Fink :





La coupe Postiche dans The Barber :





La coupe Non coupe dans Arizona Junior :





La coupe Chef oui chef de Big Lebowski :







Ran 30/12/2010 19:38



Mais, je te crois volontiers.


Miller's Crossing et Barton Fink sont absolument indispensables. C'est un peu moins vrai pour Le Grand Saut mais cela reste un film très agréable.



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