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Aya de Yopougon

21 Août 2013 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Adaptation réussie, Aya de Yopougon ne se démarque guère de la bande dessinée originale. Si on peut regretter qu’elle en préserve à ce point la lettre, il est appréciable qu’elle en préserve l’esprit, léger, frais et énergique.

Hervé et Aya

Hervé et Aya

Il y a, au fond, deux manières d’aborder ce film. La première est de déplorer le peu de cinéma qu’il recèle. Aya de Yopougon est l’adaptation la plus littérale qui soit de la bande dessinée éponyme(1) des deux mêmes auteurs. L’adjonction, tout de même appréciable, de quelques publicités ivoiriennes d’époque et la réalisation de plans d’ensemble (qui, souvent, restent de coupe) ne sont guère que des cache-misère n’apportant pas grand-chose de plus. L’autre, évidemment, est d’applaudir à la réussite de cette transposition si fidèle. Aya ne gagne rien avec son passage sur le grand écran mais conserve tout ce qui faisait son charme. Soit principalement celui de suivre, dans le Yopougon (un quartier populaire d’Abidjan) de la fin des années 1970, les trajectoires d’une série de personnages. Celles-ci sont rythmées et, malgré les déboires qui frappent régulièrement les héros, plutôt joyeuses. On soulignera donc, d’une part, la qualité de l’animation qui, sans effet spectaculaire, permet de retrouver la fluidité de l’œuvre chorale originale. On remarquera, d’autre part, combien les protagonistes, plongés dans un quotidien simple et pluri-générationnel, s’attirent spontanément la sympathie. Ils bénéficient, pour la plupart, de leur enthousiasme, qui se fait particulièrement communicatif, et de la tendresse jamais démentie que manifestent les auteurs à leur égard. C’est peut-être celle-ci qui, in fine, constitue la plus belle qualité de l’ensemble. Elle sublime les quelques clichés, peut-être plus liés aux nécessités de la caricature et de la synthèse qu’à une volonté de diffuser un exotisme bon marché, et, en accordant à tous (même au larvesque Hervé) une dose exceptionnelle d’énergie, évite tout pathos pour, toujours, lui préférer l’humour. Reste une question : pourquoi Aya ? La jeune narratrice dispose certes d’une position privilégiée mais plutôt comme spectatrice des amours quelque peu contrariées de ses ‘‘copines’’ Adjoua et Bintou. Il faut dire que, paré de tous les atouts ou presque, le centre supposé est un peu trop parfait pour occuper seul le devant de la scène. Toutefois, si ce premier opus cinématographique était appelé à connaître de nouvelles déclinaisons, le rôle d’Aya devrait devenir croissant. Et, bien que cela ne résolve qu’à peine la question du titre, on attend, par exemple en le relisant, de le voir.

 

 

Adjoua et Bintou

Adjoua et Bintou

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 3

 

Aya de Yopougon (Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, 2013)

 

(1) En fait, de ses deux premiers tomes – sur les six parus entre 2005 et 2010.

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