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Frances Ha

13 Juillet 2013 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Résolument moins amer que Greenberg (2011), Frances Ha est toutefois une comédie dont le charme se trouve dans l'étrange mélancolie de son héroïne.  

 

Greta Gerwig

Greta Gerwig

Frances, danseuse new-yorkaise (Greta Gerwig, également scénariste et compagne du réalisateur), est un personnage lunaire qui semble à la fois se laisser porter par les événements et en prendre la direction. Elle se distingue en cela de la plupart des autres protagonistes, en particulier sa meilleure amie Sophie (Mickey Summer). C'est aussi ce qui crée de délicieux décalages entre excuses et provocations dans ses relations avec ses congénères (la scène du repas chez une amie danseuse reste un des grands moments de rire du film). Frances est aussi animée par une mélancolie dont elle a bien du mal à définir les contours. La succession d'échecs sentimentaux (rupture avec son compagnon mais surtout avec Sophie) et professionnels (elle n'est pas retenue au sein de la compagnie de danse où elle fait son apprentissage) en sont évidemment les causes immédiates. Mais il semble que le monde qui l'entoure est le vecteur profond de ce spleen aussi léger en surface qu'ancré en elle. Or, son regard amusé sur un monde triste constitue une partie de la force comique du film. L’héroïne, par ses paroles et ses gestes, va ainsi irriguer le métrage d'une forme d'enthousiasme désespéré (1) et provoquer cocasseries plus amusantes les unes que les autres.

On pense à la série Girls (Lena Duhnam, depuis 2011), parfois au Manhattan de Woody Allen (1980 – disons que New-York + noir et blanc participent à tout le moins de l'hommage). Cependant, Noah Baumbach filme sa compagne comme un personnage complètement positif dont le plus grand défaut est une désarmante maladresse (peut-être un peu feinte considérant ce qui a été écrit plus haut). Le film se conclue ainsi sur un incroyable happy end, comme l'aboutissement pour une presque trentenaire d'une phase de maturité. Au spectateur d'y croire ou pas. Après tout, c'est du cinéma, et nous choisissons d’y croire.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

 

1 A nos lecteurs : merci de pardonner cette afféterie

 

Frances Ha (Noah Baumbach, 2012)

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