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Kick-Ass 2

31 Août 2013 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Les producteurs, s’armant logiquement du piètre Jeff Wadlow, ont choisi pour Kick-Ass 2 la facilité soit la grosse dénotation plutôt que la subtile dénotation. Ce qui est, les rares éclats du film achevant d’en convaincre, fort regrettable.

Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) et Hit-Girl (Chloë Moretz)

Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) et Hit-Girl (Chloë Moretz)

Là où pêche Kick-Ass 2 est ce par quoi il brille en de trop rares instants : l’incorporation du réel. Il arrive que son surgissement fasse mouche. Que dans cet univers, un costume, une réflexion, une attitude sonnent juste et, dès lors, détonnent, que les héros, donc, et le spectateur avec, découvrent le gouffre qui séparent leurs aventures de leurs fantasmes. Alors le projet prend son sens et retrouve un peu du souffle, charmant et dérisoire, du premier opus (Matthew Vaughn, 2010). Le rire, en ce cas, n’est jamais loin. Une certaine finesse –portée par le seul Dave Lizewski/Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) – non plus qui transcende la farce et l’emmène vers les sentiers désabusés dans lesquels se perdent les rêves de jeunesse. Mais ce n’est plus, loin de là, l’essentiel dans ce second épisode d’une franchise précocement vieillie. Le plus souvent, l’outrance domine. Les noms (The Mother Fucker ou Night Bitch – Christopher Mintz-Plasse ou Lindy Booth) révèlent cette voie assumée de la facilité. L’épisode, inutile, dans lequel Mindy Macready/Hit-Girl (Chloë Moretz) se confronte au monde cinématographique habituel du teen movie se termine dans une triste éruption scatologique. L’arme alors employée, elle, est le signe d’une escalade de la violence qui mène logiquement vers un final en forme de triste baston géante (peu arrangée par la balourdise d’un Jeff Wadlow qui ne fait pas oublier la relative virtuosité du petit maître Matthew Vaughn). La mort, non plus que les divers sévices, ne compte pas dans Kick-Ass 2 – et c’est bien son principal défaut. On peut toujours reprocher à un film qui amoncelle les cadavres de ne pas esquisser la moindre réflexion sur ce qui les génère. Dans ce cas, alors que toute l’entreprise repose sur le double postulat contradictoire du risque et de l’impossibilité à modifier, même marginalement, un quotidien désepérant, la présence de celle-ci était indispensable. En son absence, l’échec, pas loin d’être absolu, est consommé. Il se résume, au fond, au seul personnage du colonel Stars and Stripes (Jim Carrey). Secondaire mais longtemps mis en jeu, le pseudo-héros est victime d’une mort atroce et grotesque qui fait écho aux actes auxquels il se livrait. Ce n’est, apparemment, que pur hasard et qu’il forme sciemment une milice privée ne doit pas surtout pas interroger. La bêtise, un peu criminelle lorsqu’elle est portée à ce point, l’emporte largement. Que ledit colonel ait nommé son berger allemand Eisenhower ne suffit pas à changer grand-chose à l’affaire.

Le colonel Stars and Stripes (Jim Carrey)

Le colonel Stars and Stripes (Jim Carrey)

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

Kick-Ass 2 (Jeff Wadlow, 2013)

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