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Le Congrès

20 Juillet 2013 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Ari Folman, attendu depuis Valse avec Bachir, a-t-il voulu protéger son imaginaire ou n’en a-t-il tout simplement plus guère ? Quoi qu’il en soit, autour des figures, excitantes mais usées, de la femme absolue et du cinéma total, ce Congrès sonne bien creux.

Robin Wright elle-même

Robin Wright elle-même

C’est tout de même un peu triste de n’avoir que cet imaginaire-là à proposer. Une femme, nous dit Ari Folman, se prête à deux incarnations absolues et concurrentielles : d’un côté, l’actrice globale, prête à satisfaire sur commande tous les désirs d’un spectateur se rêvant acteur, de l’autre, la mère… Vision très pauvre, au surplus sans originalité et, pour couronner le tout, jamais assumée. Le réalisateur se cache derrière deux écrans. Le producteur, évidemment parfaitement antipathique, porte la charge du premier membre du propos, la femme, forcément idéalisée en Robin Wright, la seconde. Folman, lui, déserte. A partir de telles prémisses, que peut bien être Le Congrès, qui se voudrait, rien que ça, objet filmique non identifié et cinéma total ? Il brode, à toute vitesse, en opérant des sautes brusques dans le temps, autour de la figure du monde devenu cinéma, offre quelque jolies séquences dans sa partie initiale avant de se dissoudre définitivement dans une deuxième moitié en dessin animé (pourquoi d’ailleurs ?). Ce n’est pas tant la laideur générale qui désespère que la faiblesse du fantasme qui, jamais, ne surprend. Le projet de Folman était tentant. D’autres, nombreux d’ailleurs, l’ont eu avant lui. Ne citons que deux exemples récents : David Lynch et Leos Carax. Si l’un et l’autre, respectivement dans Inland Empire (2006) et Holy Motors (2012), parvenaient, au moins en partie, à leurs fins – troubler –, c’est qu’ils étaient mus par une réelle folie, expérimentale et jusqu’au boutiste, qui mettait tout en danger : eux-mêmes, leur acteur-double au cœur de l’entreprise (Laura Dern chez Lynch, Denis Lavant chez Carax), et même le cinéma, leur matériau. Malgré des apparences baroques, il n’y a rien de cela dans cet extrêmement sage Congrès. Hors les stupides banalités – qu’on pourra trouver répugnantes si l’on juge qu’il est vraiment nécessaire de s’énerver – rappelées plus haut, le film est vide. On ne s’étonnera donc pas qu’il se termine dans un torrent de mièvrerie. Reste une question : où est diable passé le réalisateur du subtil et poétique Valse avec Bachir (2008) ?

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

Le Congrès (Ari Folman, 2013

Robin Wright version animée

Robin Wright version animée

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Windows 7 support now 27/12/2013 13:10

Well this is what one would ever expect of a actress or better said a performer. I am a big fan of hers and I will stay that way for the rest of my life. She just knows how to keep the spectators entertained and I do not think most of the celebrities know much about this.

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