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Les salauds

23 Août 2013 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Le travail formel effectué sur Les Salauds est séduisant mais le film nous laisse tout de même sur notre faim. En jouant sur les ellipses, les non-dits et des séquences oniriques, le métrage provoque plus souvent la frustration que la fascination.

Vincent Lindon

Vincent Lindon

Nous attendions peut-être un peu trop des Salauds de Claire Denis dont le titre renvoie à l'une de ses sources d'inspiration : Les Salauds Dorment en Paix d'Akira Kurosawa (1960). D'une part, parce que la catégorie « film d'auteur français » est assez pauvre cet été (outre ce film, nous n'avons repéré que Grand Central de Rebecca Zlotowski qui sort le 28 aout) et, d'autre part, parce que nous avions gardé un très bon souvenir de 35 Rhums (2008). Claire Denis veut donner une ambiance irréelle à ce thriller qui voit Marco (Vincent Lindon, excellent) quitter son poste de capitaine de cargo pour revenir sur Paris et enquêter sur Edouard Laporte (Michel Subor, tête de serpent), un riche industriel fortement créditeur du beau-frère de Marco (Laurent Grévil) qu'il aurait poussé au suicide et potentiel violeur de la nièce de Marco, Justine (Lola Créton) qui, elle-même, a tenté de se suicider. Marco décide de séduire la jeune femme de Laporte, Raphaëlle (Chiara Mastroianni) … Les personnages semblent errer sur la pellicule (numérique, le film a été tourné avec une Red), un peu sonnés par ce qui leur arrive. Visuellement, c'est plutôt réussi et parfois même assez hypnotisant. La photographie nocturne et les regards perdus de Vincent Lindon et Lola Créton participent de cette atmosphère. Notons que Denis s'attarde beaucoup sur les corps de ses protagonistes et notamment celui de Lindon dont les bras puissants et le dos large la fascinent. Mais la cinéaste tâche aussi d'opacifier son intrigue plutôt simple et qui n'en nécessitait pas tant. Aussi joue-t-elle sur les non-dits, les ellipses… Elle insère des scènes qui ne semblent plus liées à l'histoire et qui sont soit des fantasmes (le vélo dans la forêt signifiant le kidnapping de l'enfant de Raphaëlle. Un cauchemar de cette dernière ? Un plan qui s'élabore dans le cerveau de Marco ? Mystère...), soit une incongruité scénaristique (Lindon corrige deux hommes de mains de Laporte initialement venus lui casser la gueule). Mais plutôt que de la fascination, c'est la perplexité qui domine. Ainsi le geste final de Raphaëlle, sans doute lourd de sens, nous a paru maladroit. Cependant, s’il suscite une certaine déception, le film reste intéressant et ne démérite pas dans sa volonté de dépasser le genre auquel il se rattache.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

Les Salauds (Claire Denis, 2013)

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