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Lettre à Momo - Un deuil, des dieux

3 Octobre 2013 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Attention cher lecteur, la note ci-après dévoile quelques éléments de l'intrigue qui ménage ses effets dans la première partie. Cela ne change pas énormément de savoir mais le scénario de ce très bon film d'animation se garde bien de dévoiler certains de ses aspects. D'où cet avertissement liminaire.

Article paru sur Interlignage.fr 

 

Le film d'animation de Hiroyuki Okiura raconte un deuil comme une aventure. La petite Momo a perdu son père soudainement. Elle trouve, dans ses affaires, une lettre qu'il commençait à lui écrire. Peu avant qu'il disparaisse, elle avait eu des mots très durs à son égard. Aussi cette lettre à peine commencée cristallise-t-elle les frustrations liée à cette imprévue séparation. Pire, les vacances d'été sont pour elle synonyme de déménagement car sa mère a trouvé un travail sur une petite île reculée sur laquelle vivent son oncle et sa tante. La voilà donc quasiment sans attache, son père mort et sa mère au travail, sans ami, seule toute la journée. Cependant, elle va peu à peu découvrir qu'elle n'est pas complètement livrée à elle-même...

Momo et Mame

Momo et Mame

Difficile de parler du film sans trop révéler la nature des éléments mis en jeu autour de la jeune héroïne. D'abord parce qu'elles constituent la grande force du film par leur drôlerie – il s'agit de personnages aussi puissants que lamentables, aussi magiques que ridicules – et parce que le rythme du film repose entièrement sur eux. Ainsi la première partie commence par l'exposition du drame familial et la solitude de Momo avant de glisser vers le fantastique. L'apparition des créatures se fait en plusieurs étapes et délivre de très bons moments de comédies. Une fois qu'elles prennent une forme concrète aux yeux de Momo (elle seule les voit), le film se transforme, dans sa seconde partie, en une quête, celle de la prise de contact avec son défunt père doublée de la réhabilitation des créatures divines mais damnées. Par conséquent, si les gobelins servent de vecteur pour sortir Momo de la tristesse, la petite fille est aussi la clef du salut de leur âme. Et ce qui provoque le rire est que les trois divinités s'incrustant dans la vie de Momo sont menteuses, voleuses, sales, idiotes, d'une mauvaise foi défiant toute concurrence et finiront par bien agir pour "sauver leur cul" comme l'énonce l'une d'entre elles. La seule n'ayant pas tous ces défauts est surtout d'une grande innocence, accusant un certain retard mental. Bref, les grands moments du film sont réservés à celles-ci. Le métrage ne souffre pas pour autant d'un déséquilibre car la personnalité de Momo n'a rien d'agaçante contrairement à ce que l'on pourrait craindre. Au contraire le lien avec le spectateur se fait de manière naturelle. Le film n'est pourtant pas exempt de défauts, forçant le pathos le pathos dans les relations entre Momo et ses parents – ce qui occasionne également certaines longueurs. Il est généralement rattrapé par le comportement complexe de Momo face aux créatures ou aux autres enfants, autant d'étrangers à sa porte. Il faut également reconnaître à Okiura un talent affirmé pour les scènes d'actions, spectaculaires et vraiment emballantes, en particulier une course poursuite dans des vignes avec une famille de sangliers. L'action est largement soutenue par cet espace refermé sur lui-même, cette petite île dans le grand archipel, métaphore de l'univers intime de Momo, planète extraterrestre coupée du monde par les intempéries comme dans la dernière œuvre en date d'Hayao Myazaki, Ponyo sur la falaise (2009). Un bon moment.

 

Note de nolan : 3

 

Letter to Momo (Hiroyuki Okiura, 2011)

Iwa, Momo et Mame

Iwa, Momo et Mame

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