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Red 2

2 Septembre 2013 , Rédigé par Antoine Rensonnet Publié dans #Critiques de films récents

Au final, que dire d’autre que ce qui était prévu ? C’est-à-dire quelques gags amusants dans un film d’une grande médiocrité. Il n’y avait absolument rien d’autre à attendre de ce Red 2. Evidemment…

(…)

Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,

N’ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins

Le canevas banal de nos piteux destins,

C’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie.

 

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,

Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,

Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,

Dans la ménagerie infâme de nos vices,

 

Il en un plus laid, plus méchant, plus immonde !

Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,

Il ferait volontiers de la terre un débris

Et dans un bâillement avalerait le monde ;

 

C’est l’Ennui ! – l’œil chargé d’un pleur involontaire,

Il rêve d’échafauds en fumant son houka.

(…)

 

Charles Baudelaire – Au lecteur (in Les Fleurs du mal)

Frank Moses (Bruce Willis) et Marvin Boggs (John Malkovich)

Frank Moses (Bruce Willis) et Marvin Boggs (John Malkovich)

Sans doute nos tentations romantiques souffriront-elles de ce froid constat que la raison impose : la passion, dans l’ordre des pressions qui poussent à des actes absurdes, se trouve fort mal placée. On la savait reléguée loin derrière la norme sociale et l’habitude. Mais elle doit même céder devant l’ennui. C’est lui, et uniquement lui, en effet, qui nous conduisit devant ce Red 2 dont on savait ne rien devoir attendre de franchement bon. Probablement ne sommes-nous pas les seuls à nous être consciemment abîmés dans ce morne spectacle. Outre les spectateurs, venus par brassées de toute façon trop généreuses, certains des acteurs se sont jetés dans cette nasse pour (avoir l’impression de) faire quelque chose. Ils cabotinent, donc, deux heures durant, au gré des péripéties d’un scénario qui, pour être un prétexte, ne se laisse pas facilement oublier (résumons-le en disant qu’un savant fou veut faire exploser tout ce qu’il peut, que les plus hautes autorités cherchent à mettre la main sur sa technologie et qu’une bande d’ex-agents secrets tente de contrecarrer les différents malfaisants en tuant à qui mieux-mieux). Du moins – le maigre talent de Dean Parisot y est peut-être pour quelque chose de même que la construction en forme de road-movie planétaire –, le font-ils à peu près en rythme. Et si les intrigues pseudo-amoureuses de Bruce Willis et Mary-Louise Parker ennuient passablement, que Catherine Zeta-Jones et Anthony Hopkins ne convainquent guère (le second en profite cependant pour faire oublier son pitoyable Hitchcock) ou que Lee Byung-Hun et Helen Mirren flirtent avec le grotesque, John Malkovich, lui, parvient tant bien que mal à arracher quelques sourires (là encore, remarquons combien l’ennui impose sa puissance). Aussi n’y a-t-il vraiment rien à dire de ce médiocre, mais, in fine, consommable, divertissement. Une question, toutefois : au vu de la forme physique qu’ils tiennent à afficher, pourquoi fallait-il diable que nos héros soient retraités ? Le principe, censé sous-tendre le film, n’est, en fait, même pas mis en jeu. Voilà une tare dont ne souffrait pas, par exemple, le consternant Les Bronzés 3 : Amis pour la vie (Patrice Leconte, 2006)…

 

Antoine Rensonnet

 

Note d’Antoine Rensonnet : 1

 

Red 2 (Dean Parisot, 2013)

Han Cho-Bai (Lee Byung-Hun) et Victoria Winslow (Helen Mirren)

Han Cho-Bai (Lee Byung-Hun) et Victoria Winslow (Helen Mirren)

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