The Raid 2
Y a un truc que je pige pas chez Gareth Evans : il sait parfaitement réaliser ses scènes de combats mais il ne sait pas écrire un scénario. C'est un peu comme Keith Richards qui se met à chanter. Sauf que Mick Jagger est toujours là pour empêcher le massacre. Et puis The Raid, c'est pas le Jumpin’ Jack Flash du cinéma... Mais je m'égare.
The Raid 2 (Gareth Evans, 2014)
On reprochait au premier opus une absence totale de scénario. Nous parlions alors de film d'action pornographique. Et ce, de manière non péjorative, mais cet aspect marquait nettement la limite du film. Aussi ne doutons-nous pas que son auteur, Gareth Evans, est un lecteur de De son cœur le vampire puisqu'il a décidé de corriger le tir pour la suite. Une belle occasion de se taire désormais – mais déjà certains lecteurs doutent de la probabilité que le réalisateur écossais nous lise, enfin bon...
Donc Gareth Evans écrit, monte et réalise The Raid 2 et cherche à déployer sur deux heures trente un récit archi-classique du flic infiltré (Rama – Iko Uwais, déjà héros de The Raid) pour faire tomber un gang. Ça ne sent pas bon, comme dirait Jérôme Lavrilleux à Jean-François Copé lorsqu'il découvrit l'article de Libération sur les factures Bygmalion. Mais surtout Gareth Evans ne sait pas écrire. C'est simple, un élève de troisième un peu fainéant ferait mieux (par exemple moi en troisième). Et si la première partie qui se déroule en prison tient à peu près la route malgré un canevas tiré par les poils de moustache qui rappelle quelques séries Z philippines, le film s'écroule dans une deuxième partie regorgeant de scènes dialoguées ridicules et lourdaudes. L'intrigue n'a aucun intérêt et comme tout y est mal construit, Evans doit créer un personnage d'assassin mélancolique qui ressemble fortement à Harlem Désir (Yayan Ruhian) pour ajouter, croit-il, un peu d'émotion et présenter quelques méchants. Ce personnage complètement inutile est un vrai cheveu sur la soupe qui vient signer l'échec du film. Ainsi, malgré de belles séquences hardcore de tatane, l'ennui et un peu de gêne s'installent.
ous fermons alors les yeux et implorons une quelconque divinité du cinéma : quand est-ce que Rama vient tous leur casser les genoux une bonne fois pour toute ? Arrive la troisième partie. Et Rama vient en effet pulvériser tous les personnages. Tous les personnages. Enfin 90 % de ceux qui étaient encore vivants. L'humour potache du premier opus refait surface, Evans n'a plus rien à raconter (et encore moins à dire mais c'est une donnée acquise depuis des années), et aligne quelques moments forts plaisants de défonçage de membres divers, cassage d'os variés, transperçage de peau plus ou moins fine, et mouvements hyper-compliqués pour fracasser l'adversaire. Rhââ Lovely ! Pour citer Gotlib qui n'a rien demandé.
Mais le mal est fait et on imagine que le cinéaste aurait pu faire pire s'il avait développé le sous-texte homosexuel (involontaire ?) entre Uco (Arifin Putra, version indonésienne d'Anthony Delon, jeu compris), fils frustré du parrain Bangun (Tio Pakusodewo), et Rama. Mais à la fin, l'un plante (enfin) l'autre et difficile de ne pas penser à une (bonne) réplique entendue plus tôt au cours du film, prononcée par un petit producteur porno bien glauque sur un tournage : « Tu l'encules et on n’en parle plus ».
nolan
Note de nolan : 1
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