Blue Valentine
Nous ne fûmes que peu séduits par Blue Valentine qui raconte tout à la fois la dislocation d’un couple et sa formation. A la recherche d’un fort réalisme, le film est inutilement bavard et se repose presque exclusivement sur la performance des acteurs. Ce qui finit par lasser…
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Article paru sur
Raconter un couple qui se disloque n’a rien d’original et, peut-être, ce point a été sous-estimé par le réalisateur, Derek Cianfrance, spécialisé jusqu’ici dans le documentaire. On pense parfois au cinéma de John Cassavetes et sans doute les influences de l’auteur et de ses deux acteurs principaux (également producteurs) proviennent d’un certain cinéma américain des années 70 aux aspects documentaires appuyés cherchant la vérité en filmant des tranches de vie de nos congénères et privilégiant le jeu de l’acteur. Pourtant, c’est au récent Les Noces rebelles (Sam Mendes, 2008) auquel on ne manque pas de rattacher le film tant Blue Valentin e se présente comme une sorte de faux-jumeau de celui-ci (peut-être aussi le film de Mendes est-il plus frais dans notre cerveau). Ce dernier était un mélodrame respectant les codes hollywoodiens, jouant sur la mise en abyme les personnages de Titanic (James Cameron, 1997) en recréant le couple Léonardo Di Caprio – Kate Winslet. Le film était bien construit (presque trop bien diront ses détracteurs qui n’y voient un général qu’un mélodrame sans saveur) et d’une noirceur extrême. Mendes en fit même une sorte de variation positive avec le très décevant Away We go (2009).
"Alors,
c'est un pédophile et un petit garçon qui vont dans les bois ..."
(Michelle Williams et Ryan Gosling)
Blue Valentine raconte donc, comme Les noces rebelles, l’échec d’un couple, se déchirant lorsque la femme prend conscience du ratage de sa vie, de la prison dans laquelle elle se trouve lorsque l’amour disparaît et que la réalité nous montre que la vie prend la forme d’un cul-de-sac. Entre les scènes durant lesquelles le couple tente vainement de se reconstruire, s’insèrent des flashbacks qui racontent la rencontre et la naissance de leur amour. Mais de cette bonne idée, Derek Cianfrance n’est sort pas grand-chose à moins qu’il n’ait jamais vu aucun film de sa vie, auquel cas son discours a du lui paraître assez profond : il y a les regrets, il y a le bébé, il y a la sexualité qui se fane… Il y a ces longues scènes durant lesquelles les acteurs se débattent dans un verbiage inutile pour rappeler que la vie est aussi parcourue d’oiseux débats vite oubliés. Nous préférons alors la vision hollywoodienne de Mendes qui entre dans le vif du sujet, cherche à aller à l’essentiel basculant dans le spectaculaire avec un personnage tiers (Michael Shannon), réjouissant dépressif, incarnation de la mauvaise conscience des personnages (et petite facilité scénaristique pour ne pas perdre le spectateur). Alors que Cianfrance nous fait les gros plans, l’image un peu sale pendant que les acteurs performent et le spectateur s’endort. Pire, ce dernier pourra ressentir une pointe d’agacement devant ce déballage et commencer à trouver Dean (Ryan Gosling) vraiment lourd et Cindy (Michelle Williams) vraiment bête. Aussi regrettons-nous qu’ils se soient mariés ; le film n’a donc pas tout raté. Mais nous ne manquons pas de nous demander, le film se voulant réaliste, pourquoi avoir intégré le personnage du quaterback (Mike Vogel sauf qu’ici, il est lutteur mais c’est pareil), toujours aussi musclé, stupide et méchant et qui fut le premier amour de Cindy ?
Remarquons tout de même qu’au cours des inintéressantes discussions de notre couple, il y a une des meilleures blagues pédophiles du monde, qui semble sincèrement cueillir Ryan Gosling (certaines scènes étant improvisées, cela rendrait la chose possible ; on a même cru entendre rire l’équipe technique).
nolan
Note de nolan : 1
Blue Valentine (Dereck Cianfrance, 2010)
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