Dernier étage gauche gauche
Le film de Angelo Cianci raconte l’histoire d’une prise d’otage d’un huissier de justice (Hippolyte Girardot) dans un appartement HLM au sein d’une cité « à problèmes » par un jeune (Aymen Saïdi) issu de l’immigration qui fait la mule pour un dealer, et son père (Fellag) chômeur au trouble passé. Lourd et consensuel.
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Le long métrage opte pour les séquences et les discours démonstratifs et prône le consensus mou en renvoyant avec une grande maladresse les protagonistes dos-à-dos pour se terminer sur une scène d’insurrection complètement incongrue tant l’absence d’insolence et de folie n’ont pas parcouru une seule seconde les séquences précédentes. Pire, le film est une comédie mais les situations sont tellement mal amenées qu’il est difficile de sourire. L’interprétation et la réalisation restent globalement très en dessous de la moyenne.
Et comme le cinéaste ne nous épargne rien, il convient sans doute de faire la même chose et de faire un bilan sur les propos du long-métrage (ne serait-ce que pour que la critique dépasse l’entrefilet) :
Hippolyte Girardot
Y-a-t-il un gag réussi ? Oui, il y a bien ce préfet (Michel Vuillermoz) qui se demande si la prise d’otage n’est pas due au fait que le jeune s’est vu refuser une subvention pour produire son album de rap.
Les huissiers ont-ils un cœur ? Oui, malgré la haute improbabilité de l’hypothèse, le film – provocateur ! – nous fait voir que les huissiers sont des êtres humains et qu’ils souffrent. Mais la démonstration paraît tellement peu convaincante qu’on se demande si l’auteur ne pense pas qu’ils sont tous des enculés.
Les jeunes de banlieue peuvent-ils arrêter de dire des gros mots comme « bâtards » ou « fils de pute » lorsqu’ils s’adressent à quelqu’un ? Oui et la solution se trouve dans le dialogue. Enfin, d’après le film, la solution se trouve surtout dans une belle leçon de morale à la Julie Lescaut.
Les immigrés déracinés ont-ils tous un passé de terroriste et/ou un statut de réfugié politique ? Le déracinement, c’est un beau thème, il faut donc l’évoquer (mais ne pas le traiter) pour donner une épaisseur psychologique. Donc le mec, ce serait un barbare kabyle mais en fait il aurait aussi le cœur pur. Voilà.
La presse et les médias déforment-ils tout pour que nous votions Nicolas Sarkozy ? A la grande surprise du spectateur, le réalisateur n’hésite pas à aborder frontalement un sujet brûlant : les médias travestissent la vérité en coupant et en ne gardant que des bouts d’interviews sortis de leur contexte. Cette révélation choc et inédite devrait sans doute valoir au film une immense polémique chez les spectateurs de moins de 7 ans.
Est-ce que les services de l’Etat auraient tendance à penser qu’un arabe va forcément mieux s’entendre avec un arabe qu’avec un blanc ? Oui, le film, qui donc on l’a compris n’a pas peur de dénoncer, montre que : 1) Le Préfet préfère un négociateur maghrébin ; 2) il existe chez les arabes des différences comme il y en a entre un Français et un Allemand.
Les flics sont-ils tous des bœufs ? Non, comme partout il y en a des biens mais ils sont au bas de l’échelle et ce sont des femmes parce qu’il fallait bien mettre quelques rôles féminins.
Rien de tel qu’huis-clos pour une étude sociale ? Sans doute mais tout est dans la manière et le propos. Ici, on conseillera au spectateur de passer son chemin.
nolan
Note de nolan : 0
Dernier étage gauche gauche (Angelo Cianci, 2010)
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