Sur la piste du Marsupilami
Le dernier film d'Alain Chabat est un film familial avec des scènes de bastons pour les petits mais aussi le second degré propre à l'auteur. Le résultat est satisfaisant voire désopilant par moment. Et puis, la réalisation est soignée et qu'on le veuille ou non, cela dénote dans le lot de comédies françaises qui sortent actuellement.
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Le
Marsupilami
Nous savons à quel point Alain Chabat est un admirateur de Franquin et que le projet de consacrer une œuvre à l’un de ses personnages les plus célèbres, le Marsupilami (animal créé en 1952 et prenant part à certaines aventures de Spirou et Fantasio avant de faire l’objet d’une série particulière entre 1987 et 2002), traînait dans ses valises depuis un moment. Mais faute d'arriver à présenter une créature satisfaisante, le film a mis du temps de se faire. Bien lui en a pris, le Marsu est effectivement réussi, mignon tout plein et dont les apparitions sont toutes appréciables. Et Chabat dose assez bien le rôle de l'animal, personnage secondaire qui dope le film en action et permet de faire un peu le ménage au sein du très important casting.
Mais le ressort comique et l'arc narratif sont portés par le duo Dan Rinaldo (Alain Chabat) et Pablito Camaron (Jamel Debbouze), deux losers, l'un journaliste pistonné par papa (Jacques Weber) et l'autre, escroc à la petite semaine qui élève de jeunes orphelins (qui jouent mal mais mal !...). Pablito est un Palombien qui fait rire le public enfantin quand Dan cible plutôt les adultes. Aussi leur rencontre est-elle déterminante pour arriver à un équilibre humoristique. Elle intervient heureusement très tôt dans le film et le couple fonctionne parfaitement. Reconnaissons qu'Alain Chabat se montre soucieux d'offrir un spectacle rythmé, enlevé et tout public. Il y parvient. Il délivre pour certains seconds rôles quelques morceaux de bravoure (en particulier pour le dictateur de père en fils interprété par Lambert Wilson) mais leur intérêt reste limité : Hermoso (Fred Testot) et Caporal (Patrick Timsit) font de correct méchants, la reine « payasse » (Lia Kebede) est une bombe et Pétunia (Géraldine Nackache) est aussi sympathique qu'inutile... Bref, ces personnages servent surtout de corrects faire-valoir au duo de vedettes et seul le Marsupilami – honnête, malin et très fort – arrive à réellement exister en représentant une parfaite antithèse des deux nigauds.
Enfin, Alain Chabat soigne ses images, ne cherchant pas systématiquement à mettre plein la vue avec les effets spéciaux. Ce qui est assez remarquable dans le paysage de la comédie française grand public qui, d'après ce que nous avons pu en voir, laisse souvent à désirer sur ce terrain. Sa mise en scène nous est ainsi apparue cohérente malgré l'affection qu'il a pour le bric-à-brac (numéros musicaux, fausses pubs, dessin animé,...). On notera sa prédilection pour les séquences dans un lieu renfermé (salle de réunion, prison, creux d'un arbre, pièce souterraine,…) dont les héros cherchent, avec force difficulté, à sortir.
Chabat glisse également un message écologique mais sans semelles de plomb (à tel point qu'il était tout-à-fait possible de s'en passer…). Cela dit, nous fûmes terrifiés par la prophétie de Dan et Pablito : si le Marsupilami venait à disparaître, tous les aliments auraient alors le goût de fruit de la passion !
Jamel Debbouze et Alain Chabat
nolan
Note de nolan : 3
Sur la piste du Marsupilami (Alain Chabat, 2012)
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